Fini les courses par paquets de douze, les chariots pleins à ras bord et les tickets de caisse longs comme le bras  ?

La tendance à l’achat en vrac, en petites quantités, commence à prendre. L’association Zéro Waste France, qui œuvre pour la réduction des déchets, témoigne de l’intérêt constant depuis deux ans pour la filière  : « 150 projets sont en gestation pour 2016, explique Laura Caniot, responsable de l’appui aux entrepreneurs, tous les jours je reçois une demande d’information sur le sujet vrac. » Remise au goût du jour par les épiceries et supérettes bio, la vente au poids intéresse même les hypermarchés, dont le développement dans les années 1960 avait pourtant sonné le glas de ce mode de consommation. Trente-neuf enseignes Auchan disposent déjà d’un espace vrac de produits d’épicerie, soit deux fois plus qu’il y a un an.

Aujourd’hui, les acteurs 100 % vrac sont encore peu nombreux. « Une cinquantaine de professionnels  », selon Laura Caniot de Zéro Waste France, regroupés dans le collectif Réseau Vrac. Plus partenaires que concurrents, les pionniers du non-emballage ont compris qu’ils avaient intérêt à s’unir pour faire avancer leur cause. Car pour l’instant, rien n’est vraiment fait pour faciliter la vente au poids. La difficulté commence avec l’approvisionnement. « Il faut trouver des producteurs capables de proposer des produits qui puissent se conserver à température ambiante pendant trois mois  », explique David Sutrat de Day by Day. La réglementation, notamment en matière d’étiquetage, est aussi faite pour le conditionné.

Pour être attrayants, les produits en vrac doivent être moins chers ou au même prix que leurs équivalents emballés. Une difficulté supplémentaire, car « contrairement aux idées reçues, pour le commerçant, le vrac n’est pas économique, car il nécessite plus de logistique et plus de main-d’œuvre, souligne Claude Gruffat, président de Biocoop. En réduisant leurs marges, en mutualisant les achats et la livraison, les enseignes arrivent pourtant à vendre leurs produits de 5 % à 30 % moins cher.

Bocaux et bouteilles vides, issus de la récupération, sont aussi prêtés gratuitement aux clients étourdis. Certains magasins remettent aussi au goût du jour le système de la consigne. Gérard Bellet, jeune entrepreneur de 31 ans, fondateur de Jean Bouteille, propose ainsi à la location des embouteilleuses qui permettent au chaland de remplir une bouteille vide sur laquelle figurent les informations essentielles (produit, quantité, numéro de lot, limite de consommation). Une initiative parmi d’autres pour faire perdre, petit à petit, l’habitude de l’emballage.

Rollot

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Commentaire de JF@ le 15 décembre 2015 à 7:45

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