Sites protégés Natura 2000 sans protection

"Vous entrez dans un site protégé Natura 2000 !"

Lors d'une balade en forêt ou au bord d'une rivière, vous avez peut-être déjà remarqué ce type de panneaux, indiquant une zone classée. Mis en place en 1992, "il s'agit du plus vaste réseau de sites protégés au monde", se félicite le ministère de la Transition écologique et solidaire. Une fierté qui n'est pas partagée par tous : décharges sauvages, pesticides, écoulements polluants.

Ce réseau européen était pourtant considéré, au moment de sa création, comme un pas de géant par les protecteurs de l'environnement. "On sortait d'une logique de protection en timbre-poste, avec des arrêtés et des parcs nationaux, pour créer un maillage plus important prenant en compte les logiques de connexion entre les milieux – humides, marins, forestiers, montagnards, etc", explique Jean-David Abel, vice-président de France Nature Environnement (FNE). Son objectif ? "Assurer la survie à long terme des espèces et des habitats particulièrement menacés", détaille le ministère sur son site.

En près de trente ans, le réseau Natura 2000 a peu à peu couvert 13% de la surface terrestre métropolitaine, soit sept millions d'hectares, et compte désormais 1 776 sites, dont 212 marins. Chacun est géré localement par divers acteurs : associations, élus, agriculteurs, forestiers, chasseurs, pêcheurs, propriétaires terriens, usagers ou experts. Ces derniers s'accordent de manière autonome sur les mesures à prendre ou à éviter pour conserver la zone, et non la protéger de manière stricte, comme peuvent le permettre d'autres dispositifs plus contraignants mais moins étendus, à l'instar des réserves naturelles ou des parcs nationaux. Aucune sanction n'est prévue, donc. Résultat : "On a des bons exemples, mais aussi des zones Natura 2000 qui aujourd'hui sont en panne", déplore Jean-David Abel.


"L'état des sites n'est pas homogène", poursuit le vice-président de FNE. Si certains d'entre eux sont dotés d'un comité de pilotage (Copil) actif et de documents d'objectifs (Docob) fouillés, d'autres ne bénéficient pas d'une véritable volonté locale. "L'animateur d'un site a un rôle très important", précise à franceinfo Laurent Poncet, directeur adjoint du Service du patrimoine naturel (SPN) au Muséum national d'histoire naturelle. C'est la personne sur le terrain qui veille à l'entretien de la zone et à l'aboutissement des projets d'amélioration.

Plutôt moins à Val-des-Marais, dans la Marne, où Pascal Bénéton et son association se battent contre l'assèchement des marais de Saint-Gond. Proposé au classement Natura 2000 dès 1999, le marais a vu son niveau "abaissé d'un mètre en quelques décennies", déplore SOS Marais de Saint-Gond sur Facebook. Malgré l'alerte donnée par l'Inventaire national du patrimoine naturel (INPN), la situation avance difficilement face aux oppositions des agriculteurs. "Cette zone humide a été sacrifiée sur l'autel de l'agriculture intensive et cela a continué malgré son classement tardif en zone Natura 2000 en 2009", dénonce Pascal Bénéton.

Globalement, ces pollutions font du réseau Natura 2000 en France des zones en péril. 

Adaoust

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Commentaire de JF@ le 16 décembre 2019 à 5:43
Commentaire de JF@ le 16 décembre 2019 à 5:43

JF@

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