Du 14 au 16 octobre, 600 ONG et juristes vont organiser un grand procès contre Monsanto à La Haye. Cette ville incarne la justice internationale, puisqu'elle abrite la Cour internationale de justice !

Le procès n'aura évidemment pas de statut officiel mais les organisateurs vont scrupuleusement respecter les procédures juridiques internationales. Il y a aura des greffiers, des avocats et cinq juges en robe : une Sénégalaise, un Belge, une Argentine, un Mexicain et un Canadien. C’est le monde entier qui va juger la multinationale.

Trente plaignants viendront à la barre : des agriculteur français ou américains empoisonné par un herbicide, et des victimes des pays du Sud écrasées par le géant Monsanto, des fermiers indiens ou des cultivateurs de coton du Burkina, des paysans ruinés par les OGM ou expulsés de leurs terres. Enfin seront appelés des témoins, notamment des chercheurs qui ont subi des pressions de Monsanto.

Deux jours d’audience sont programmés. Les juges vont mettre leur jugement en délibéré au 10 décembre. Ils répondront à plusieurs questions : "Est-ce que Monsanto a porté atteinte à un environnement sain, au droit à l’alimentation et à la santé ?", "Est-ce que Monsanto est coupable de crimes écologiques irréversibles ?". C'est tout vu, direz-vous ? La multinationale la plus détestées au monde, qui en plus va se marier à Bayer; spécialiste des pesticides, est condamnée d’avance ? "Non", assurent les organisateurs, car les juges vont vraiment faire du droit, éplucher les dossiers.

Le but de ce tribunal international, explique Arnaud Apoteker, le coordinateur du "Tribunal Monsanto", c’est de fournir des armes juridiques aux victimes. "Aujourd'hui les centaines de milliers de paysans en Inde ont été conduits au suicide à la suite des OGM et du système de dettes qui va avec. Nous voulons, avec ce tribunal, donner à tous ceux qui ne peuvent pas porter plainte contre Monsanto, pour des questions financières ou d'éducation, la possibilité de traduire la multinationale en justice avec des éléments qui tiennent la route et qui leur permettront de gagner", assure-t-il.

L'objectif de ce tribunal citoyen, c’est aussi de prendre à témoin l’opinion publique. Les organisateurs veulent faire le grand procès de l’agro-business et de l’impunité des multinationales. Ils ont même invité Monsanto à venir se défendre. La firme n’a jamais répondu. Jointe par RTL, Monsanto a indiqué qu'elle n’ira pas à La Haye. "Il s’agit d'une initiative de militants activistes qui cherchent seulement à se faire remarquer", explique le groupe, dont les services juridiques vont très probablement suivre les audiences, en streaming. Car les débats seront retransmis sur Internet.

Sulmont

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Commentaire de JF@ le 14 octobre 2016 à 7:37
Commentaire de JF@ le 14 octobre 2016 à 7:36

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