Il n’y a pas que les coups de soleil et les piqûres d’insectes qui peuvent vous gâcher les vacances !

Les médecins reçoivent régulièrement des patients touchés par des syndromes directement liés au voyage, alors que ceux-ci n’avaient aucun antécédent psychiatrique. Dans ce cas, le voyage est considéré comme pathogène. Le meilleur remède étant le rapatriement. Régis Airault, psychiatre, ex-médecin de l'ambassade de France en Inde, auteur de plusieurs livres sur le sujet, fait le tour des différents syndromes du voyageur.

Syndrome indien : Il touche spécifiquement les Européens portés vers l’Orient. Une fois sur place, notamment en Inde, le choc culturel est trop violent et se traduit par l’apparition de symptômes délirants. Le psychiatre évoque le cas d’une «jeune fille à qui on a confié un bébé quasiment mort dans les bras. Elle n’y était pas préparée.» Ou d’une personne, prise d’hallucinations, qui avait décidé de quitter le pays à la nage, «pour rejoindre ses parents». Beaucoup ont aussi le sentiment d’être persécutés, suivis. A l’origine, les troubles ont été mis sur le compte de prise de drogues. Mais les médecins ont très vite mis en évidence un «déformatage» de la personnalité justifiant un suivi psychiatrique.

Syndrome de Jérusalem : Il s’agit d’un épisode psychotique aigu déclenché par un séjour dans la ville sainte. «Portées par une recherche mystique, les personnes partent dans un trip d’identification au Christ», observe Régis Airault. Les croyants se sentent alors investis d’une mission évangélique en se prenant pour le Messie. L’importante charge émotionnelle ressentie lors de ces pèlerinages explique l’apparition du délire.

Syndrome de Stendhal : Cette fois, c’est au contact d’œuvres d’art que les sujets vacillent. La ville de Florence connaît de nombreux cas de visiteurs anormalement exaltés, pris de vertiges face à la beauté des œuvres, comme Stendhal l’a décrit lors de sa visite de l’église de Santa Croce. «Il y a une perte de contrôle, mais il ne faut pas en avoir peur. Sauf s’il devient vraiment fou. Là, les amis ont plutôt intérêt à les raccompagner et raccourcir le voyage», prévient le spécialiste.

Syndrome de Paris : Ou plus précisément syndrome des Japonais à Paris puisque cette population est spécifiquement ciblée. Leur idée préconçue de la capitale -modèle de ville romantique comme dans Amélie Poulain- vole en éclat dès qu’ils posent un pied dans un métro bondé et puant. Derrière leurs masques antipollution, ils déchantent et sombrent dans un mal-être qui peut aller jusqu’à la dépression. Désormais, certains guides touristiques déconseillent certains quartiers qui ne correspondent pas au fantasme culturel des Japonais.

Syndrome insulaire : Les papayes fraîches et les colliers de fleurs s’accompagnent parfois d’un sentiment d‘enfermement chez ceux qui rêvent d’une escapade, parfois d’une expatriation, sur une île. «A Mayotte, j’ai déjà dû rapatrier dix personnes, confrontée à leurs limites, témoigne Régis Airault. On est dans le fantasme mais au bout d’un moment il y a une réalité qui est différente.» Rattrapés par l’ennui, le climat, les personnes sombrent alors dans la déprime.

Syndrome d’Ulysse : Il en fallait bien un qui touche les voyageurs épargnés sur place. Voilà le syndrome qui touche les personnes une fois rentrées chez elles. Généralement d’anciens expatriés. Ils connaissent des difficultés de réadaptation à leur culture d’origine. Déconnectés, ils ne reconnaissent plus les lieux qui leur étaient familiers.

Scotto

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Commentaire de JF@ le 26 juillet 2014 à 7:29

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