00:31, et toujours pas envie de dormir.

Trop de choses dans la tête, encore, et toujours.

Concernant cette vie, la mienne, la votre, celle de ce monde, de cet univers et de tout ce qui nous échappe.

 

Désespérement besoin de sens, alors qu'il se dérobe sans cesse.

Pourquoi ce besoin , a priori peu partagé ? Pourquoi toujours vouloir comprendre et résoudre ?

 

Pourquoi pendant que certains s'offusquent, réagissent, mobilisent, d'autres laissent glisser...

Colibris d'un côté, et Colverts de l'autre ? Non, ça serait trop simple. Je n'ai pas une approche dichotomique du monde, sauf les jours de grande fatique ( une pensée pour Renaud et son titre "Fatigué" qui me sied si bien dans ces moments là).

 

A quoi bon s'évertuer alors que tout semble vicié ?

Bon sang ! Serais-je en train de me résigner ? Bien sûr que non... mais on n'est jamais à l'abri d'un p'tit coup de pompe face à la folie de l'existence, et on dirait bien que c'est pour ce soir.

 

Toujours habitée par les mêmes forces antagonistes : la puissance créatrice, et sa jumelle destructrice.

Le yin et le yang se bagarrent au lieu de s'équilibrer. Comment faire le lien entre elles deux ?

Une amie m'a vivement conseillé la lecture d' un livre intitulé "La part d'ombre du chercheur de lumière" , qui d'après elle répond à cette équation. Je crois que je vais l'acheter demain, parce que j'en ai vraiment besoin.

 

00h45, fin du billet d'humeur, et début de l'insomnie d'un colibri fatigué.

 

Jamais une statue ne sera assez grande

Pour dépasser la cime du moindre peuplier

Et les arbres ont le coeur infiniment plus tendre

Que celui des hommes qui les ont plantés

Pour toucher la sagesse qui ne viendra jamais

Je changerai la sève du premier olivier

Contre mon sang impur d'être civilisé

Responsable anonyme de tout le sang versé


Fatigué, fatigué Fatigué du mensonge et de la vérité

Que je croyais si belle, que je voulais aimer

Et qui est si cruelle que je m'y suis brûlé

Fatigué, fatigué


Fatigué d'habiter sur la planète

Terre Sur ce brin de poussière, sur ce caillou minable

Sur cette fausse étoile perdue dans l'univers

Berceau de la bêtise et royaume du mal

Où la plus évoluée parmi les créatures

A inventé la haine, le racisme et la guerre

Et le pouvoir maudit qui corrompt les plus purs

Et amène le sage à cracher sur son frère, fatigué

Fatigué de parler, fatigué de me taire

Quand on blesse un enfant, quand on viole sa mère

Quand la moitié du monde en assassine un tiers

Fatigué, fatigué


Fatigué de ces hommes qui ont tué les indiens

Massacré les baleines, et bâillonné la vie

Exterminé les loups, mis des colliers aux chiens

Qui ont même réussi à pourrir la pluie

La liste est bien trop longue de tout ce qui m'écoeure

Depuis l'horreur banale du moindre fait divers

Il n'y a plus assez de place dans mon coeur

Pour loger la révolte, le dégoût, la colère


Fatigué, fatigué

Fatigué d'espérer et fatigué de croire

A ces idées brandies comme des étendards

Et pour lesquelles tant d'hommes ont connu l'abattoir

Fatigué, fatigué

 

Je voudrais être un arbre, boire à l'eau des orages

Pour nourrir la terre, être ami des oiseaux

Et puis avoir la tête si haut dans les nuages

Pour qu'aucun homme ne puisse y planter un drapeau

Je voudrais être un arbre et plonger mes racines

Au coeur de cette terre que j'aime tellement

Et que ces putains d'hommes chaque jour assassinent

Je voudrais le silence enfin et puis le vent


Fatigué, fatigué

Fatigué de haïr et fatigué d'aimer

Surtout ne plus rien dire, ne plus jamais crier

Fatigué des discours, des paroles sacrées


Fatigué, fatigué

Fatigué de sourire, fatigué de pleurer

Fatigué de chercher quelques traces d'amour

Dans l'océan de boue où sombre la pensée


Fatigué, fatigué

 

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Commentaire de ColibrisNath le 30 décembre 2011 à 11:04

Bonjour à tous

Je comprends aussi vos questionnements, la souffrance au travail je connais cela ... 

J'ai vécu des situations difficiles et  la 'reconstruction' demande souvent du temps... J'ai des idées, mais je ne parviens pas à me lancer ...

Depuis la naissance de mon fils, il y a 9 ans,  j'ai quitté un secteur technique, pour plus d'humain, de créativité  en me formant souvent de façon informelle...

Je suis maintenant 'précaire', je tatonne et n'ai pas rencontré plus' d'humanité' pour autant! 

Je cherche toujours ...

Faut-t il  ouvrir un groupe 'se lancer dans un projet à son compte ' ?  Peut-être pourrait on trouver des pistes et des 'moteurs' ?  

Commentaire de Elodie BLOT le 30 décembre 2011 à 10:53

Je veux les deux ! le confort de la couette et l'air du grand large ! C'est sans doute ça le problème :)

Commentaire de Azza le 30 décembre 2011 à 9:41

OUI, IDEM sur toute la ligne comme tu dis !!!! En effet, Amans, on n'a pas toujours la possibilité de "négocier", en tout cas ni Elodie ni moi ! De toute façon, ça suppose d'avoir un projet bien construit, ce qui n'est pas notre cas. Manifestement, les chèvres ne sont pas la solution....

Commentaire de Elodie BLOT le 30 décembre 2011 à 8:54

Azza, je souris, car idem sur tte la ligne. Jaurais d'ailleurs de quoi te dire sur les chèvres !! car j'ai un peu avancé, puis reculé, puis avancé ....

Commentaire de Elodie BLOT le 30 décembre 2011 à 8:51

Amans, je suis fonctionnaire... ce qui change la donne et les dispositifs. :( J'ai déjà étudié bcp de possibilités, et aucune n'était viable, d'autant moins en étant maman. Si j'étais seule, je prendrais d'autres risques je pense, mais ce n'est pas le cas...

Commentaire de amans le 29 décembre 2011 à 23:48

...pardonnez-moi si je suis un peu pied dans le plat, mais pour toutes celles et ceux qui sont dans ce genre de cas que vous décrivez, pourquoi ne pas essayer de négocier un licenciement ou un renvoi, et profiter des ressources ainsi libérées (argent - pour le moment il y a encore des aides sociales, ça n'est pas que pour les désespérés, surtout si on est dans la perspective d'un projet qui les rend cohérentes à nos yeux - et surtout du temps libre !) ? de quoi avons-nous peur au fond ? la vie est courte et belle !

On a de toutes façons besoin de beaucoup de temps et de disponibilité d'esprit pour parvenir à rêver / définir / engager / épanouir une activité qui nous satisfasse pleinement et qui ait un véritable sens social, dans un monde aussi changeant et complexe que le nôtre...

Commentaire de Azza le 29 décembre 2011 à 23:38

Je suis comme toi.

J'ai adoré mon métier, intellectuellement intéressant il y a encore qlq années, mais qui l'est de moins en moins et dont les conditions d'exercice sont devenues exécrables. Le travail est peu à peu devenu souffrance. Pour ma part et pour l'instant, j'ai très provisoirement "dégagé en touche" pour suivre mon conjoint (qui n'a pas non plus une activité comment dire "écologiquement raisonnable" soit dit en passant). Toutefois, ça ne me satisfait pas et quand je pense au retour, je suis malade par avance rien qu'à penser au rythme de vie idiot et absolument dénué de sens qu'il s'agira de retrouver. C'est la raison pour laquelle je me pose VRAIMENT la question "que faire?" Comme toi je n'ai aucun don pour le commerce et n'aime que des choses "pas commerciales"  : Dans la société où nous vivons c'est une tare voire un handicap (lol!). Je tourne donc en rond, comme toi. De plus, là où l'on vit en ce moment,c'est pire qu'ici en ce qui concerne la prise de conscience des questions fondamentales que sont l'écologie, la planète etc...Quant à nos compatriotes qui vivent làs-bas : c'est pire que tout : nos discussions leur sembleraient des élucubrations d'extra-terrestres !

Bref, rien de bien réjouissant.

Comment en sortir ? Peut-être que ce qu'ils appellent la crise précipitera une évolution favorable des choses ? Une amie qui connait bien l'Asie et résonne comme le font ses habitants, me dit que la solution se présentera en temps utile, sans que je m'y attende. En attends, je ne suis pas non plus du genre à attendre "que ça tombe du ciel" , sans être capable de trouver une issue.

Je suis souvent tentée par les projets du genre "élever des chèvres sur le Larzac"...mais je n'ai aucune connaissance en la matière et ma moitié est trop citadine. En attendant, je continue de tourner en rond....

Bonne nuit.

Commentaire de Elodie BLOT le 29 décembre 2011 à 19:27

Azza, je suis un bon exemple de ce que tu évoques : je memaintiens ds un emploi qui, sans être insupportable, ne m'épanouit guère, et je ne parviens pas à me lancer ds une activité indépendante qui me corresponde, faute de moyens. Il faut dire aussi que j'ai le chic pour avoir des idées peu rémunératrices. Je ne suis vraiment pas une business woman. Du coup, je suis effectivement plutôt malheureuse au travail mais je ne me plains pas de ma situation qui reste privilégiée au regard de tant d'autres. Ce qui me prend la tête, c'est de ne pas parvenir à élaborer LE bon projet, celui qui me permettra de trouver ma place et d'avoir une activité quotidienne en harmonie avec mes convictions. Je tourne en rond sur ce point, malgré mes diverses réflexions et démarches. C'ets sans doute que je ne suis pas prête...

Commentaire de Azza le 29 décembre 2011 à 10:15

Bonjour les colibris,

A Elodie: on cherche tous du sens, seulement certains se posent moins de questions que nous et supportent plus ou moins bien la violence de cette société d'argent.

En tout cas, tu n'es pas la seule ! On passe tous plus ou moins par les mêmes interrogations. Pour ma part, je pense que c'est très lié à la question du travail : lorsqu'il perd de son sens alors que l'on nous force à travailler pour produire et polluer toujours plus, on est en droit de se demander pourquoi tout ça ? Ca n'a pas de sens ! On perd notre vie à essayer de la gagner : c'est absurde. Je pense que la contradiction entre nos aspirations profondes et ce qu'on nous oblige à faire est facteur de déséquilibre et de malaise.

En tout cas, il y a au moins ce réseau pour en parler et se sentir moins seul, c'est déjà ça.

Bises

Commentaire de amans le 28 décembre 2011 à 4:19

Bonsoir !

oui non ça c'est pas flatland notre terre où nous les êtres de chair habitons avec nos corps subtils et nos paroles la mince couche de terre fertile, drair respirable et d'eau et d'océan dans la lumière du jour, vie qui s'étale autour d'une formidable pierre, planète qui danse parmi les galaxies où il n'y a ni haut ni bas

tout est dans tout et tout change tout le temps avec le jeu d'équilibres des énergies dans la nature et dans nous non ?

oui je suis désolé si j'ai pu dire autre chose que ça (juste que cette image d'au-dessus qui génère et d'en-dessous ne me parle pas, ne me met pas en joie, j'ai l'impression de vivre les choses autrement) - désolé, si j'ai pu vouloir imposer ma pierre plutôt que de partager mon rêve - ou manquer d'humour ?

alors, pardonne-moi laurent, j'ai du mal m'exprimer, je ne voulais certes pas créer de conflit absurde insolvable ni encore moins douloureux ! et je tâcherai de ne pas l'entretenir...

mais je n'avais pas lu en fait cette réponse arrivée peu avant - j'aime beaucoup l'image d'alain et comment tu la portes aussi, nous appelant à ouvrir grand la brèche "au sein de la toile tissée par notre ignorance".

merci pour cette vision d'une toile qui se déchire, je l'embrasse volontiers

amitié

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