La presse canadienne appelle ça la "crise ferroviaire" !

Et le Premier ministre Justin Trudeau a été contraint, à la toute dernière minute dimanche 16 février au soir, d’annuler un voyage officiel aux Caraïbes. Il a préféré convoquer une réunion d’urgence avec ses ministres cet après-midi et trouver une solution face au blocage. Parce qu’en l’espace de quelques jours, les militants amérindiens des tribus autochtones ont érigé des barrages un peu partout au Canada. Essentiellement sur les voies de chemin de fer, et aussi sur certaines routes, en Colombie-Britannique sur la côte ouest, dans le Manitoba, dans le centre du pays, à l’est au Québec, en Ontario, dans le Nouveau-Brunswick ; et même sur le célèbre pont des chutes du Niagara à la frontière avec les États-Unis. Plusieurs tribus sont mobilisées, notamment les Mohawk à l’est, et les Wet Suwet En à l’ouest. Dans un vieux western américain, on dirait que la diligence ne peut plus passer à cause des barrages des indiens.

C’est un projet de gazoduc qui a tout déclenché dans la province de Colombie-Britannique. Ce projet baptisé Coastal GasLink vise à transporter du gaz naturel liquéfié. Et il traverse les terres ancestrales des Wet Suwet En. Un accord a été passé avec plusieurs chefs de la tribu, pour qu’une partie des profits de l’exploitation gazière soit reversée aux Amérindiens. Mais la tribu est divisée. En son sein, nombreux sont ceux qui rejettent cet accord. Début février, ces opposants ont donc construit un premier barrage pour empêcher la construction du gazoduc. La police est intervenue, elle a arrêté plusieurs manifestants. La colère s’est propagée dans les autres tribus du pays, et les barrages ferroviaires, par solidarité, se sont multipliés sur tout le territoire.

Le problème, c’est que l’économie canadienne est très dépendante du transport par chemin de fer. Des usines se retrouvent à l’arrêt, des enfants ne peuvent plus aller à l’école, des hôpitaux s’inquiètent pour leur approvisionnement en médicaments, etc. Plusieurs centaines de personnes ont déjà été mises à pied dans les compagnies de chemin de fer, faute de pouvoir travailler. Une "crise ferroviaire" qui tourne à la crise politique parce que c’est un sujet emblématique. Justin Trudeau a fait de la réconciliation avec les peuples autochtones (4% de la population), une priorité de son mandat. Il ne veut pas que cela dégénère, d’autant que le Canada conserve en mémoire une situation similaire. Il y a trente ans, lors du drame d’Oka en 1990, un homme avait été tué après des affrontements avec les forces de l’ordre.

L’opposition en profite. Le dirigeant conservateur Andrew Scheer, battu lors des dernières élections, juge que l’enjeu énergétique est prioritaire, que l’économie canadienne est prise en otage. Et il appelle à une intervention musclée de la police. C’est donc une situation embarrassante pour Justin Trudeau. L’écueil, c’est que pour trouver une solution, il faudrait réformer la loi sur les peuples autochtones, et la façon dont sont régis leurs droits fonciers. Impossible à faire dans l’urgence.

FOUR

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Commentaire de JF@ le 19 février 2020 à 5:16
Commentaire de JF@ le 19 février 2020 à 5:16

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