2 sites aborigènes vieux de 7000 ans

Dans un article publié le 1er juillet 2020 dans la revue PLOS ONE, une équipe d'archéologues internationale rapporte avoir enfin identifié dans le pays, à 160 mètres au large et 2,5 mètres de profondeur, les deux premiers sites préhistoriques sous-marins en Australie !

Situés dans l'archipel Dampier, un groupe d'îles situés au large de la ville de Dampier, à l'ouest du pays, ils sont figés dans ces fonds marins peu profonds depuis au moins 7.000 ans. "Peut-être bien plus" pour Jonathan Benjamin, l'un des archéologues à l'origine de leur découverte et premier auteur de l'étude parue ce jour. 

Près de 300 artefacts de pierre encore intacts y ont été répertoriés par les plongeurs-archéologues. Parmi eux, des couteaux, des haches ou encore des mortiers, témoins ancestraux d’une activité humaine associée à la production de nourriture. "Nous avons été surpris de constater que la plupart de ces objets restaient encore très tranchants, alors que nous pensions que la mer aurait fait son travail. Même avec les marées, ils n’ont pas bougé, ils sont restés dans une chaîne stable posés au fond de l’eau", s’étonne encore Jonathan Benjamin. Mais si ces outils dormaient sagement sur le sable à quelques dizaines de mètres de la côte, pourquoi ne pas les avoir trouvé plus tôt ? "Pour un plongeur sportif qui n’est pas familier de ce genre d’artefacts anciens, il est difficile de les différencier de simples cailloux. Quant aux archéologues sous-marins, ils ont tout simplement une grille de lecture différente de la discipline en Australie", explique le spécialiste. 

Car si l’archéologie sous-marine est pratiquée dans le pays depuis les années 1960, elle n’a consisté jusqu’ici qu’à localiser des épaves de bateaux coloniaux des 17e et 18e siècles. Jamais des sites préhistoriques, ou plutôt, anciens aborigènes. "Ne l’oublions pas, les Australiens indigènes sont arrivés avant les premiers sapiens en Europe." Ces fouilles sous-marines, ce sont aussi les Aborigènes d’aujourd’hui qui les ont réclamées. Aujourd’hui, la cinquantaine d’outils remontée des eaux est entre leurs mains et vient s’ajouter à leur patrimoine culturel. 

Malheureusement, il est extrêmement difficile de dater ces deux sites avec précision. Pour déterminer leur âge minimum — de 6.000 à 7.000 ans donc —, les chercheurs se sont appuyés sur les datations d’autres sites terrestres à proximité et sur celle, réalisée au carbone 14, de coquilles de mollusques trouvées aux côtés des artefacts. "En plus de ces données, nous avons estimé avec des géologues que la plage désormais sous l’eau (celle qu’ont peuplée ces anciens Hommes) s’était formée il y a 125.000 ans environ." De fait, entre 6.000 et 125.000, la fourchette est grande… "Ces individus pourraient très bien avoir taillé ces pierres il y a 60.000 ans", suppose Jonathan Benjamin.

Cette découverte, Jonathan Benjamin la voit comme une porte ouverte sur l’avenir de l’archéologie sous-marine : "Non seulement nous avons la preuve qu’en se basant sur la cartographie d’avant la fin de la période glaciaire, lorsque le niveau de la mer n’était pas aussi haut, nous pouvons localiser ces foyers, mais nous réalisons ici que la mer n’abîme en rien ces sites, comme nous l’avions toujours cru. Elle les met au contraire sous vitrine."

BENOIT

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Commentaire de JF@ le 3 juillet 2020 à 7:11
Commentaire de JF@ le 3 juillet 2020 à 7:11

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