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Une monnaie nationale complémentaire

Une porte à pousser pour rendre possible ce qui ne l'est pas

Si je vous dis :

Résoudre la question de la dette, du chômage, des injustices sociales, de la pauvreté, de la fiscalité; créer un monde d'équité, de suffisance pour tous, réconcilié et durable en moins d'une génération, c'est possible!

Cela vous donne-t-il envie de rire en pensant que je suis un doux rêveur ou, malgré le doute, cela vous incite-il à pousser la porte pour voir ce qu'il y a derrière?

Et si j'ajoute que non seulement c'est possible mais relativement simple à réaliser, qu'à l'instar de l'œuf de Christophe Colomb, il suffisait d'y penser, me classez-vous d'emblée parmi les fous ou les utopistes échevelés, ou est-ce un coup d'éperon dans votre curiosité maintenant impatiente d'en savoir plus?

J'admets qu'il est légitime que les affirmations que je viens d'exprimer surprennent et portent à sourire quand on considère le fait que l'ensemble des experts mondiaux issus des sphères de l'économie, de la finance et de la politique se cassent les dents sur toutes ces questions depuis une trentaine d'années. Incompétence? Non; c'est qu'ils n'obéissent pas à ce qu'Albert Einstein soulignait : « Nul ne peut résoudre un problème en s'appuyant sur une logique identique à celle qui a suscité son apparition ». Il n'y a aucune issue aux problèmes qui s'empilent dans la mesure où les solutions mises en œuvre obéissent toutes à la logique, maintenant devenue idéologie, qui en est responsable. Comme disait ce même Albert Einstein, « quand on pense comme un marteau, tous les problème prennent la forme d'un clou! ».L'issue se trouve à l'extérieur du cadre, dans un autre paradigme.

Jusqu'à l'ère industrielle l'économie visait la subsistance. Sa logique reposait sur le cycle production / argent / production. On produisait en premier, on vendait sa production ensuite pour générer un revenu permettant de subsister d'une part et de produire à nouveau. Cette description des choses est toutefois déjà très moderne. N'oublions pas en effet que pour une grande partie de la population le passage par l'argent ne se faisait pas, le travail étant rarement rémunéré.

Mais l'industrialisation a conduit la production à dépendre de l'apport d'un capital préalable pour financer l'outil de travail. S'est développé alors la logique argent / production / argent. Avoir en premier les moyens d'investir dans l'outil de travail et produire ensuite pour gagner de l'argent dans l'intérêt prioritaire des propriétaires de l'outil.

Ces quelques lignes mettent en évidence la transformation du mode de pensée qui est à la source des crises qui nous secouent. La logique production / argent / production force à donner la valeur à la production, autrement dit à la richesse réelle, celle dont dépend directement la vie des gens : la terre, l'eau, la récolte... Alors que la logique argent / production / argent conduit à placer l'argent (richesse symbolique) en première préoccupation et à donner l'argent comme finalité de la production. C'est ainsi que l'agriculture, par exemple, n'a plus comme vocation celle de nourrir les peuples, mais celle « d'alimenter » le marché des matières premières dont le but est exclusivement financier, totalement étranger au sort des paysans et à la faim dans le monde. C'est ce qu'on appelle la « financiarisation de l'économie qui a pris des proportions exorbitantes depuis les années 1990, grâce en particulier à la totale libéralisation de la circulation des capitaux et à l'invention des produits dérivés.

Ainsi le paradigme qui nous tue à petit feu est celui qui nous a fait littéralement laisser la proie pour l'ombre. La proie, richesse réelle, restaure, mais l'ombre, l'argent, ne se mange pas. Certes il permet d'acheter la proie mais à condition qu'elle soit mangeable ou qu'il y en ait encore. Or sans doute avez-vous entendu parler de la pollution, de la dégradation de la biodiversité et de la raréfaction des ressources naturelles non renouvelables. À quoi pourra bien servir l'argent s'il n'y a plus rien à acheter?

Le « paradigme de vie », le paradigme hors cadre , celui qu'il devient urgent d'adopter a été énoncé par un « sauvage », le chef Seattle en 1854; du moins est-ce à lui que ces paroles ont été attribuées :

« La terre est notre mère. Tout ce qui advient à la terre advient aux fils de la terre. Si les hommes crachent sur la terre, ils crachent sur eux-mêmes. Nous savons ceci : la terre n'appartient pas à l'homme, c'est l'homme qui appartient à la terre. Toutes les choses sont liées. L'homme ne tisse pas la toile de la vie, il n'en est tout au plus qu'un simple fil. Quoi qu'il advienne à cette toile, lui advient aussi. »

Oui, très beau! Belles paroles me direz-vous. Mais on n'est plus en 1854 et on n'est pas des indiens. Nous voilà sept milliards sur terre alors que la population terrestre n'était que d'un milliard en 1800 et nos besoins sont autres. Sans doute, sans doute... mais qu'on soit noir, blanc ou jaune, gros, maigre, grand ou petit, nombreux ou pas, au moyen âge, dans l'antiquité ou aujourd'hui, cela modifie-t-il une seule des évidences - pour ne pas dire vérités – ici énoncées? Si la terre, épuisée, ne produit plus; si l'eau, saturée de nos rejets toxiques, n'irrigue plus et n'étanche plus la soif; si l'air ne devient plus respirable pour les mêmes raisons, tout l'or du monde pourra-t-il alors nous sauver? Qu'on soit noir, blanc ou jaune, gros, maigre grand ou petit, c'est la vie qui nous permet de gagner de l'argent et non l'argent qui nous permet de gagner notre vie, contrairement à ce que le paradigme actuel veut encore nous faire croire. Avoir fait de la monnaie une fin en soi relève tout simplement d'une folie suicidaire dont l'issue fatale devient de plus en plus palpable. N'est-il pas temps d'ouvrir les yeux?

La clef réside donc dans la possibilité de faire de l'argent un moyen au service de la vie et non une fin en soi.

C'est ici que se situe la bonne nouvelle! Tout est prêt pour cela car la monnaie, elle, n'a plus rien à voir avec ce qu'elle était en 1854. Depuis 1971, date à laquelle la dernière monnaie encore convertible en or, le dollar américain, a abandonné sa convertibilité, de richesse matérielle, ayant une existence et une valeur propres, rare et pouvant manquer, est devenue une simple unité de compte virtuelle, sans existence ni valeur intrinsèque, purement créée par la volonté humaine selon des critères dépendant d'elle seule. Si on nous chante encore sur tous les tons qu'« on ne peut pas faire parce que ça coûte trop cher et qu'on n'a pas les sous », ce n'est pas que cela repose sur une réalité quelconque, c'est que les tenants de la bourse ont décidé - y trouvant un intérêt considérable pour leurs affaires – d'entretenir dans l'esprit des gens la croyance que la monnaie existe et est en soi une richesse rare. C'est la persistance volontaire du paradigme de la rareté de l'argent qui permet à ceux qui le créent de faire croire qu'il a de la valeur en soi et une réalité physique. Tant que nous n'aurons pas intégré le fait que la monnaie moderne n'est qu'un signe virtuel obéissant à la seule volonté humaine, le destin de l'humanité restera conditionné au bon vouloir de la poignée de ceux qui, grâce à la survivance du paradigme qu'ils alimentent, nous font croire qu'on a besoin de leurs électrons comme s'ils s'agissait de pièces d'or.

Prenons un instant la mesure de ce qui vient d'être dit. Si donc la monnaie n'est qu'un symbole dont la quantité potentielle est infinie, uniquement déterminée par les hommes, cela permet d'entrer résolument dans le nouveau paradigme, celui que j'appelle le « paradigme de vie » :

- Car la représentation qu'on se fait de la richesse cesse d'être l'argent pour se porter sur tout ce qui permet de prendre soin de la vie sous toutes ses formes.

- Cela entraine une modification de la finalité de l'activité humaine. Elle n'est plus l'enrichissement financier mais l'amélioration permanente de la qualité de vie pour tous.

- La nature même de l'activité humaine s'en trouve modifiée. Tout projet et toute activité, dès lors qu'ils ne visent plus le retour sur investissement le plus élevé et le plus rapide comme actuellement, peuvent être conçus uniquement en fonction de leur réelle utilité sociétale.

- On passe d'une logique de redistribution à une logique de création. Actuellement, est considérée comme richesse ce qui génère un flux financier. C'est donc la production marchande, celle qui est payée par un marché acheteur qui obéit à cette exigence. Pour financer les biens collectifs et services d'utilité commune, une partie du revenu des entreprises et des citoyens doit être ponctionnée (fiscalité) pour être redistribuée sous forme de prestations sociales et d'investissements en infrastructures. Mais comme dans notre nouveau paradigme les collectivités peuvent se financer par création monétaire, l'endettement, pas plus que la nécessité de générer des recettes fiscales ne se justifient. La fiscalité demeure toutefois nécessaire car dans un système où la monnaie se crée à la hauteur et au fur et à mesure des besoins, le montant de la masse monétaire en circulation aurait tôt fait d'être bien supérieur à la valeur des biens et services disponibles dans la société. Cela conduirait rapidement à une hyper inflation. La fiscalité devient alors un outil de régulation de la masse monétaire, destiné à retirer de la société le surplus de monnaie et garantir ainsi la stabilité des prix.

- Les relations humaines s'en trouvent pacifiées. En effet, aujourd'hui, c'est un combat permanent auquel se livrent les gens, les organisations et les États entre eux, dès lors que leur sort est suspendu au capital financier qu'ils détiennent car, dans un contexte de ressources rares ce sont les plus offrants qui y ont accès. Ce combat, qui rend indispensable la croissance pour satisfaire le toujours plus de besoin d'argent et rend incontournable le saccage de la planète, n'a plus raison d'être. Bien sûr, ce n'est pas parce que la monnaie peut se créer à volonté que les ressources deviennent elles-mêmes infinies! Mais dans un contexte global où les peuples dans leur ensemble auront compris que la survie de tous et chacun dépend du soin qu'on apporte à la nature et à l'utilisation équilibrée des ressources au niveau de ce que la Terre peut produire sans se dégrader, c'est la solidarité, le partage équitable et la mise en commun de tous les moyens dont le monde dispose qui se révèleront les plus efficaces pour garantir un vivre ensemble harmonieux dans le respect des cultures et traditions de chacun.

Voilà ce qui, tôt ou tard, s'imposera aux hommes, une fois que « la crise » aura conduit à l'effondrement du système ou que la nature nous y aura contraint car, si on peut jouer avec l'économie, on ne le pourra plus longtemps avec l'écologie. Maintenant, pourquoi remettre à demain ce qui peut être fait aujourd'hui? Qu'est-ce qui nous en empêche? Deux choses :

- La foi quasi religieuse dans le système capitaliste qui habite encore bon nombre d'humains;

- l'intérêt que la classe dominante mondiale, dans tous les domaines, tire du paradigme actuel, sans lequel elle n'aurait ni le pouvoir ni la fortune qui assurent ses privilèges.

Voilà à l'évidence deux obstacles majeurs qui, à priori, ruinent tout espoir... à moins que... Au lieu de croire que le nouveau paradigme ne peut exister que lorsque l'ancien aura disparu (au prix de quoi?), on laisse l'ancien survivre aussi longtemps qu'il a des adeptes et qu'on permette à ceux qui ont envie de s'investir dans le nouveau de le faire. Faire en plus de; pas à la place de... Comment?

Tout tourne autour de la conception qu'on a de la richesse et de la croissance. Jusqu'à présent elle est horizontale; quantitative, uniquement liée à l'augmentation exponentielle de la richesse marchande génératrice de profits financiers. Mais vous l'aurez compris, le défi que nous avons à relever en ce XXIeme siècle, est d'apprendre à donner de la valeur à une richesse non prise en compte actuellement, la richesse qualitative, celle qui est facteur de préservation et d'épanouissement de la vie sans considération aucune du coût et de la rentabilité financière des activités permettant d'y parvenir.

Il suffit alors de comprendre que, de même que nous marchons sur deux jambes, une économie saine doit reposer sur deux composantes : Une composante marchande, plus orientée comme à présent vers la satisfaction de l'intérêt particulier, rentable financièrement, et une composante non marchande soucieuse du bien commun. Vous me direz peut-être que c'est déjà le cas au travers des politiques publiques. Sans doute; mais elles sont assujetties à cette logique de redistribution qui leur confère une place de plus en plus réduite pour cause de compétitivité internationale et de réduction de la dette publique, tout en générant de la grogne de la part des contribuables qui voient dans les impôts. taxes et autres prélèvements obligatoires, plus un vol institutionnel qu'une juste contribution à la communauté. Il faut donc rendre autonome, et donc non dépendante, cette composante qualitative, autrement dit transformer en véritable jambe ce qui n'est actuellement qu'une béquille permettant à nos sociétés unijambistes de sauver encore les apparences

Pour ce faire il suffit de créer un nouvel espace économique à finalité de bien commun, complémentaire au système marchand actuel, qui regrouperait les activités dont le contenu n'a pas par nature à être considérée comme une marchandise tels que la santé, l'éducation, la recherche, la transition écologique... Ce nouvel espace serait régi par un statut juridique spécifique ne répondant pas à la logique de profit ou d’équilibre financiers mais à celle de ce que nous pourrions appeler le bénéfice sociétal (l'atteinte des objectifs sociétaux visés). C'est le débat public qui permettrait de déterminer ce qui relève légitimement de chaque champ, marchand ou sociétal, quant au financement, il ne serait assuré ni par l'impôt, ni par l'emprunt, mais par l'utilisation d'une monnaie sociétale complémentaire à la monnaie nationale en vigueur, émise par un organisme public sous mandat et contrôle du peuple, à hauteur des besoins déterminés par les projets décidés. C'est l'introduction de cette monnaie complémentaire, ayant cours légal, qui confèrerait la pleine autonomie à ce nouvel espace.

Comprenons bien la différence. Alors que l'économie marchande ne met un produit ou un service sur le marché qu'à la hauteur du financement qui peut être mobilisé, l'économie sociétale répond à la logique suivante :

1 – Si un projet à finalité de bien commun est collectivement souhaité et que la volonté de le réaliser est là; 3 – si les connaissances du moment, les moyens techniques et énergétiques disponibles permettent d'y répondre;

4 – si l'empreinte écologique prévisible est compatible avec les ratios internationalement admis; 5 – si les ressources humaines nécessaires sont disponibles grâce au fait, entre autre, que le monde de la production a de moins en moins besoin de main d'œuvre; Alors rien ne s'oppose plus à sa mise en œuvre puisque le financement obéit au besoin au lieu de le conditionner.

Cette proposition d'introduction d'une monnaie complémentaire nationale vous semble-t-elle fantaisiste à ce stade? Si tel est encore le cas, je vous invite à vous demander si fantaisiste n'est pas plutôt le choix de fondre dans une seul monnaie l'intérêt particulier à finalité de profit financier et l'intérêt collectif, à finalité de bien commun. Parce que la Grèce doit de l'argent à des investisseurs étrangers, cela justifie-t-il la fermeture d'hôpitaux et de laisser mourir des gens? Peut-on faire intelligemment un lien entre la dette d'un pays (sur la légitimité de laquelle il y aurait beaucoup à redire) et la santé? Que je sois riche ou pauvre, endetté ou pas, existe-t-il un argument logique qui puisse justifier le rapport qui est actuellement fait entre la « santé » de l'économie et la santé des gens? Si un hôpital existe, si un personnel soignant compétent y exerce, si des malades y sont soignés, fermer cet hôpital pour cause de dette extérieure à rembourser relève d'une absurdité criminelle. C'est parce que la santé publique est financée par redistribution qu'elle est assujettie aux performances marchandes du pays. Mais si on admet que la santé d'une personne n'est pas une marchandise et que la santé publique est une finalité en soi, alors cela conduit à vouloir rendre autonomes l'économie privée à finalité de profit financier et l'économie publique à finalité de bien commun car, ne poursuivant pas les mêmes buts, elles ne peuvent être gérées avec les mêmes outils. Si ce principe était admis, alors quels que soient les déboires du secteur marchand, ils n'affecteraient en rien, en interne, les politiques et moyens mis en œuvre pour assurer la cohésion sociale, le bien-être et l'épanouissement des gens.

La seule difficulté qui reste à résoudre est de faire en sorte que l'introduction d'une monnaie complémentaire émise à hauteur des besoins sociétaux n'affecte pas la monnaie marchande qui, elle, doit être reconnue internationalement. Une certaine étanchéité entre les deux systèmes est donc nécessaire. Pour cela la monnaie complémentaire doit répondre aux quelques exigences suivantes :

- Elle doit n'avoir cours qu'à l'intérieur du territoire national. Par exemple, au sein de la zone euro, tous les pays appartenant à cette zone auraient pour monnaie commune marchande l'euro, mais chaque pays de la zone aurait sa propre monnaie complémentaire, lui permettant de conduire librement sa politique sociétale.

- Elle n'est pas convertible; elle n'a donc pas d'effet sur le cours de la monnaie marchande

- Elle est à parité de pouvoir d'achat avec la monnaie marchande : Une unité de monnaie complémentaire = une unité de la monnaie marchande, de sorte que les échanges économiques à l'intérieur du territoire peuvent se faire indifféremment avec l'une ou l'autre monnaie.

- Pour ne pas affecter le commerce extérieur, on ne peut acquérir avec la monnaie complémentaire (sauf exception), que des biens et services produits sur le territoire. Cela représente un handicap au départ pour les personnes dont les revenus sont exclusivement en monnaie complémentaire, mais c'est à tous points de vue plus avantageux que de toucher des minima sociaux sans oublier que cela conduira à relocaliser dans un deuxième temps certaines productions abandonnées.

- Elle est exclusivement électronique afin de permettre une fine gestion de la masse monétaire. Car il s'agit de pouvoir déterminer en permanence la masse monétaire nécessaire pour mener à bien les besoins identifiés et agréés et ce qu'il faut retirer de la circulation au-delà. Il n'est pas question de déverser dans la société une monnaie complémentaire sur le mode « quantitative easing » mais d'émettre et retirer ce qu'il faut quand il faut.

Même si bien d'autres questions se posent, je m'arrêterai là, ne souhaitant à ce stade qu'ouvrir les horizons sur le potentiel que recèle le principe d'introduction d'une monnaie complémentaire nationale. Et si vous n'êtes pas encore convaincu, prenez le temps, en guise de conclusion, d'en considérer les avantages principaux :

- Contrairement au fait qu'en règle générale la mise en œuvre d'une réforme, même globalement positive, contrarie certains intérêts, ici les intérêts actuellement dominants ne sont pas remis en cause; personne ne perd, tout le monde gagne;

- La mise en service d'une monnaie complémentaire nationale peut se décider au sein d'une nation sans avoir à obtenir une révision préalable de traités et accords internationaux. La décision relève de la seule souveraineté nationale. Il va toutefois sans dire qu'un pays qui déciderait cette mise en œuvre dérogerait à certains accords et s'exposerait à une belle levée de boucliers de la part de la classe dirigeante ultra libérale mondiale. Mais les peuples ne sont pas idiots et ils auraient vite fait de voir la solution que représenterait pour eux-mêmes l'application du même principe et forceraient leurs dirigeants à aller dans le même sens. Ces deux premiers avantages sont considérables car ils rendent le projet réaliste et réalisable sans autre barrière que la volonté de le mettre en chantier. Notons toutefois encore quelques avantages non négligeables :

- La question récurrente de l'emploi trouverait sa solution car ce nouvel espace économique offrirait potentiellement, non plus un emploi, mais une activité utile, rémunératrice et épanouissante, à toutes celles et ceux qui ne se sentent plus à leur place dans le système actuel ou qui en sont exclus ou en mis en marge.

- La pleine reconnaissance d'un espace dont la finalité est purement qualitative tirerait la société vers le haut; elle modifierait les attitudes, les relations et la demande, de sorte que le secteur marchand lui-même serait entrainé dans cette spirale vertueuse, ne serait-ce que pour répondre à cette demande.

- Les vraies questions de société ne seraient plus pensées en fonction des budgets disponibles ou des intérêts commerciaux, mais en fonction de ce qui serait souhaité idéalement. Imaginez un instant comment pourraient évoluer les débats si les aspects purement économiques et financiers étaient exclus des réflexions portant par exemple sur l'enseignement, la santé, l'énergie, l'écologie...

- En ne faisant plus dépendre la qualité de vie des peuples de l'exploitation de leurs ressources naturelles et de leur commerce, l'ensemble des nations pourraient parvenir rapidement à un indice élevé de BIB (bonheur intérieur brut) dans le respect de leur culture et traditions. Les problèmes liés aux mouvements migratoires disparaitraient rapidement car, si les conditions de vie deviennent agréables chez soi, pourquoi voudrait-on quitter son pays autrement que porté par un motif étranger à la simple survie?

- Mondialisation et souveraineté en sortiraient réconciliés. Chaque peuple, en effet, retrouverait la possibilité de déterminer et d'appliquer par lui-même et pour lui-même la recette de sa qualité de vie. Libérées de l'aiguillon de la nécessité les relations internationales s'en trouveraient pacifiées, portées sans arrière pensée par le désir commun de prendre soin de notre vaisseau spatial.

- La démocratie ferait un grand bond en avant car ce nouvel espace ne peut exister sans un débat public ouvert et permanent pour définir les besoins sociétaux et y répondre dans une logique de subsidiarité.

- Les prix cachés liés à la dégradation de la société actuelle se traduisant par une fragilisation de la santé, une diminution importante de l'espérance de vie pour beaucoup, la violence qui s'exprime à tous les niveaux et sous les formes, les sauve-qui-peut dans la drogue, le vol, la corruption... se trouveraient naturellement très allégés, dès lors que chacun, recevant un revenu décent, pourrait se sentir intégré et reconnu dans une société à laquelle il aurait plaisir à participer utilement.

Je m'arrête là... André Jacques Holbecq et moi-même avons écrit un livre sur ce sujet : Une monnaie nationale complémentaire aux éditions Yves Michel.

( http://aises-fr.org/231b-liv-PhD+AJH-mon-compl.html )

L'idée est également développée sur mon site : http://aises-fr.org/411-ecs.html

Mais ce n'est bien sûr pas suffisant pour qu'elle circule et devienne un vaste sujet de société. Ce n'est que si elle est portée par un grand nombre de citoyens, étudiée et promue par des instances comme ATTAC, Roosevelt 2012, les Colibris, global society, l'Europe des consciences etc... qu'elle aura une chance de s'incarner.

Si donc au-delà des questions qui restent peut être en suspens pour vous, vous trouvez que cette idée répond potentiellement aux défis de notre temps, alors, merci d'apporter votre concours en la diffusant dans vos réseaux et en en faisant la promotion auprès des instances que vous connaissez afin d'étude et lobbying.

Je me tiens à votre disposition

Bien cordialement

Philippe Derudder

derudder@lhed.fr

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Le 30 mars 2013 à 10:50, Ecovillage Bourgogne a dit...

Bonjour, 

Nous montons un projet d'écovillage, en Bourgogne ou a proximité.

Le projet se nome AVEC

Nous recherchons des participants pour compléter le groupe des futurs habitants. 

Voici l'adresse de notre site : http://www.ecovillage-projet.fr

A très bientôt,

Ange pour AVEC

 
 
 

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