Transition énergétique en mauvaise voie

Évidemment, c'est un chiffre qui fait mauvais effet !

Au lendemain de la publication par l'ONU d'un rapport prouvant que les années 2015 à 2018 ont été les plus chaudes jamais enregistrées, Eurostat révèle que les Européens consomment de plus en plus d'énergie, que ce soit pour se chauffer, se déplacer ou pour faire tourner leurs usines. La consommation dans les pays de l'UE a en effet augmenté de 1 % en 2017 par rapport à l'année précédente. Cette hausse nous éloigne un peu plus de l'objectif fixé par les pays européens : ils s'étaient engagés à réduire de 20 % leur consommation en 2020, puis de 32,5 % en 2030. La cible pour l'an prochain est d'ores et déjà inatteignable ; celle de 2030 semble hors de portée, sauf effort considérable sur la consommation ou les économies d'énergie.

L'organisme Eurostat prend en compte deux formes d'énergie pour comptabiliser la consommation : celle dite "primaire", c'est-à-dire l'énergie potentielle (bois, gaz, pétrole...), et l'énergie secondaire, c'est-à-dire celle que nous consommons effectivement, en tenant compte des pertes dues au transport, au mode de production, etc. Ces deux formes d'énergies ont augmenté dans les mêmes proportions entre 2016 et 2017, mais l'écart avec l'objectif est différent : la consommation d'énergie primaire s'écarte de 5,3 % de la cible pour 2020, celle de l'énergie secondaire de 3,3 %.


Certes, on ne distingue pas dans l'énergie primaire la part des énergies renouvelables, dont le mode de production (éolien, solaire, hydraulique...) ne participe qu'à la marge au réchauffement climatique. Mais cette part est dans tous les cas faible : environ 20 % pour tous les pays de l'UE, avec un objectif de 32 % en 2030. On peut donc en conclure que les énergies carbonées (charbon, pétrole...) participent pour une proportion encore excessive à la consommation de l'énergie dans l'Union européenne.

La situation est toutefois contrastée selon les pays. Le petit État de Malte est le plus mauvais élément, puisque sa consommation d'énergie primaire a grimpé de 12,9 % (mais sur de faibles volumes). Il est suivi par la Roumanie et l'Espagne. À l'autre bout de l'échelle, on trouve l'Estonie (- 4,2 %), le Royaume-Uni (- 1,6 %) et l'Irlande (- 1,4 %). La France se situe tout juste dans le groupe des bons élèves avec une légère décrue (- 1,3 %). En ce qui concerne l'énergie secondaire, Malte arrive cette fois en deuxième place avec + 6,7 %, juste derrière la Slovaquie (+ 7 %), mais avant la Pologne, un pays intoxiqué au charbon (+ 6,5 %). Seuls quatre États membres sont parvenus à faire baisser leur consommation d'énergie secondaire : la Belgique (- 1,2 %), le Royaume-Uni (- 0,8 %), l'Italie (- 0,6 %) et la Slovénie (- 0,3 %). La France est plutôt un mauvais élève, puisque sa consommation d'énergie finale a crû de 0,15 % entre 2016 et 2017.

REVOL

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Commentaire de JF@ le 9 février 2019 à 7:02
Commentaire de JF@ le 9 février 2019 à 7:02

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