Tournesol à pétales photovoltaïques

Depuis quelques semaines, dans les jardins de la manufacture Audemars Piguet au Brassus, une étonnante fleur métallique tend ses pétales photovoltaïques vers le soleil qu’elle ne quitte pas d’un rayon !

«Exactement comme le ferait un tournesol, la fleur ouvre sa corolle à l’aurore et suit la course du soleil jusqu’au crépuscule pour capter le maximum d’énergie. Tout cela grâce à un GPS», explique Daniel Saugy, président de la Fondation Audemars Piguet. Recouverts de cellules photovoltaïques, les douze pétales géants suivent l’astre sur les deux axes dans le ciel: de bas en haut et sur l’axe azimut, de l’Est à l’Ouest. «L’effet «tracker» du soleil sur deux axes permet de produire 30% à 45% d’électricité en plus qu’une installation d’orientation solaire à inclinaison fixe», commente Frédéric Bichsel, directeur de Solexis, l’entreprise qui a fourni cette Smartflower. Comme toutes les installations photovoltaïques, celle-ci est fortement dépendante du climat, de l’ensoleillement, du brouillard, etc. Dirigée par un GPS, l’installation héliotrope suit précisément l’axe du soleil en toute saison, même s’il est masqué par des stratus. Le matin, les capteurs se dirigent vers le soleil levant. Le soir, ils visent le soleil couchant.

«Globalement, quand le soleil brille, cette fleur de 4,8 mètres de diamètre peut produire entre 3000 et 4000 kWh par année, alors qu’elle ne consomme que 100 kWh pour l’alimentation de ses moteurs et de son GPS», poursuit Frédéric Bichsel. Cette énergie verte est directement injectée dans le réseau. Développée il y a deux ans en Autriche, la Smartflower débarque tout juste sur le marché suisse. La firme Audemars Piguet joue les pionniers. Au Brassus, cette installation est destinée à alimenter les nouveaux ateliers créés dans les combles de la manufacture. «3000 kWh, c’est l’équivalent de la consommation annuelle d’un ou deux ménages, ce n’est pas négligeable, relève Daniel Saugy, conquis par cette invention. Elle est belle, intelligente, c’est une brillante idée. Si l’essai est concluant avec cette première installation, nous pourrions utiliser ces fleurs pour les constructions futures de la manufacture, nous pensons notamment les intégrer dans le futur musée.» C’est-à-dire la Maison des Fondateurs, au Brassus, un musée d’exception en forme de spirale en béton et en verre. Sa construction devrait débuter cette année.

Prévue pour les climats alpins, l’installation ne craint pas la neige. Elle se nettoie automatiquement à chaque ouverture et se referme instantanément en cas de vent trop fort. «Le gros atout de cette technologie, c’est que les cellules sont en permanence à la perpendiculaire des rayons du soleil, c’est là que nous obtenons les meilleurs rendements solaires», détaille Frédéric Bichsel. Esthétique, intelligente, efficiente, l’installation coûte entre 20'000 et 25'000 francs.

«Les premiers clients intéressés sont les entreprises, explique Frédéric Bichsel. La fleur véhicule une image à la fois verte et technologique. Mais les privés sont aussi intéressés. Certains ne veulent pas de panneaux photovoltaïques fixes sur le toit. Ils préfèrent une installation au sol, comme cette fleur, qu’ils peuvent reprendre avec eux s’ils déménagent.»

TDG

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Commentaire de JF@ le 13 janvier 2016 à 7:36

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