De nouvelles zones de fonds marins viennent d'être ouvertes à l'exploration !

L'Autorité internationale des fonds marins (Isa), affiliée à l'Organisation des Nations unies, a en effet délivré en début de semaine de nouveaux permis à des organismes privés et publics, qui pourront désormais chercher des minéraux précieux comme le manganèse, le cuivre ou l'or à des kilomètres de profondeur. C'est au niveau des dorsales océaniques que les ressources minérales seraient les plus importantes. Ces crêtes au fond de l'océan, dont remonte du magma entraînant un mouvement des plaques tectoniques, sont des sources volcaniques où la température et la pression sont extrêmement élevées. Là se forment ce qu'on appelle des nodules, des amas de roche de la taille de grosses pommes de terre, bénéficiant d'une concentration très forte en métaux précieux. Des matières premières nécessaires aux économies modernes et à la haute technologie pourraient en être extraites, notamment du cuivre, du manganèse, du zinc, de l'argent mais aussi de l'or. Déjà 6 000 kilomètres, soit 7,5 % de l'ensemble des dorsales océaniques, sont explorés. D'après des estimations, l'océan Pacifique abriterait 27 milliards de tonnes de nodules, comportant 290 millions de tonnes de cuivre et 340 millions de tonnes de nickel.

Les premières fouilles des fonds marins remontent aux années 60, mais grâce à l'avancée des technologies et à l'augmentation du cours des ressources minérales, l'exploitation est désormais à portée d'un grand nombre. Des engins télécommandés sont construits pour pouvoir creuser et collecter les roches à quelques kilomètres de profondeur. L'intérêt est croissant, explique Michel Lodge, de l'Isa, à la BBC : "La plupart des organismes (ayant obtenus les derniers permis) sont des entreprises commerciales qui espèrent lancer l'exploitation dans peu de temps." En effet, certains pays comme l'Inde, la Russie, le Brésil ou encore l'Allemagne se sont vu attribuer des autorisations, mais également des entreprises privées comme UK Seabeb Resources, une filiale du géant américain de la défense Lockheed Martin ; Ocean Mineral Singapour, filiale de Keppel Corporation ; ou encore la Cook Islands Investment Corporation. Ce sont 1,2 million de kilomètres carrés, soit plus de deux fois la superficie de la France, qui sont explorés.

À qui va profiter cette exploration ? L'Isa souhaite mettre en place un système de royalties pour redistribuer au niveau mondial la richesse tirée des fonds marins situés en eaux internationales, et éviter que l'exploitation ne bénéficie qu'à certains grands groupes. Une grande partie des zones prometteuses se situent dans l'océan Pacifique, ce qui représente une opportunité incroyable d'enrichissement et de croissance économique pour les îles dont dépendent certains de ces espaces maritimes. Les premiers permis d'exploitation pourraient être attribués dans les prochaines années. Le projet Solwara 1 de Nautilus Minerals devrait être le premier à être lancé. La Papouasie-Nouvelle-Guinée, dont dépend la zone située dans la mer Bismarck, est devenue actionnaire à 15 % du projet. La Nouvelle-Zélande a, elle, refusé le projet de la New Zealand's Trans Tasman Resources. Le Territoire du Nord, en Australie, interdit l'exploitation des fonds marins jusqu'en 2015, notamment parce que les zones convoitées sont des lieux sacrés pour les Aborigènes, propriétaires historiques de cet espace. Mais cela pourrait être renégocié prochainement.

Reste une question à résoudre : celle de l'environnement. Malheureusement, près des sources hydrothermiques des dorsales océaniques, il y a non seulement des ressources minérales, mais cet environnement unique est aussi habité par des espèces endémiques et rares. Greenpeace, dans un rapport de juillet 2013, l'Isa dans ses études, mais aussi l'entreprise minière canadienne Nautilus Minerals estiment que l'exploitation des fonds marins aura des conséquences néfastes pour l'environnement. Des espèces vivant dans ces zones (en profondeur et à la surface) pourraient en effet disparaître à cause des déchets (pierre et eau contaminée) rejetés, comme l'explique Rick Steiner, ancien professeur de l'université d'Alaska, spécialiste de la protection de l'environnement marin.

Pour limiter l'impact sur l'environnement, des modalités d'exploitation sont donc en cours de négociation et l'Isa devrait élaborer un protocole à respecter.

DESRAYAUT

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Commentaire de JF@ le 25 juillet 2014 à 8:32

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