Méticuleux, les hommes préhistoriques prenaient grand soin de leurs outils !

 

C'est ce que révèle une étude de chercheurs suisses. Ils ont en effet analysé des outils en os, en bois de cerf et de chevreuil, datant de 3200 ans av. J.-C. Pour cela, les archéologues ont bénéficié de circonstances particulièrement favorables. Car le site se trouvait à l'époque sur les berges du lac de Zurich. Or les lacs de Suisse et du Jura offre depuis longtemps une mine de découvertes pour les archéologues qui travaillent sur la fin de la Préhistoire, le Néolithique. Car des populations habitaient des maisons sur pilotis en bordure de ces lacs. Et les ruines de celles-ci ont souvent été extrêmement bien préservées dans de la vase humide et pauvre en oxygène. Mais pour se représenter l'atmosphère bucolique des bords du lac à l'époque, les archéologues doivent faire preuve d'imagination. Car c'est en partie sous les néons blafards d'un parking zurichois en construction qu'ils travaillent. La moisson n'en est pas moins riche : bol en bois, couteaux, cuillères, poutres, pagaies, arcs, flotteurs de filet de pêche, cordes, bijoux, etc. L'équipe a même mis au jour une des plus anciennes portes en bois d'Europe, quasiment intacte.

 

La préservation des objets se révèle en effet excellente. Les chercheurs décident de saisir l'occasion pour éclaircir un point intriguant relevé sur beaucoup d'objets de cette période, et en particulier sur ceux du site : beaucoup sont luisants, sur une portion importante de leur surface. Habituellement, les préhistoriens interprètent cet aspect lisse et brillant comme des traces d'usure. C'est le cas par exemple sur l'extrémité de poinçons en os, qui servaient vraisemblablement à percer le cuir. Le frottement des peaux en effet, en a peu à peu poli la pointe. Mais ici, les zones brillantes sont nettement plus grandes. Et elles sont présentes sur des outils qui supposent une utilisation différente, comme par exemple des sortes de ciseaux à bois.


Les hommes préhistoriques ont visiblement graissé leurs outils. L'aspect luisant de ces derniers vient de là. Les analyses ont en effet montré que la surface des outils était imprégnée de lipides. Certains viennent sans doute de l'animal, et n'ont donc pas une origine humaine. Mais il y a aussi des huiles végétales. Or les analyses permettent d'exclure qu'elles ne proviennent du sol. Autrement dit, ce sont bien les hommes préhistoriques qui semblent avoir enduit d'huile leurs outils. Pourquoi ? Parce que pour qu'un outil en os fonctionne, il lui faut une certaine élasticité. Il est en effet constitué d'un mélange de minéral − qui donne la dureté − et de matière organique (le collagène) − qui donne la souplesse. Or quand l'os sèche, il se craquelle et devient cassant. D'où l'intérêt de l'enduire régulièrement d'huile pour en prolonger la durée de vie.

 

Les archéologues suisses vont même plus loin : selon leurs analyses, il s'agirait d'huile de lin et de pavot, des plantes très fréquentes dans la région à l'époque. Ce que tempère Alain Tchapla, de l'université Paris Sud à Orsay. « Sur ce point leur étude est un peu inachevée. Leurs résultats montrent juste qu'une certaine classe d'huile végétale était bien présente. Mais il pourrait tout aussi s'agir d'huile d'onagre, de navette, d'euphorbe, de cornouiller, et d'autres encore. » Des huiles que les chercheurs suisses ont écarté, car leurs graines n'ont jamais été trouvées dans la région à l'époque.

Constans

 

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Commentaire de JF@ le 26 mars 2014 à 8:40

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