Le bio s'est installé dans nos quotidiens comme le choix durable pour préserver sa santé. Mais savons-nous vraiment tout ce qu'il se cache derrière cette étiquette ?

Laurence Mazziotta, diététicienne et nutritionniste interrogée dans le cadre de l'étude l'affirme : il ne faut pas se faire avoir par les arguments marketing. Certains aliments, comme les yaourts, mettent en avant leur teneur en probiotiques et en ferments efficaces contre la prolifération bactérienne dans l'intestin. Mais le fait est que tous les yaourts en contiennent, ils n'en font simplement pas un argument de vente. Les slogans publicitaires et les stratégies marketing ont tendance à exacerber des vertus qui sont finalement très banales et surtout très éphémères. Il s'avère que ces probiotiques fantastiques pour le transit intestinal ne se multiplient pas dans l'organisme et disparaissent en seulement quelques jours. Le mieux pour soigner sa flore reste encore de consommer des aliments naturels et riches en fibres.

Ce qui attire dans le bio c'est le côté naturel, sans OGM, sans pesticides, 100% bon pour le corps. Ce qui est vrai dans les faits, d'autant plus que le recours à une agriculture traditionnelle est bien meilleure pour l'environnement. Seulement le bio n'a de réel impact environnemental que s'il est issu de l'agriculture locale. Un produit bio arrivé par cargo dans le cadre d'un import de marchandise a participé à l'émission de CO2. Si vous avez le choix entre un aliment non bio qui a été fabriqué en France et un produit bio qui a participé à augmenter notre empreinte carbone, l'experte recommande de choisir le premier. Les baies de goji, le quinoa et les graines de chia sont certes excellents pour la santé, mais non nécessaires. Leurs apports nutritionnels ne compensent pas les émissions de gaz à effet de serre qui découlent de leur importation, ni l'impact que la surproduction, liée à la forte demande à travers dans le monde, a sur les territoires où ils sont cultivés.

Et si on prête un peu plus attention à la composition, certains ingrédients comme l'huile de palme ou de coco sont issus de la déforestation massive, tandis que d'autres sont extrêmement gourmands en eau. "Ainsi, 2,5 avocats nécessitent 1000 litres d’eau, asséchant ainsi des territoires déjà arides en Amérique du Sud." Il est donc mieux de privilégier local, mais aussi plus simple. Ces super aliments en vogue qui lutteraient contre tous les maux peuvent très bien être remplacés par des agrumes, des poivrons et une hydratation quotidienne pour éradiquer tout aussi aisément un bon nombre de symptômes.

Et si au lieu de vous aider à être en meilleure santé ces produits vous mettaient en danger ? Les aliments diététiques, consommés trop régulièrement peuvent entraîner des effets inverses à ceux recherchés lorsque nous les consommons. Un sportif qui se nourrirait exclusivement de barre de protéines par exemple pourrait voir son taux de calcium chuter ou encore voir apparaître des problèmes de filtration au niveau de ses reins. En ce qui concerne le bio, outre la question environnementale, un problème d'éthique se pose. Selon une enquête menée par 60 millions de consommateurs en 2019, les salariés du bio souffrent de conditions de travail déplorables (dans des locaux sans eau ni électricité) pour des salaires de misère.

Médecins du monde épingle régulièrement ces comportements incompatibles avec le merchandising qui est fait des produits bio. La réponse la plus simple à ce problème : consommer ce qu'il y a près de chez nous.

Ayo Barro

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Commentaire de JF@ le 15 août 2020 à 7:22
Commentaire de JF@ le 15 août 2020 à 7:21

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