Une expérience d'économie solidaire au Brésil, le "Palmas"


Un livre, VIVA FAVELA ! Un témoignage de Joaquim Melo.

Un livre riche en humanité et témoignant d'une expérience de 30 ans pendant lesquelles une "favela" à Fortaleza, au Brésil s'est transformée peu à peu en une communauté active et créatrice de richesses et vers laquelle aujourd'hui, le monde entier se tourne, en recherche d'inspiration face à la crise financière qui voit le nombre d'exclus augmenter sur notre planète.
Le "Conjunto Palmeiras" était à l'origine un simple terrain vague où des familles expulsées de la côte touristique, ont été relogées, sans eau ni électricité.
Commence alors un travail quotidien pour obtenir des conditions de vies décentes. La population construit peu à peu un quartier, remplaçant les chemins de boue par des rues assainies et des cabanes d'argile par des maisons en"dur".

Puis la question de la vie de la communauté et de la circulation de la "richesse" est peu à peu apparue. Une banque communautaire est créée, qui s'avère être une banque d'économie solidaire. Puis une monnaie locale échangeable en "reais" (monnaie brésilienne), le "Palmas".

Après des aventures avec la banque centrale du Brésil dont je ne vous dévoile pas ici les détails, l'arrivée au pouvoir de Lula au Brésil en 2002 - qui a mis en place des projets d'aide pour les plus pauvres - la banque Palmas a vu le jour.
A ce jour 47 banques ont été inaugurées dans plusieurs Etats du Brésil. Ces banques communautaires sont la propriété de la communauté et sont gérées par les habitants organisés en association. Au-delà de l'aspect bancaire en "reais", elles sont dotées d'une monnaie "circulante" qui est adossée à la monnaie nationale et offre un pouvoir d'achat à l'ensemble du quartier.

Joaquim Melo, auteur et pilier de cette aventure termine son ouvrage par cette phrase : "Notre expérience peut s'adapter et s'installer partout où vivent des populations démunies. Pour ouvrir une banque communautaire, il suffit d'une pièce, d'un ordinateur et d'une communauté motivée !"

Au Vénezuela, Hugo Chavez a envoyé à Fortaleza une délégation pour étudier le fonctionnement de la banque Palmas. Il a été séduit par l'idée, il l'a mis en place. Il existe aujourd'hui près de 3600 banques communautaires au Vénézuela.
Des discussions ont été entamées avec le Paraguay, l'Equateur, le Mozambique, le Timor-Oriental, le Chili et l'Afrique du Sud.

Et si les pays "dit-riches" avaient besoin très vite de s'orienter vers des solutions inclusives respectant les droits de l'homme et de dignité pour tous ?

Article 1 - Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Belle lecture inspirante !

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Commentaire de Charles Abécassis le 14 janvier 2010 à 12:03
Merci Mary pour ce compte-rendu.
Lors du séminaire sur les monnaies complémentaires à Nanterre (cf mon blog sur ce sujet), j'ai eu la chance de rencontrer Joaquim Melo, à l'origine de cette expérience de monnaie régionale dont s'inspirent aujourd'hui de très nombreuses communautés au Brésil, Vénézuela, Paraguay, Equateur, Mozambique, Timor-Oriental, Chili et en Afrique du Sud.

Je viens de terminer le livre écrit par Joachim sur son expérience et je vous recommande vivement sa lecture inspirante.

Une autre description de cette expérience : Blog de Jacques Dughera

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