L'environnement est la dernière des préoccupations de l'administration Trump !

Elle n'a cessé de le prouver depuis son arrivée au pouvoir en éliminant les unes après les autres toutes les réglementations de protection de la nature et de lutte contre la pollution de l'air et de l'eau. À tel point qu'en début de semaine, la majorité des membres du Conseil des parcs nationaux, une institution créée en 1935 qui gère les espaces fédéraux protégés, a démissionné en masse pour protester contre la manière dont ils étaient traités.

Le conseil est censé se réunir deux fois par an, mais ne l'a pas fait depuis l'investiture de Donald Trump. Ryan Zinke, le ministre de l'Intérieur, qui chapeaute le management des terrains publics, a refusé de les rencontrer. L'administration a bloqué les efforts du conseil pour tenir compte du réchauffement climatique, ne les a pas consultés sur la décision d'augmenter les droits d'entrée ou d'autoriser de nouveau, après six ans d'interdiction, la vente de bouteilles d'eau en plastique sur les sites. Et elle n'a toujours pas nommé de directeur des parcs nationaux.

Dans sa lettre de démission au ministre, le président du conseil Tony Knowles, ex-gouverneur de l'Alaska, affirme que les membres du conseil « ont attendu l'occasion de rencontrer [Ryan Zinke] et de continuer le partenariat comme prévu dans la loi. Nous comprenons la complexité de la transition, mais nos requêtes pour entamer le dialogue ont été ignorées et les sujets sur lesquels nous voulions briefer la nouvelle équipe ne font clairement pas partie de son programme, écrit-il. Considérant tous les événements de l'année passée, je crains profondément que la mission de gestion, de protection et d'amélioration de nos parcs nationaux n'ait été mise de côté. » Dix des douze membres ont remis leur démission.


Ryan Zinke, un homme politique originaire du Montana, se donne des allures de cowboy. Pour son intronisation au ministère à Washington, il est arrivé à cheval. Il a décoré son bureau de têtes d'animaux empaillés, a lancé comme grande initiative d'amener son chien au bureau une fois par an et adore se comparer à Theodore Roosevelt, un des pionniers de la protection de l'environnement aux États-Unis. « Je suis un Teddy Roosevelt ! s'est-il même vanté en avril. Personne n'aime les terrains fédéraux plus que moi. »

Mais il a une curieuse conception de l'amour. Il s'est entouré d'une série de collaborateurs ayant tous des liens avec les compagnies pétrolières, qui n'ont qu'un but : réduire la taille des espaces protégés et ouvrir les terres publiques à l'exploitation minière et pétrolière. C'est une vieille bataille à l'Ouest. Les éleveurs, le lobby de l'énergie et une partie des républicains considèrent que l'État possède trop de terrains et veulent supprimer les restrictions pour permettre au bétail et aux entreprises de gaz de schiste ou de minerais d'y avoir accès. Dans l'Utah, par exemple, le gouvernement fédéral contrôle près des deux tiers des terres et les hommes politiques locaux militent depuis des années pour récupérer une partie de la gestion. Ryan Zinke suit en cela la politique prônée par Donald Trump : « Certains pensent que les ressources naturelles de l'Utah devraient être contrôlées par une petite poignée de bureaucrates lointains à Washington, a déclaré le président. Et devinez quoi ? Ils ont tort. »


Depuis son arrivée au pouvoir, le ministre de l'Intérieur a mis les bouchées doubles. Il a éliminé les restrictions imposées par Barack Obama qui empêchaient l'extraction de charbon sur les terrains fédéraux. Il a retardé la mise en place du contrôle des émissions de méthane des puits de pétrole et de gaz. Ce mois-ci, il a annoncé un plan qui autorise l'exploitation pétrolière au large de presque toutes les côtes américaines. Il a proposé de doubler le prix d'entrée dans les parcs nationaux, ce qui mettrait l'entrée du Grand Canyon ou de Yosemite à 70 dollars en saison touristique, un tarif quasi prohibitif pour les familles modestes.

En avril, Donald Trump l'a chargé d'étudier les 27 monuments nationaux créés depuis 1996 (les parcs sont créés par le Congrès, alors que c'est le président qui décide des monuments). En décembre, Ryan Zinke a annoncé que la taille de Bears Ears dans l'Utah allait être réduit de 85 % et Grand Staircase-Escalante, lui aussi dans l'Utah, serait rétréci de moitié. Il a aussi proposé la création de trois nouveaux parcs, dont un dans le Montana, son État. Cette décision est une victoire pour les compagnies pétrolières, les éleveurs et tous les républicains qui ne supportent pas l'ingérence de l'État fédéral. Mais les représentants des tribus indiennes, les groupes de défense de l'environnement et un certain nombre d'élus se sont mobilisés et vont lancer des actions en justice.

Si l'administration gagne, ce sont des dizaines de parcs nationaux qui sont menacés.

Vissière

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Commentaire de JF@ le 22 janvier 2018 à 5:35
Commentaire de JF@ le 22 janvier 2018 à 5:32

JF@

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