Un nouveau groupe local Colibris en Corse !

par Pierre-André Cancel

 

Le groupe local Colibris en Corse s’est constitué au mois d’Août 2010, au terme d’une première réunion à la ferme écologique de Sajabicu chez Michèle et Pierre-André Cancel.

Ce groupe, ouvert à tous, fonctionne en réseau. C’est un choix collectif qui nous permet d’éviter les lourdeurs d’une association et les pièges de conflits de pouvoir. Il y a en Corse plusieurs associations qui sont soit membre du groupe, soit sympathisantes et qui acceptent de nous faire bénéficier de leur logistique si nécessaire.

Les thèmes abordés sont très divers : les AMAP, la question du foncier, la souveraineté alimentaire, comment faire fonctionner le réseau en corse, informer et communiquer, trouver des modèles réplicables et des ressources, faciliter l’accès à la formation, prendre des décisions réalistes, etc. Voici ceux qui ont été choisis par le groupe comme projets.

 

Vers une autosuffisance alimentaire.

Ce projet, peut sembler ambitieux mais il comprend le terme « vers », ce qui implique qu’il y aura plusieurs paliers ou étapes à franchir avant de se rapprocher de sa réalisation. Il ne s’agit pas de se lancer dans une course désespérée, mais bien d’apporter, tel le Colibris, « sa petite goutte d’eau ».

La seconde réunion s’est déroulée chez Jean-Louis Freby à Querciolo.

Après un tour de table qui à permis à chacun de proposer son choix de thème, nous avons constaté que les sujets de la réunion précédente méritaient qu’on en prolonge le débat. A ces sujets nous avons ajouté celui de la démarche « Terre de liens » et conclu à la nécessité de créer une antenne locale. Les démarches sont en cours.

Ajoutée également la nécessité de prendre conscience de la notion de pic pétrolier et de territoires en transition.

Un projet de ferme pédagogique figurait aussi parmi les sujets proposés, de même que les systèmes d’entraide comme les Operata et les chantiers chinois ou les systèmes d’échanges locaux (SEL)

Parmi les participants et membres de ce groupe ouvert, certaines personnes viennent pour s’informer et n’ont pas de propositions particulières à faire, ce qui permet aussi d’avoir des avis et des réflexions qui font avancer les choses.

La troisième réunion a eu lieu chez Pascal et Rita dans le cap à Rogliano.

Les mêmes sujets ont été abordés, augmentés de propositions concernant l’organisation de marchés paysans locaux, de la nécessité d’aborder la question de l’éducation et des enfants, et de créer une médiathèque (qui rejoint le thème de la communication), ainsi qu’un projet de coopérative qui commencerait par l’organisation de commandes groupées.

Au terme des débats, nous avons décidé de constituer plusieurs « groupes de travail » ou « ateliers » Un atelier par thème principal (foncier, Terres de lien, groupements d’achats, communication) s’est constitué.

 

Communication

Dès la première réunion la question de la communication s’est posée et il a été précisé que, si nous souhaitons informer et communiquer, il était important de bien savoir ce dont on voulait parler et comment le dire. Tous les médias peuvent être utiles et chaque support demande des compétences adaptées. Ces compétences se trouvent soit au sein même du groupe, soit à l’extérieur. Dans ce cas, il est important de savoir déléguer, ce qui implique une ouverture vers des personnes qui ne sont pas forcément informées ou sensibilisées au Mouvement Colibris. Cette ouverture est nécessaire également vers d’autres compétences qui ne relèvent pas de la communication (élus, autres associations…)

Bénéficier de l’expérience d’individus, ou de ce qui est déjà fait, est un gain d’efficacité dont il ne faut pas se priver. De plus cela évite de multiplier des formules identiques.

La décision de réfléchir à un premier support de communication via internet a été prise lors de la seconde réunion. Nous avons pris conscience qu’un « outil » souple, convivial, facile à utiliser, comprenant plusieurs rubriques, et la possibilité d’être accessible à tous tout en préservant une partie pour le fonctionnement interne (ne serait-ce que pour préserver l’intimité de personnes qui ne souhaitent légitimement pas divulguer toutes leurs coordonnées sur la toile), serait fort utile.

Ce support permettrait aussi d’informer le (ou les) groupe(s) à venir sur les comptes rendus de réunions, et les différentes dates à retenir : événements, prochaines réunions fêtes…

Lors de la troisième réunion, tous ces éléments ont été rappelés mais la discussion a surtout tourné autour du choix de « l’outil » (Forum, site, wiki, blog, liste…) plutôt que sur le fonctionnement et le contenu, ce qui est une façon de « mettre la charrue avant les bœufs ». Un cahier des charges préalable au choix du support est donc en projet.

En attendant, nous avons créé une liste dans yahoo groupes et qui s’appelle « ecolibris-corsica ». Ce support est provisoire, de même que le sont les options choisies (modérateur, administrateur, rubriques etc.) lors de sa création aucune décision durable n’a été prise à ce jour (Décembre 2010).

D’autres supports de communication sont envisagés comme la presse papier, les radios, la création d’une « gazette » notamment pour les personnes qui n’ont pas accès à internet, l’événementiel les projections et dîners/café –débat, le dépliant fournit par le « Mouvement Colibris », augmenté d’un feuillet bilingue (Corse et français) et enfin, la fête qu’il ne faut surtout pas oublier. A l’occasion de fêtes, il passe souvent bien plus d’informations qu’on ne l’imagine.

 

Terre de liens (http://terredeliens.org )

Terre de liens regroupe une association et une société foncière en commandite par actions. Elle travaille en collaboration avec plusieurs partenaires dont la nef (banque coopérative), les SAFER… Son objectif est de faciliter l’accès au foncier au niveau financier et sous condition du respect de certaines règles écologiques.

Une première rencontre avec un des administrateurs d’une antenne Terre de liens venu du continent à débouché, à la fin de l’été dernier, sur la volonté de créer une antenne en Corse. Pour cela, il fallait au préalable rassembler un minimum de personnes ayant pour statut « ambassadrices ou ambassadeurs de terre de liens ». C’est aujourd’hui chose faite. Le dossier est donc en cours et devrait aboutir si toutes les conditions sont requises.

 

Le pic pétrolier et territoires en transition http://villesentransition.net/ et http://www.transitionfrance.fr

L’exploitation du pétrole a atteint un seuil irréversible dont les conséquences sont multiples. Cette réalité physique, matérielle, avérée, a amené certaines personnes à réfléchir sur ces conséquences, à anticiper et à prendre une série de mesures. On peut trouver quelques bonnes informations sur le sujet dans les deux sites référencés. Ce ne sont pas les seuls sites accessibles, la toile « regorge » d’informations. Le groupe local Colibris souhaite communiquer sur cette question grâce à l’aide de personnes compétentes ayant déjà une expérience en la matière dont la plupart sont partie prenante des villes ou territoires en transition. Des contacts ont été pris auprès de ces personnes.

Des contacts ont également été pris auprès d’élus locaux. Pour chaque contact, un accord de principe a été donné, sachant que notre intention pour le moment, n’est pas de commencer par demander une démarche de transition, mais de proposer une information sur le sujet.

Les démarches de transition nécessitent certaines conditions requises, plusieurs étapes et des préalables. Comme dans la plupart des actions souhaitables nous sommes conscients que foncer tête baissée n’apporterait pas grand choses.

 

Le Foncier

Ce thème rejoint celui de Terre de liens. Nous somme partis du constat que, dans certaines zones, l’accès au foncier est un frein pour les candidats à l’installation, ce qui est dommageable à plus d’un titre. La demande de produits alimentaires de qualité et de préférence écologiques (c'est-à-dire biologiques, équitables et de proximité) dépasse largement l’offre.

Une rencontre auprès de la direction de la SAFER à permis de connaître la position de cette « société anonyme sans but lucratif » par rapport à la question du foncier. D’autre part, la SAFER est d’accord sur l’éventualité de travailler en partenariat avec Terre de liens.

 

Les AMAP

Bien avant la création du groupe colibris en Corse, plusieurs AMAP fonctionnaient déjà. C’est Sylvie Marinacci qui en assure la présidence et l’animation. Le lien est évident avec les questions de foncier, les groupements d’achats et le soutien aux agriculteurs qui s’installent. Les AMAP sont une des clés de la souveraineté alimentaire.

 

La souveraineté alimentaire

Partant du constat que la demande de produits alimentaires de proximité augmente, du fait que les conséquences du pic pétrolier imposeront la production locale pour des questions évidentes d’économie, la Corse, ayant su montrer par le passé qu’elle était autosuffisante sur plusieurs plans, notamment d’un point de vue alimentaire, il n’est pas irréaliste de souhaiter pour l’île qu’elle recouvre un jour sa souveraineté alimentaire.

« Une politique agricole régionale qui ne peut pas garantir un approvisionnement en produits de première nécessité, entraine irrémédiablement sa population dans un contexte de vulnérabilité alimentaire, et cela même dans des situation de crises mineures ».

La souveraineté alimentaire signifie que « le droit des peuples et des communautés de se nourrir et de produire leur nourriture, prévaut sur les préoccupations commerciales ».

On soutient la production locale plutôt que la production destinée à l’exportation ou les importations de denrées alimentaires.

 

Accès à la formation

Pour le moment, peu de démarches sont en cours, en dehors de l’information. Cependant la proximité amicale avec la direction du Lycée Agricole de haute Corse laisse envisager quelques ouvertures vers une formation de plus en plus généraliste sur l’agro écologie avec une première étape vers l’agriculture biologique. L’idée d’apporter une information sur les produits biologiques auprès des élèves candidats à l’installation à été acceptée. Il faut toutefois attendre que l’administration « digère » cette info pour donner (ou pas) son aval.

Un dossier intitulé « réalité du marché des produits biologiques » à été réalisé avec comme objectif de « rassurer » les futurs producteurs sur la réalité d’un marché qu’ils ne connaissent pas toujours.

Les personnes en formation dans les lycées agricoles représentent des acteurs potentiels de la souveraineté alimentaire.

 

Information complémentaire : Plusieurs membres du groupe souhaitent débattre sur le thème de la décroissance.

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Commentaire de Pierre-André Cancel le 9 février 2011 à 6:17
Bien entendu l'isolement ne sert personne. Dans une perspective de "souveraineté alimentaire écologique" tous les aspects sont représentés y compris le social, le politique et l'économique. Et comme la nature est généreuse, particulièrement sur cette île, ses hôtes le sont aussi. Une gestion écologique holistique nous permettrait de partager nos excédents avec nos voisins( je pense à la Sardaigne à qui nous pourrions donner de l'eau). On peut être utopiste et lucide. Biz. Pierre.
Commentaire de Nadine Manzagol le 8 février 2011 à 17:43
Je retiens dans l'avant dernier paragraphe avant la fin du texte intitulé "La souveraineté alimentaire", la phrase : "La souveraineté alimentaire signifie que « le droit des peuples et des communautés de se nourrir et de produire leur nourriture, prévaut sur les préoccupations commerciales ».

On soutient la production locale plutôt que la production destinée à l’exportation ou les importations de denrées alimentaires.". Très bien ! et on ne peut qu'approuver... en restant réaliste !

Car voeu d'autarcie complète est-il vraiment réalisable et est il souhaitable de le radicaliser?

Cela devrait nous engager dans des débats élargis au sein de la société insulaire.

Je voudrais ici surtout évoquer le problème des infractructures publiques (desserte en eau, éléctricité et gaz) plutôt que je ne pense mettre en question le risque de pénurie des produits nécessaires à l'agriculture.

Car nous dépendons, s'agissant d'infrastructures, d'institutions locales qui ne peuvent s'extraire d'une gestion gouvernementale, elle même soumise aux lois de l'économie mondialisée.

A ce titre, la question de notre insertion dans des réseaux étendus  de solidarité, au de-là de notre  insularité, (par exemple le réseau continental des AMAP, entre autres), me parait  donc souhaitable. Car même si nous pouvons espérer atteindre à une auto suffisance alimentaire sur notre île, nous ne sommes nullement en condition d'y exercer une souveraineté politique, économique et sociale. Il me parait donc important, tout en combattant, bien entendu, les dictats du marché et de l'économie libérale prédatrice, de ne pas nous isoler.

 

Commentaire de MARISKAIA le 8 février 2011 à 9:11
Merci pour ce compte rendu qui pourra servir à d'autres groupes. Les questions évoquées sont essentielles!
Commentaire de CAMPANA BRUNO le 7 février 2011 à 15:14
bellu....

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