Les forces de l'ordre avaient délogé à la mi-journée la quasi-totalité de la quarantaine de militants de Greenpeace qui bloquaient depuis mercredi à l'aube l'accès au siège d'EDF à Paris pour dénoncer la fuite en avant financière du groupe, a indiqué l'ONG de défense de l'environnement !

Les militants ont été évacués, l'un d'entre eux a été malmené, blessé et évacué par les pompiers, a déclaré à l'AFP Cyrille Cormier, un porte-parole de l'organisation. Seuls deux grimpeurs suspendus depuis plusieurs heures à la façade en verre de l'immeuble sont encore en place, a précisé à midi l'ONG. Certains militants ont été emmenés par les forces de l'ordre, d'autres laissés libres, a-t-on précisé. L'action de Greenpeace avait débuté dès 6h00 du matin avenue de Wagram au siège de l'énergéticien et s'était déroulée dans le calme, a constaté une journaliste de l'AFP. A partir de 10h30', les forces de l'ordre ont d'abord délogé des militants assis, enchaînés entre eux et à des fûts de couleur jaune et lestés, barrant l'accès à la cour de l'immeuble.

Dans un communiqué, EDF a annoncé qu'il portera(it) plainte contre Greenpeace suite à cette action. Le groupe dénonce l'agression violente organisée par l'ONG et les propos mensongers proférés à cette occasion. Avant le lever du jour, des camions avaient déposé deux structures métalliques en forme d'arc de cercle qui ont ensuite été dressées devant l'entrée de l'immeuble et jointes l'une à l'autre. Ces deux structures formant un demi-cercle barré du mot faillite empêchaient l'accès à l'immeuble où travaillent quelque 700 salariés. Parallèlement, des grimpeurs avaient surgi du toit du bâtiment et lentement descendu la façade en rappel pour déployer une banderole indiquant: 74 milliards de dette et, avec le nucléaire, c'est pas fini, une phrase présentée comme une déclaration du PDG Jean-Bernard Levy.

EDF doit arrêter sa fuite en avant : l'entreprise est dans une situation de quasi-faillite, sa dette s'élève à 74 milliards d'euros, et son PDG veut investir pour prolonger la vie des centrales en France et en construire d'autres ailleurs, mais ils n'en ont pas les moyens, a déclaré à l'AFP Cyrille Cormier, chargé du dossier Energie au sein de l'ONG. Après l'évacuation d'un militant sur une civière, le porte-parole a tenu à rappeler que les actions de Greenpeace étaient non-violentes. Nous n'agressons personne ni verbalement ni physiquement, a-t-il assuré, en soulignant que des membres de Greenpeace étaient chargés sur place de dialoguer avec les forces de l'ordre.

Greenpeace soutient qu'EDF n'a pas les moyens financiers de faire face à la fois aux travaux de renforcement de la sécurité des centrales (programme de grand carénage) et à de nouveaux chantiers comme l'EPR au Royaume Uni. L'organisation affirme aussi, sur la base d'un récent rapport commandé au cabinet AlphaValue, que les provisions pour le futur démantèlement des centrales et le traitement des déchets est très insuffisant. Une plainte pour délits boursiers a été déposée fin novembre auprès du parquet national financier contre EDF et son PDG par l'ONG. Mais EDF conteste les évaluations de Greenpeace et a déposé une plainte pénale pour diffusion d'allégations mensongères.

L'ONG estime aussi que le groupe est fragilisé par des anomalies techniques sur son parc de réacteurs. A la suite du repérage d'une anomalie sur des générateurs de vapeur, EDF a été contraint ces derniers mois de faire des tests sur 18 réacteurs. Sept de ces réacteurs ont pu redémarrer et sept autres ont obtenu le feu vert de l'Autorité de sûreté nucléaire pour le faire. L'entreprise fait fonctionner 58 réacteurs en France qui fournissent environ 75% de l'électricité dans l'Hexagone.

AFP

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Commentaire de JF@ le 15 décembre 2016 à 6:37
Commentaire de JF@ le 15 décembre 2016 à 6:34

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