Coordinatrice humanitaire des Nations unies pour le Vanuatu, Osnat Lubrani explique que l’archipel doit faire face à d’importants chantiers un mois et demi après le passage du cyclone Pam !

Quels sont les besoins aujourd’hui ?

Beaucoup a été fait pour l’urgence, la nourriture et les médicaments, mais il faudra au moins trois mois supplémentaires d’efforts et travaux pour sécuriser les besoins sanitaires et en eau. Pour éviter une crise alimentaire, il faut continuer à acheminer de l’aide pendant encore plusieurs mois car plus de 90% des récoltes ont été détruites. Les gens commencent juste à replanter dans l’archipel où la quasi-totalité des habitants dépend de l’agriculture pour s’alimenter et vivre. Sans récolte à vendre, ils sont privés d’une source capitale de revenus pour les dépenses de base et ce d’autant que le secteur du tourisme a été en partie détruit. Pour les aider, on va créer des emplois temporaires pour la reconstruction. Si l’essentiel des routes principales a été dégagé, tout reste à faire sur les voies secondaires dans l’intérieur des terres et pour nettoyer les débris naturels ou toxiques provoqués par la catastrophe.

La crise sanitaire menace-t-elle ?

Elle est très importante et elle peut devenir grave. Le Vanuatu dépend beaucoup des réservoirs pour le captage de l’eau et de nombreuses cuves ont été détruites ou endommagées si bien que l’eau n’est plus potable. Dans plusieurs endroits, les enfants sont atteints de diarrhées et malades. Il faut donc agir vite sur l’eau.

Quel est le bilan humain et matériel dans l’archipel des Vanuatu un mois et demi après le passage du cyclone ?

Treize personnes ont trouvé la mort en mars et près de 98 000 personnes ont perdu leur maison et leurs récoltes dans tout l’archipel. L’impact de Pam a été sans précédent. J’ai eu l’occasion de survoler les îles et tout a été écrasé, balayé. Malgré cela, le nombre de victimes est relativement bas.

Comment l’expliquez-vous ?

C’est dû au travail préparatoire dans les villes et les villages. Les gens que j’ai croisés dans les centres d’accueils et d’hébergement provisoires ont tous perdu leurs maisons, leurs biens et leurs récoltes, mais ils ont eu la vie sauve car ils sont arrivés dans les abris trois jours avant le passage du cyclone. Cela montre bien qu’il faut se mobiliser sur la prévention pour la réduction des risques. Dans le Pacifique, il y a une tradition qui dépasse tous les travaux modernes sur la prévention des désastres climatiques. Les gens ont été confrontés depuis des générations aux cyclones et aux tsunamis et ont acquis leur propre savoir-faire. Mais ils sont exposés à des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes et de plus en plus extrêmes. C’est pourquoi, dans cette région, il faut vraiment investir dans des centres d’évacuation plus solides pour résister à l’impact et aussi travailler sur du plus long terme afin de protéger les côtes.

Diriez-vous que le Vanuatu est le «laboratoire des bouleversements écologiques» comme l’affirme un conseiller du gouvernement local ?

Il y a un impact sur l’environnement qui est assez sérieux sur le littoral et en termes d’érosion. Je reviens de Tuvalu où le cyclone a causé d’importants dégâts et sur l’une des îles, 84 mètres de plage ont été engloutis. Il ne reste plus rien. Même à Port-Vila, la capitale, des routes ont disparu. Par endroits, la géographie a complètement changé. A l’avenir, il va falloir déplacer les populations dans certains lieux.

Vaulerin

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Commentaire de JF@ le 29 avril 2015 à 8:11

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