Bonjour,

Je tente de lancer une discussion pour vous demander vos avis ou témoignages sur une question qui me tracasse pas mal en ce moment :

Est-il possible de trouver un emploi sans avoir ni à partir au bout du monde ni à marcher sur ses convictions ?

Bon, tout d'abord, je vous présente mes excuses que ceci soit mon premier post. Je suis membre du groupe depuis un petit moment mais n'ai pas encore trouvé l'occasion de participer, ce qui ne saurait tarder.

Pour vous expliquer rapidement le pourquoi du comment cette question, en fait me voici suis fraichement diplômée ingénieure en agriculture, territoires et environnement, pleine de bonne volonté et prête à faire partie du grand mouvement de transition de l'agriculture et de la société vers un monde plus durable et plus respectueux de la vie, nantaise de coeur prête à accompagner et faire éclore des projets de développement local qui fédèrent et qui nous ressemblent....... et me voici (haha !) confrontée à la réalité du marché de l'emploi : les associations et structures de conseil embauchent peu ou pas, et ce qui recrute, ce sont les technico-commerciaux du secteur banquaire ou des grandes firmes de production agricole intensive.

Alors voilà, un peu déboussolée, je viens vous demander si certains d'entre vous ont des expériences similaires à partager, si vous avez réussi à trouver un emploi qui vous plaise et par quoi vous êtes passés pour y parvenir. Ou si au contraire vous vous êtes résolus à prendre les emplois qui vous étaient proposés quels qu'ils soient, et à construire le monde dont vous rêvez sur le temps extra-professionnel.

Merci d'avance pour vos réponses et bonne journée à tous !

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Réponses à cette discussion

On peut dire que tu tombes à pic!!! J'ai annulé ce matin un entretien (cdd, disponibilité immédiate à 150 km de chez moi) et j'culpabilise.
Il est vrai que je viens sur ce réseau systématiquement quand je ne sais plus où regarder ni où trouver de soutien! (il est plein de bonnes idées, de projets et d'initiatives motivantes!)
Je me suis dirigé vers la protection de l'environnement après mon bac horticole, que j'ai suivi et obtenu par dépit, sans conviction parce qu' a 18 ans, il me fallait un diplôme. J'y ai découvert l'impressionnant gaspillage et les dégâts sur l'environnement de la production ornementale, alors j'ai passé un btsa gémeau (gestion et maîtrise de l'eau) qui ne m'a jamais ouvert que les portes d'une licence pro (protection de l'environnement) fiancée grâce au chômage de 2 ans de saisons dans la fleur. 4 ans que je suis diplomée, j'ai été mobile, j'ai bossé pour du précaire mal rémunéré; et j'ai fais 3 ccd, soit 2ans 1/2 d'expériences. Je suis à nouveau au chômage et toujours rien de pérenne en vue. 

Pour autant, je ne lâche rien. De toute façon, au vue du marché de l'emploi, je ne trouve aucun un poste pour débuter une nouvelle activité (je me suis vu refuser un poste de caissière pour défaut d'expérience). Et puis, résolument, j'pourrais jamais vendre du phyto ou du hamburger toute ma vie^^!!!  

Je rejoins donc Michael pour dire que si tes convictions sont , comme pour moi, un credo, il faut s'accrocher (d'autant que nos sociétés en ont grand besoin!) .

On verra bien ce que j'trouverai, mais si je dois retourner travailler dans le système productif irraisonné; ce ne sera que temporaire et avec pour objectif de financer un projet de ferme (idéalement pédagogique), et seulement si le paradoxe est inévitable.
Sur ce, je pars profiter de mon chômage pour bosser la botanique avec mon chien dans les marais tout proche :D (rester constructif ça aide aussi à garder le moral!)

Merci Michael et Delphine pour vos réponses, vos encouragements me redonnent espoir !

En effet Michael, j'ai envisagé de me lancer dans le conseil aux agriculteurs, mais le problème, c'est que dans ce domaine, on n'est crédible que si l'on a de l'expérience sur laquelle s'appuyer pour donner des idées et des conseils. Et une formation de 5 ans en gestion de filières agricoles et quatre stages n'y suffisent pas, à moins d'intégrer une structure qui aura la légitimité nécessaire. Ce genre d'activité me plairait beaucoup, mais il faut d'abord que je me "fasse la main" quelque part.... Et là je tourne en rond sur le manque d'expérience ! Haha !

Bon courage à toi Delphine ! Je suis heureuse de savoir qu'il y a des personnes dans la même condition que moi qui ne veulent rien lâcher de leurs convictions !

Bonjour Maiwenn

je ne suis pas du tout du milieu agricole, mais j'aime la terre et tout ce qu'elle produit.

Dans notre société, il y a des règles qui semblent être des passages obligés et qui interdisent toute autre alternatives... sauf que l'on peut se rendre compte avec un peu d'intelligence que ces règles du jeu sont castratrices, handicapantes,  voire destructrices... et que l'on peut se donner l'autorisation d'une autre règle de vie.

Pour travailler il faut être crédible mais pour être crédible (avoir un "dîplombe" ) il faut travailler, c'est le chien qui se mort la queue.. Pourquoi  cette règle du jeu, : pour avoir un job , il faut que tu sois "salarié"pour ta sécurité sauf que dans ce cas le contrat devient unilatéral et que de ce fait on signe une sorte d'esclavage.. on apprend aussi dans les écoles à la "fermer".  Nous sommes à une période où ces règles du jeu vont devenir batardes. autant poser la bonne question et refuser les mauvais moyens :

Comment je peux créer MON emploi compte tenu des besoins et de mon expérience (he oui le savoir est une expérience, il suffit dans sa tête de ne pas avoir peur que l'on te demande à te justifier. si tu sors d'une école, tu as des connaissances, de deux choses l'une elles sont opérationnelle et ça peut marcher dès la sortie de cette école ou la formation est elle m^me une duperie et à ce moment là, la responsabilité en reviendrait aux Orienteurs professionnels

ET dans le cas où c'est à toi de créer ton emploi et que tu as bien mis cela dans la tête peut-être faut-iil passer par un cercle de créativité, pour laisser tous les possibles émerger et les structurés dans le temps, comme les saisons.Bientôt je vais moi-même animer un de ces cercles de créativité;

Bon courage

Serge

Bonjour Serge.

Ce que tu dis est juste et j'ai l'impression d'essayer de me faire accepter dans des structures (les organismes publics et para-publics notamment), où je cherche à apporter ma pierre à l'édifice pour accompagner le changement... mais où en fait l'on semble n'avoir pas besoin de cela.

Où pourrais-je trouver des informations sur les cercles de créativité dont tu parles ? Y a-t-il des conditions d'inscription ?

Merci

Maïwenn

Bonjour Maïwenn

tout d'abord pardon pour mes nombreuses fautes de frappe qui donne à penser à  des fautes d'orthographes.

Je suis entrain de créer un cercle de créativité, et mettre en place les conditions de sa réussite, d'ici quelques jours seulement , il prendra définitivement forme. Si tu es sur la région nantaise, tu peux me téléphoner au 0674548226 pour des infos plus directes et la suite à donner.
Bon WE

C'est également la question que je me pose. Je me prépare à devenir éducatrice spécialisée, plus ça va plus je me rend compte qu'on a peu de marge de manœuvre. Par manque de moyens, par volonté politique ... On veut créer des personnes conformes à une société, mais surtout pas qu'ils aient un regard critique sur celle-ci ... Dans notre métier nous sommes face à de nombreux paradoxes, dont celui des convictions personnelles contre les politiques sociales. Donc effectivement, beaucoup marchent sur leurs convictions et leurs préférences, d'autres pour trouver du taff vont à l'autre bout du monde car nous sommes trop nombreux sur le marché ...

Pour ne pas être dans cette situation, il faut aimer ou faire par défaut un métier qui est en vogue : informaticien ou ceux que personnes ne veulent faire : aide à domicile, travailler de nuit etc. etc. Depuis que je me suis rendue compte que mes diplômes de fac ne valaient rien, qu'il n'y avait que les métiers scientifiques de valorisés, je vois le monde du travail autrement. Un monde au jour le jour, qui ouvre des portes à des choses non envisagées auparavant : étranger, autre bout de la France, qui demande de réinventer des possibles, d'être plus autonome ou qui donne envie de trouver des alternatives de vies.

En tout cas, je n'attend plus rien de ce monde du travail, que de moi-même. Moi et mon ami projetons de vivre en communauté autonome, autogérée. Pour l'instant, nous visons les éco-habitats. Je vois le monde du travail actuel comme un tremplin pour aller vers un autre possible.

Voilà en espérant que mon témoignage puisse t'aider !! Persévère, ton projet est super !!!

Merci ! Bon courage à toi dans ton tout aussi beau projet !

Bonjour Maïwenn

Merci ton texte qui entraine de beaux échanges sur le sens de la vie.

Depuis la plus tendre enfance, on nous demande ce qu'on veut faire plus tard (sous entendu, comme métier...), comme si le travail était la vie (d'ailleurs, certains arrivent à le confondre puisqu'il y a des personnes qui se suicident suite à une perte d'emploi !).

On nous explique qu'il faut faire des études pour avoir un bon CV et avoir plus de chances de "trouver un emploi". Cette expression sous entend qu'il existerait de l'emploi et qu'en cherchant on en trouverait. On trouve un emploi, en tombant dessus, comme on "attrape" un rhume ou une grippe !

Si on pense que le privé peut nous "fournir" un travail qui correspond à nos valeurs, alors on ne fréquente pas ce forum !

Reste certains emplois publics, ou des emplois financés en grande partie par le public (à coup de subventions, d'avantages fiscaux, d'exemption de charges...). Notons que de nombreuses entreprises privées bénéficient de ces avantages aussi !

Il ne reste donc pratiquement plus qu'une seule solution pour éviter le "travail alimentaire", c'est de se débrouiller pour subvenir à ses besoins en dehors d'un travail incompatible avec nos valeurs. Evidemment c'est plus facile collectivement (entraide, partage...).

Définir une direction qui rende de moins en moins dépendant du système dominant s'il ne nous convient pas en développant d'autres façon de fonctionner.

1) limiter ses besoins d'argent, notamment par la co-utilisation des biens (co-location, co-voiturage,), par du troc, de la récupération, du réemploi, de la réparation, de l'auto alimentation (potager en permaculture, plantes sauvages comestibles...)

2) partager ses bonnes idées : virtuellement  (sites internet) et réellement (voir des gens ou des groupes qui partagent nos convictions en vrai !). Par exemple, je refuse que le boulanger me donne du papier quand j'achète du pain puisque j'ai du mal à le digérer et que je ne lui en ai pas demandé...;)

3) passer à l'acte dans un domaine précis (de préférence à plusieurs) chaque jour ou chaque semaine ou chaque mois et partager l'information avec le plus grand nombre.

4) Développer ses compétences pendant les "périodes d'inactivités" (vous savez, les "trous" dans les CV, car quand on a pas d'emploi, on ne développe pas de compétences, c'est bien connu !).

5) plein d'autres choses qui ne sont pas présentes dans mon esprit à ce moment

6) se dire que le travail n'est en rien épanouissant, c'est l'activité choisie qui épanouit (certains on la chance de pouvoir le s'épanouir en partie au sein de leur travail). " les gens n'ont pas besoin de travail, de l'argent leur suffirait "Coluche.

Bonne route à tous et à bientôt

Loïc

Bien vu Loïc

je reste cependant attaché à ton 6 point.

Audelà des astuces pour une autre forme vie, rien n'est plus dure que de débusquer le vrai sens de sa vie , ce pourquoi on est fait. au delà des tests psy que certains universitaires ont pu pondre... dans l'intérêt des entreprises et du monde du "travail", connais -tu d'autres moyens de percevoir son essence fondamentale et de s'y accrocher ?

Bonjour Maiwenn,

Oui, c'est possible. Et pas que dans l'associatif ou dans le fin fond du monde!!

A un moment, je me suis posée la même question que toi, j'ai quitté mon travail et j'avais comme projet de partir seule sur un terrain perdu pour vivre en total autonomie. En fait, je suis restée en ville. (Comme c'est là qu'habite le plus de personnes, n'est-ce pas un lieu prioritaire pour la transition??)

Après plusieurs métiers, militantismes...dont je fais grâce d'explications, j'ai crée mon entreprise. Aujourd'hui, je fais du bricolage à domicile, de la menuiserie sur mesure et je fabrique des toilettes sèches d'intérieurs. Le tout, à vélo (biporteur) sur Nantes. Cette activité me permet d'allier mon soucis de l'environnement et mon envie de transmission car je propose aux gens de faire avec moi ou d'apprendre à faire eux même.

Le service que je propose viens de ce que je fais naturellement depuis des années bénévolement. J'ai vu que cela répondait à un besoin réel des gens. Donc je me suis dis, pourquoi pas en vivre! La formule que j'ai n'existe pas ailleurs (faire avec les gens), je l'ai crée car elle me correspond et qu'elle répond à une demande. Aussi, et ça a je pense une grande importance, je suis accompagnée par deux coopératives innovantes qui n'ont pas peur de faire bouger un peu les cadres établis (l'ouvre boites44 et coopchezvous). Ils n'ont pas été du tout surpris par mon idée et ont tout de suite cherché le meilleur moyen d'adapter le cadre légal à mon activité (et pas l'inverse!).

Voilà, ce que j'ai envie de te dire c'est que peu importe à quelle place on est dans son travail, dans sa vie...faut juste, là où on est donner du sens pour que cela soit vivable pour soi (je parle d'éthique et de transition). Et un jour, on a un peu plus l'idée de ce qui pourrait être mis en place. Ce peut être dans une asso, dans le cadre de son travail, d'une création...ou toutes autres choses. En tout cas, NE PAS ATTENDRE QUE CELA VIENNE A SOI, tout est à (re) créer. C'est maintenant et les gens ont vraiment soif de ça.

Biz et beau chemin à toi!

Sarah.

NB: Travailler à vélo parait "nouveau" mais en fait, ça existait au début du siècle, des fois il faut regarder comment on faisait avant le pétrole c'est assez intéressant!!.

Félicitations Sarah, le passage à l'acte crée du sens et tu sembles l'avoir trouvé y compris en faisant du sport sans en avoir l'air

Merci Sarah,

ta réponse donne de l'espoir ! Je me demande si je ne vais pas finir par envisager de me fonder une activité similaire (sans copier ton exemple bien sûr)...

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