Tursiops truncatus le DAUPHIN ambassadeur

Même s'il ne s'agit encore que d'un état "zéro", c'est-à-dire d'un premier comptage de référence qui permettra de savoir si la situation évolue (ou pas) dans le bon sens, les résultats ont donné du baume au cœur des scientifiques qui étudient le Grand dauphin Tursiops truncatus !

Mené dans le cadre du projet GDE Gem par le Groupement d'intérêt scientifique pour les mammifères marins de Méditerranée (GIS3M), le recensement des grands dauphins lancé en 2013 pour une durée de trois ans, a agréablement surpris les chercheurs puisque 714 individus ont été identifiés dans les deux régions Provence et Golfe du Lion, et 149 autour de la Corse. En Provence où une telle étude constitue une première historique - contrairement à la Corse et au Languedoc-Roussillon où des comptages partiels avaient déjà été menés par le passé -, ce sont 90 de ces mammifères marins qui fréquenteraient régulièrement le littoral, entre l'est de Marseille et Menton.

Comme l'explique Hélène Labach, chargée de projet au GIS3M et coordonnatrice de GD Gem, "La particularité de ces animaux est de vivre au-dessus du plateau continental, sur des fonds inférieurs à 200 m, donc au plus près des côtes et des activités humaines avec lesquelles ils sont contraints de cohabiter." Cette cohabitation pourrait donc se révéler moins difficile que prévue. Elle doit cependant beaucoup à la prise de conscience récente par les humains riverains, de la vulnérabilité de ces animaux et de la nécessité de préserver leur quiétude. Et en la matière, la multiplication des aires marines protégées tels les parcs nationaux de Port-Cros et des Calanques, ou encore le sanctuaire international Pelagos (France-Italie-Monaco) contribuent largement à cette préservation, même si aucune étude n'est encore venue le confirmer.

Espèce emblématique et attachante dont l'une des particularités est de ne pas refuser le contact avec l'homme au point d'avoir été qualifié de "dauphin ambassadeur", Tursiops truncatus constitue surtout la cible favorite des amateurs de "dolphin watching" (observation et/ou nage avec les dauphins). D'autant que sa présence près des côtes en facilite l'approche. Hélène Labach ne cache d'ailleurs pas son inquiétude : "Ils sont inféodés à un habitat où les activités humaines sont appelées à se développer. Le risque pour eux est qu'ils soient poussés à aller chercher des habitats plus sereins."

Or même si cette espèce montre de grandes capacités d'adaptation, notamment sur le plan nutritionnel, rien ne dit que ces nouveaux territoires seront propices à sa survie à long terme.

Gallini

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Commentaire de JF@ le 18 février 2016 à 7:44

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