L'odeur du gazon fraîchement tondu est agréable aux narines du promeneur. Il s'agit pourtant d'un véritable signal de détresse !

Celui-ci est émis par les plantes lorsqu'elles passent sous les ciseaux de la tondeuse ou quand elles sont croquées par des insectes. Ces signaux se sont pas émis en vain, puisqu'ils attirent d'autres bestioles qui s'attaquent aux ravageurs. On savait déjà que le tabac émet des signaux volatils, lorsque ses feuilles sont en train de se faire dévorer par la chenille du sphinx du tabac. Ces signaux attirent une punaise qui s'attaque aux œufs et aux larves du papillon. Une nouvelle étude, plus générale et qui porte sur le maïs et l'herbe du gazon, est publiée dans The Plant Journal. Les chercheurs y expliquent avoir identifié une nouvelle molécule, l'acide jasmonique, capable de convoquer des guêpes parasites à la rescousse de ces plantes lorsqu'elles sont en danger.

Les scientifiques ont étudié le comportement des guêpes avec des épis de maïs génétiquement modifié pour ne pas produire d'acide jasmonique. Quand ils se font dévorer par des insectes, les guêpes ne réagissent pas. À l'inverse, avec du maïs non modifié produisant cet acide, dès qu'il y a des feuilles attaquées par des chenilles : "Les guêpes parasites arrivent en nombre vers le plant en train d'être mangé et pondent leurs œufs dans les chenilles" relate Michael Kolomiets, spécialisé en pathologie végétale et principal auteur de l'étude. L'acide jasmonique permet également l'activation au sein de la plante d'une hormone, la jasmonate, qui déclenche d'autres mécanismes de défense contre les insectes comme la production de composés amers ou d'odeurs désagréables pour les ravageurs.

"Cette substance à une double fonction. Elle déclenche dans la plante la production de composés insecticides. Mais elle a aussi une fonction indirecte de défense en envoyant un signal de type SOS attirant les guêpes" résume Michael Kolomiets. Il semblerait aussi que le gène qui régit la production d'acide jasmonique joue un rôle dans la résistance à la sécheresse, les plants de maïs modifié y étant plus sensibles. Les chercheurs sont en train d'explorer cet aspect et ils travaillent aussi à catégoriser les quelques 600 molécules de signalisation recensées chez les plantes.

Ignasse

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Commentaire de JF@ le 29 septembre 2014 à 14:39

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