Les personnes, à l’image de Donald Trump, qui prennent l’exemple d’une météo frileuse pour remettre en cause la réalité du réchauffement climatique sont, au choix, soit particulièrement stupides, soit diaboliquement manipulatrices !

Cela revient très exactement à nier que la Terre est ronde avec pour seul argument «quand je regarde autour de moi, ce n’est pas l’impression que j’ai», c’est l’un des principaux arguments des «platistes». Quand bien même le réchauffement ne ferait pas l’objet d’un consensus scientifique international extrêmement robuste (ce qui est le cas, doit-on encore le rappeler), l’argument météorologique resterait le plus incroyablement inopérant à démontrer quoi que ce soit. Nous en avons aujourd’hui un exemple criant: alors que l’Europe et l’Amérique du Nord font face à une vague de froid inhabituelle pour la saison, le reste de la planète, elle, est bel et bien... en pleine surchauffe.

L’image ci-dessus l’illustre de manière bien plus éloquente que n’importe quel discours. Elle présente les anomalies de température constatées (en °C) ces dernières 24h par rapport à une moyenne calculée sur la période 1979 - 2000 pour la même journée. Mais c’est aussi le cas si on regarde des cartes présentant les anomalies de température pour la semaine passée ou le mois dernier (par rapport à une moyenne établie entre 1981 et 2010).

Cette image à elle seule ne démontre bien évidemment pas que la Terre se réchauffe. Mais elle montre de manière très claire que la sensation de froid que l’on éprouve à un moment donné, à un endroit donné, n’est pas forcément révélatrice d’une tendance générale ou globale. S’il fait plus frais que d’ordinaire en France, aux États-Unis et en Australie, c’est loin d’être le cas partout: le Canada, le Groenland, l’ouest de la Russie, l’Afrique et l’Amérique latine ont un peu plus chaud que d’ordinaire pour la même époque. Globalement, la température moyenne à la surface du globe est de 0,6°C supérieure à la moyenne en ce moment même.


Autrement dit, le climat et la météo, ce n’est pas la même chose.

La climatologue française Valérie Masson-Delmotte, vice-présidente du GIEC, l’a expliqué pour la énième fois sur Twitter hier. Elle répondait alors sans le dire à la polémique née après les propos affligeants de l’animateur Pascal Praud sur CNEWS qui avait mis en doute mardi dans son émission la réalité du réchauffement après avoir fait le constat, d’une rare perspicacité, qu’il faisait plutôt frisquet pour la saison en métropole. Il s’était alors attiré sur le plateau les foudres, parfaitement légitimes pour le coup, de la militante écologiste Claire Nouvian, stupéfiée qu’un discours aussi irresponsable puisse encore être tenu à la télévision.

VEY

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Commentaire de JF@ le 12 mai 2019 à 6:55
Commentaire de JF@ le 12 mai 2019 à 6:54

JF@

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