Un additif utilisé pour produire de la neige artificielle peut présenter des dangers pour la santé et pour l’environnement !

Cet avertissement provient de Carmen de Jong, professeure en hydrologie à l’Université de Strasbourg. Dans SonntagsBlick, elle pointe du doigt un produit nommé Snomax. Son producteur et ses utilisateurs, eux, assurent qu’il n’est pas nocif. Snomax permet de cristalliser l’eau en neige à une température plus élevée. Il contient des bactéries inactivées nommées «Pseudomonas syringae». «Je reçois des annonces de personnes travaillant avec ce produit et qui rencontrent des problèmes de santé, précise Carmen de Jong. Ceux qui le manipulent doivent se protéger.» La bactérie n’est plus vivante, mais la chercheure ajoute qu’elle sert de nourriture à d’autres bactéries pathogènes, qui peuvent se multiplier. Les risques d'une exposition directe seraient notamment des réactions inflammatoires et des allergies des voies respiratoires ou de la peau.

Le danger est qualifié de «nul à négligeable» pour les skieurs par l’agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail. Celle-ci relevait aussi, en 2008, un risque «négligeable à faible» pour les professionnels. Et si Snomax ne présentait pas à ses yeux de toxicité pour l'homme, elle soulignait dans la foulée que de nouvelles études devaient être menées, notamment pour confirmer la stérilité du produit (ses conclusions étant en partie basées sur cette hypothèse). En outre, les tests menés sur des cobayes exposés au Snomax étaient jugés insuffisants «pour conclure avec certitude à l’absence de réaction allergique ou immunitaire». Elle recommandait elle aussi aux professionnels de porter des protections et de limiter les interventions sur les enneigeurs en fonctionnement. Carmen de Jong appelle également à la réalisation de nouvelles études. Elle s’inquiète surtout du danger pour l’environnement: «Les bactéries peuvent se retrouver dans la neige et dans l’eau de fonte à une concentration 1 million de fois plus forte que dans la nature. Elles peuvent attaquer et détruire les cellules d’au moins 400 espèces de plantes.»

Snomax n’est plus produit en France. Il est interdit dans certaines régions allemandes, en Autriche et au Liechtenstein. En Suisse, il est commercialisé par la firme SMI Snow Makers AG, qui mentionne plusieurs stations parmi ses clients. La plupart, toutefois, contestent son utilisation. «Nous ne l’employons plus depuis 2007, explique Arthur Clivaz, directeur général du domaine skiable Crans-Montana-Aminona. Nous avons rénové notre réseau d’enneigement mécanique et n’utilisons plus que de l’eau. Les nouveaux canons permettent une production de neige à une température marginale sans adjuvant.» Interrogé par SonntagsBlick, le patron des remontées mécaniques de Zermatt évoque uniquement une utilisation «ponctuelle». Markus Hasler nous renvoie à un rapport publié par la firme SMI Snow Makers AG et réalisé par le Professeur Richard Braun. Daté de 1998, celui-ci relève que «Snomax est produit à partir de microorganismes inactivés et sans danger pour les hommes, les animaux et les plantes». Diverses études y sont citées. Marco Bieri, de SMI Snow Makers AG, souligne aussi dans la presse dominicale que son produit permet d’utiliser moins d’eau, d’énergie et de diesel. Quant aux dangers, il n’y a pas à en discuter: «J’ai bu la poudre avec de l’eau à plusieurs reprises», assure-t-il.

Selon Carmen de Jong, la question est plus générale. Avec le réchauffement climatique, l’utilisation de neige artificielle à des températures plus élevées devient toujours plus problématique: «Du coup, on essaie d’utiliser (dans le monde entier) d’autres substances pour optimiser la cristallisation de l’eau en neige, comme du pollen, du détergent ou des sels minéraux», conclut-elle.

TDG

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Commentaire de JF@ le 17 décembre 2015 à 10:29
Commentaire de JF@ le 16 décembre 2015 à 7:56

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