Jean Claude Le Sage
  • Homme
  • 66700 ARGELÈS-SUR-MER
  • France
  • Imaginer et contribuer à…
Partager sur Facebook Partager sur Facebook Partager

Amis de Jean Claude Le Sage

  • Josiane Vasseur-Deniau
  • Liliane
  • Cat Berreaud
  • Hélène Cassagnes
  • cilou
  • Eloïse Legrand
  • ColibrisNath

Cadeaux reçus

Cadeau

Jean Claude Le Sage n'a reçu aucun cadeau pour le moment

Offrir un cadeau

 

Page de Jean Claude Le Sage

Informations concernant le profil

Quelle est votre occupation actuelle ?
Retraité
Qu'est-ce qui vous amène dans le réseau des Colibris ?
Imaginer et contribuer à faire naître une autre société
Quels centres d'intérêt, projets, aspirations, voulez-vous partager avec les autres membres ?
Une complicité avec toutes celles et tous ceux qui partagent mon admiration pour Pierre Rabhi.

Confidences d'un chercheur de vérité constamment contrarié !

La déesse Gaïa se cacherait-elle dans les rayons du soleil ?

 


Confidences d’un chercheur de vérité
constamment contrarié.

 
J’ai 76 ans, crois avoir enfin l'âge de raison (enfin presque !) et viens de rejoindre la tribu des Colibris tout en me demandant bien pourquoi diable prendre, à cet âge-là, une telle initiative…

En cherchant bien, je crois que j’ai fini par trouver. Quand j’étais tout gosse – c’était en Bretagne, à Saint-Brieuc, pendant l’occupation allemande – j’ai lu et relu, complètement médusé, le catalogue Manufrance de la Manufacture d’Armes et Cycles de Saint-Etienne. C’était une vieille édition, dénichée dans un grenier, où étaient minutieusement répertoriés et décrits tout un foisonnement d’articles quasiment inusables. Par exemple – souvenir mémorable entre tous ! – une asticotière en tôle laquée bleue (une boîte perfectionnée, avec poignée de transport, grille pour y déposer des déchets de viande, trous pour la pénétration des mouches et tiroir pour la récupération des asticots), bref, une boîte génialement insolite et digne du Concours Lépine pour élever et procurer des asticots aux pêcheurs à la ligne au bord même de la rivière. On pouvait ainsi commander les articles les plus inattendus, notamment pièges à loup, casques coloniaux, appeaux, moustiquaires, cannes-épées ou cannes-fusils, herminettes, casseroles, machines à coudre, fringues, enfin tout quoi. Je vais y revenir un peu plus loin…

Quelques années plus tard – j’avais huit ans et c’était après la Libération en 1944 – mon héros favori était Tarzan. Je trouvais ça épatant de pouvoir habiter dans un arbre et de vivre, loin des bipèdes cravatés, en symbiose avec les animaux. Cette forme de simplicité volontaire me séduisait énormément. Une fois devenu grand, je ne suis malheureusement jamais parvenu à vivre ainsi. Faut dire que mes piètres talents de grimpeur y sont sans doute pour beaucoup. Et puis, dans les offres d’emplois, je ne me suis jamais vu proposer un poste de veilleur sylvestre à plein temps dans la canopée. Dommage !

Je connaissais Jacqueline, ma future compagne, depuis la maternelle à l'école de la  Croix Mathias et dans les années 50-60, chacun de notre côté, nous écoutions avec délectation Malheur aux barbus, émission loufoque, bouffonne et parodique qui, à la radio, bousculait les valeurs établies, réduisait en miettes le sérieux, la suffisance et l’affectation guindée des notables de tout poil. Jacqueline et moi, on est ensuite sagement resté ensemble… pour la vie.

Au cours de ma lamentable scolarité, j'ai rarement rencontré un enseignant, laïque ou religieux, capable de me communiquer le feu sacré pour la matière enseignée et pratiquement jamais – ce qui est encore plus troublant – un prêtre catholique incarnant véritablement la foi et la spiritualité chrétienne.

Encore un peu plus tard – et toujours à Saint-Brieuc – je me suis pris de passion pour la vie des gitans dans leur roulotte ou celle des navigateurs dans leur bateau – comme Joshua Slocum, Alain Gerbault, Le Toumelin ou Bardiaux. Ce qui, chez eux, me fascinait, c’était la simplicité volontaire qui consiste à vivre – comme l’escargot – dans un tout petit chez-soi pour pouvoir concilier le gîte et le voyage. Small is beautiful dira plus tard Ernst Friedrich Schumacher dans un ouvrage  paru en 1973 qui en a fait rêver plus d'un.

A la même époque, j’ai un peu parcouru l’Europe en auto-stop. Se désencombrer pour voyager léger… Encore une forme de simplicité volontaire que j’ai beaucoup aimé. Je n’irais pas jusqu’à prétendre que je vivais dans mon sac à dos, mais ce sac contenait le minimum vital pour dormir dans les auberges de jeunesse, les salles de patronage, les granges et autre forme d’hébergement sommaire. Un voyage en stop, c’est un peu comme une métaphore de la vie. 50, 100, 200 voitures pilotées par des spectres à visage humain passent en vous ignorant. Et tout à coup, merveille des merveilles, quelqu’un ralentit, s’arrête, vous sourit, vous embarque à son bord. Et la conversation s’engage. On se découvre. On sympathise. On empathise. On s’apprivoise comme disait si joliment le renard au Petit Prince de Saint Exupéry.

A propos du Petit Prince : j'ai été bouleversé – le mot n'est pas trop fort – par les premières pages de ce livre. Par l'allusion de l'auteur aux "grandes personnes", auteur qui conclut "J'ai ainsi vécu seul, sans personne à qui parler véritablement..." C'est aussi, un peu, mon sentiment. J'ai dû, moi aussi, me rendre à l'évidence, admettre que chacun, ici-bas, perd très tôt son innocence, se voit inconsciemment reformaté par la société, vit dans sa propre bulle, cultive des aspirations difficiles à partager, entretient ses propres illusions et se voit constamment confronté à des malentendus de toute nature – ce qui ne facilite guère la coexistence pacifique et la compréhension réciproque des bipèdes qui constituent l'humanité.


J’ai également été un fervent lecteur de la revue Planète puis d’une autre qui, je crois, s’intitulait Le Sauvage. J’avais le sentiment – peut-être erroné, qui sait ? – qu’il soufflait là un vent de fraîcheur plus stimulant qu’ailleurs.

Je ne suis, hélas, pas de ceux qui, très futés et débrouillards de naissance, formés comme il se doit et bardés de diplômes, parviennent très vite à leurs fins. Vivre dans une caravane, youpi, oui, j’y suis parvenu ! Et qui plus est avec ma compagne et ma fille. Une expérience mémorable que nous avons pu poursuivre environ un an. Après quoi, faute d’un gagne-pain conciliable avec la vie en caravane, j’ai été happé par cette foutue société de consommation et me suis vu contraint de me constituer prisonnier chaque matin, de pratiquer chaque jour cette servitude volontaire avec remise en liberté conditionnelle chaque soir et ainsi de suite, des années durant, en qualité de salarié dans une entreprise, puis dans une autre, puis encore une autre, pour faire vivre les miens. Je ne suis évidemment pas le seul à m’être ainsi fourvoyé dans la machinerie productiviste et mercantile qui tourne à plein régime en broyant les aspirations profondes des humains.

Et c’est à cette époque-là que je me suis souvenu du fameux catalogue Manufrance de ma prime enfance. Etant alors moi-même occupé à concocter à l’étranger – d'abord en Allemagne (Hanovre, Wolfsburg), puis en Suisse (Winterthur, Morges) – de la littérature marchande et de la pub sous toutes ses formes pour des firmes cherchant à écouler leurs produits sur les marchés francophones, j’ai souvent repensé à ce vieux catalogue. Je me disais que, même aujourd’hui, si chacun disposait chez soi, non pas de 20, 10 ou 2 catalogues, mais d’un seul et unique modeste catalogue annuel (aux descriptifs sobres et dédramatisés ciblés sur des produits solides et vraiment utiles ne mentionnant et ne privilégiant aucune marque), cette simplicité-là suffirait amplement. Et ce serait assurément plus raisonnable que ce climat délétère de gaspillage délibéré, que ce conditionnement incessant, cette débauche de pub poussée jusqu’à l’écœurement, que cette falsification du réel avec des produits éphémères de toute nature censés nous apporter le bonheur, que ce contexte de sauvage concurrence généralisée et d’obsolescence programmée que nous connaissons actuellement.

Mon sentiment, pendant toutes ces années d’incarcération, c’était de vivre le même cauchemar que Winston Smith, le personnage central de 1984, ce fameux roman prémonitoire de George Orwell où Winston est enrôlé dans l’administration tentaculaire de Big Brother pour falsifier l’information. J’exagère ? Oui, un peu ! Mais ce sentiment persistant d’incarcération, d’impuissance, de malaise et de frustration, je l’ai vraiment vécu quasi quotidiennement.

Jusqu’au jour où j’ai pu, modestement, me mettre à mon compte à domicile… Jusqu’au jour où, saisi par un ras-le-bol particulièrement nauséeux et envahissant, j’ai largué les amarres pour vivre 3 ans (trois !) à bord d’un voilier de 10 x 3 mètres et naviguer un peu (Méditerranée, Atlantique, Mer des Caraïbes). La simplicité volontaire, quoi. Enfin ! Et ce fut  l'état de grâce ! Une sensation de premier matin du monde ! Un bonheur comparable à celui évoqué par Albert Camus (1913-1960) au bord de la mer ou dans les ruines romaines de Tipasa.

Puis vient un jour où les économies se raréfient, où l’horizon s’assombrit et c’est rebelote… toujours en qualité de pigiste, mais cette fois en mode télétravail à domicile grâce au Mac, à Internet, à la communication instantanée. Comme quoi les progrès de la technologie peuvent avoir du bon quand on en use avec discernement. Exit ? J’ai finalement pris ma retraite à 73 ans. Ouf !

Mon problème, c’est qu’au départ, je ne savais rien faire. Et ce que j’ai appris dans les entreprises, c’est précisément à devenir un pion docile, un rouage, un maillon d’une chaîne utile aux géants de l’industrie ou du commerce, aux géants d’un monde gangrené par la spéculation et la recherche effrénée du profit.

Alors le secret, c’est quoi ? C'est peut-être de prendre son envol et d'adhérer au mouvement Colibri.
Cela pourrait être – quand on a le chic pour s’y prendre à temps et que l’on parvient, très jeune, à penser Gaïa – à apprendre très tôt un métier dit manuel ou intellectuel (c'est kif kif bourrico puisqu'il faut un corps pour penser et un cerveau pour guider ses mains) qui prédispose à l’indépendance, qui peut s’exercer partout. A apprendre, peut-être, au sein d’une institution comme les Compagnons du Devoir, un métier basique irremplaçable: artisan très qualifié, électricien, mécanicien de précision, charpentier, cultivateur bio, vannier, pêcheur, est-ce que j’sais, moi ! Et pour ceux qui le peuvent ou le souhaitent à faire des études supérieures pour exercer ultérieurement une profession libérale indépendante des lobbies qui sévissent ici ou là. L'essentiel étant aussi  d’apprendre à tisser des liens, à vivre localement, à boycotter la grande distribution – cette mafia qui rançonne les petits producteurs – à se concocter une microsociété avec un petit réseau d’amis dans les commerces de proximité et les professions libérales, les artisans et petits producteurs locaux, indépendants ou intégrés dans une Amap, à pratiquer le Sel, à fréquenter la bibliothèque municipale (ne serait-ce que pour y découvrir Pierre Rabhi et saluer bien bas son courage et son discernement), etc…

Mais c’est pas simple ! Parce qu’au sortir de l’adolescence, quand on se retrouve sans diplôme et sans bagage, on désespère en se disant qu’est-ce que je peux faire, j’sais pas quoi faire ! On n’est pas mûr pour savoir, pour choisir, pour décider… Et qu’après, les années passant, cela devient de plus en plus difficile de se désengluer, de bifurquer, de se remettre en question ! De plus, les métiers en or changent au fil du temps. Passé un certain délai, certaines professions indépendantes, un temps très demandées, ne sont plus d’actualité. Alors, est-ce à dire qu’on est fait comme des rats ? Pas forcément. Mais faut de la jugeotte. Du courage et de l’imagination à revendre. C'est néanmoins un combat tonique et enthousiasmant.

Conclusion ? Tout cela pour dire qu'à tout âge, on peut avoir un sentiment libertaire de connivence avec le mouvement Colibri. Même à 76 ans. 

Photos de Jean Claude Le Sage

  • Ajouter des photos
  • Afficher tout

Mur de commentaires (7 commentaires)

Vous devez être membre de Colibris pour ajouter des commentaires !

Rejoindre Colibris

Le 3 juin 2013 à 13:43, Josiane Vasseur-Deniau a dit...

merci! je cours jeter un oeil sur votre site!

bonne journée, avec le soleil!!!!

Le 3 juin 2013 à 2:52, Josiane Vasseur-Deniau a dit...

Je vous ai lu jusqu'au bout, il est pourtant 3 heures du matin, j'ai beaucoup étudié en soirée et je suis fatiguée, mais je ne voulais rien rater. Vous écrivez bien et le contenu est intéressant, que dire de plus que merci du partage.

josiane

Le 28 février 2012 à 23:05, Liliane a dit...

Belles photos, bel aquarium ! Merci de vos partages qui illuminent...au-delà de l'écran !

 

Le 9 février 2012 à 18:12, ColibrisNath a dit...

Bonsoir

Merci pour votre message. (en fait je ne lis pas tant que ça ...)

Je perçois chez vous une belle énergie !

 citations pour le plaisir :

J'ai lu tous les livres mais un seul demeure : le monde, ce volume merveilleux, ouvert toujours devant mes yeux.[ Kathleen Raine ]


Si vous fermez la porte à toutes les erreurs, la vérité restera dehors. Rabindranàth 


Le 5 février 2012 à 14:41, cilou a dit...

Bonjour, merci pour ce texte qui nous ramène à ce que nous recherchons tous l'essentiel; à 12 ans je lisais "1984" en me disant mais quelle imagination! heureusement que ce n'est que littérature, à 35 ans je me dis mais quel visionnaire ce Orwell, je n'en veux pas de cette société là, ni pour moi, ni pour mes enfants, ni pour l'humanité tout entière, alors je fais moi aussi ma part de Colibris. Bien à vous

Le 3 février 2012 à 0:52, Hélène Cassagnes a dit...

je viens de lire le joli texte de votre vie. votre témoignage est très réconfortant car vous avez les bons mots pour dire les bonnes choses. merci.

Non je ne connais pas de colibris sur Argelès. En regardant la carte des colibris j'ai été surprise encore que nous soyons si peu nombreux ......... patience me dit-on. Sur céret nous sommes deux... depuis hier, mais cela fait déja chaud au coeur. Bien sûr nous cherchons à développer des initiatives locales mais il faut que la mayonnaise prenne et que nous soyons plus nombreux. Faute de cela je ne peux mettre d'actions en place sur ma commune, alors je me résouds à faire de mon mieux juste chez moi dans ma façon de consommer.

mais en ce moment nous sommes dans un temps particulier... celui de la campagne présidentielle alors je milite le plus possible pour informer les gens et pour ne pas tomber dans le désespoir face à tous ceux qui ne veulent même pas entendre je vais chercher nouvelles idées et enthousiasme , conseils et infos dans les réunions, là où elles sont (ce soir à Perpignan avec le réseau sortir du nucléaire, samedi à Villelongue dels monts pour 0 pesticides sur la commune, lundi au Boulou... Peu à peu un réseau se forme.Il y a le SEL bien sûr mais là pas de militantisme on échange juste quelques services ou objets, pas d'objectifs d'envergure pour le moment. Arrêter le nucléaire est une priorité mais pourquoi les français ne l'exigent ils pas tous ensemble alors qu'il y a des solutions. Stopper l'envahissement des antennes relais et défendre les malades des ondes EHS aussi mais pourtant chacun reste accrocher à son portable et ne prend pas en considération la solidarité pour les malades. je cherche de l'espoir !!! j'essaie d'en distribuer aussi mais je cherche surtout à comprendre maintenant qu'est  ce qui est donc tant bloqué dans le cerveau des gens qui ne veulent même pas entendre! est-ce l'anxiété, le sentiment d'impuissance, l'égoïsme, la surcharge de préoccupations? évidemment si tous les gens qui sont sur facebook basculaient sur colibris tout irait mieux et plus vite..........à bientôt nous avons besoin les uns des autres pour continuer et contagionner jusqu'à ce que nous soyons assez nombreux pour démarrer chacun dans nos villages des initiatives alternatives. J'ai rencontré Pierre rabhi à Perpignan 2 fois... cela a aussi changé ma vie, cela lui a donné une direction, un sens, j'ai évité de me perdre dans des illusions et de courir après une réussite professionnelle illusoire. j'ai appris à décroître progressivement à mon rythme personnel sans culpabilité et c'est cette force là que j'aimerais transmettre aussi. A plus, bonjour à votre compagne. Nous avons besoin de gens comme vous

Le 2 février 2012 à 22:53, Liliane a dit...

Alors là, bravo, bravo, bravo pour votre témoignage de vie qui nous donne la pêêêêche !!!

Merci l'ami Colibris !

Blog de Jean Claude Le Sage

Pour celles et ceux qui aiment les contes.

Publié(e) par 8 février 2012 à 18:33 2 Commentaires

Bonjour les Colibris,

Une suggestion pour toutes celles et tous ceux qui s’intéressent aux contes et surtout (surtout !) aux enseignements que l’on peut en tirer, je propose la démarche suivante : consultez le site

http://www.henrigougaud.fr/site/index_home.html

cliquez sur la rubrique « CONTES », puis, en haut à droite, cliquez sur « Inscrivez-vous », remplissez la rubrique…

Continuer

A méditer...

Publié(e) par 6 février 2012 à 18:30 1 Commentaire

Qu'est-ce donc qui peut nous guider ?

Extraits des pensées de Marc-Aurèle

Le temps de la vie de l'homme, un instant ; sa substance, mouvante ; ses sensations, vagues ; l'assemblage de tout son corps, facilement…

Continuer

Matière à réflexion...

Publié(e) par 6 février 2012 à 18:00 0 Commentaires



Réenchanter le quotidien.

du livre d’Anne Ducrocq :

Petite anthologie spirituelle pour réenchanter le quotidien (Albin Michel –2011).

 Extraits …

Continuer

Juste pour rire : une petite satire !

Publié(e) par 4 février 2012 à 19:00 1 Commentaire

Eloge de la banane.

« On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. »

(Pierrre Desproges)

Modèle avec antenne et micro incorporés.…

Continuer
 
 
 

© 2019   Créé par cyril colibris.   Sponsorisé par

Badges  |  Signaler un problème  |  Conditions d'utilisation