Communication sismique des éléphants

Il est entendu que lorsqu’on pèse quatre tonnes, le plancher tremble sous nos pas !

Quand les éléphants s’enfuient face à un danger, ils font vibrer la savane comme un tambour sur un rayon de plusieurs kilomètres. Et quand ils poussent des vocalisations de très basse fréquence, sortes de gargouillements, elles se propagent dans le sol sur de grandes distances. Loin d’être inutiles, ces ­vibrations seraient perceptibles par leurs ­congénères et aideraient à la communication.

Dans la revue Current Biology du 7 mai, une équipe multidisciplinaire des universités d’Oxford et de Bristol, au Royaume-Uni, a ­annoncé être en mesure d’identifier le comportement des éléphants en écoutant les ­microséismes qu’ils engendrent. La biologiste Beth Mortimer a fait appel à ses collègues sismologues afin de modéliser la propagation des ondes dans le sol. Ils ont montré qu’il est possible de remonter à la source et de reconnaître, à distance, la marche rapide ou les gargouillements d’un pachyderme à partir des vibrations seules.


Evidemment, la distance de propagation dépend du type de sol. Les ondes voyagent mieux dans le sable tapé que dans la pierre. Les plus grandes distances de transmission mesurées par l’équipe lors de sa campagne au Kenya sont de 6,4 km pour les gargouillements et de 3,6 km pour un éléphant au trot. « La grande nouveauté, c’est d’étudier à la fois le type de comportement, le type de ­substrat et la présence de bruit ambiant, croit ­Sarah Bortolamiol, chercheuse associée au Muséum national d’histoire naturelle, à ­Paris. Ces aspects avaient été étudiés séparément, mais jamais ensemble. »

Ces travaux confirment aussi la vraisemblance d’une communication sismique chez les éléphants. Caitlin O’Connell-Rodwell, une spécialiste de l’université Stanford en Californie, écrivait il y a une dizaine d’années que les éléphants réagissent vivement à des signaux d’avertissement sismique lancés par leurs semblables. Les mastodontes se regroupent alors en formations plus denses et s’orientent vers l’origine de l’alerte. Ils reniflent, scrutent les alentours ou posent leurs genoux par terre, nerveusement. En revanche, si l’avertissement sismique provient d’un individu ­inconnu, ils y répondent beaucoup moins fortement.

Les éléphants vivent en hardes d’une dizaine d’individus, mais entretiennent des liens avec d’autres groupes.

https://www.cell.com/current-biology/abstract/S0960-9822(18)30420-2

Vues : 213

Les commentaires sont fermés pour ce billet

Commentaire de JF@ le 14 mai 2018 à 6:28
Commentaire de JF@ le 14 mai 2018 à 6:26

JF@

© 2020   Créé par cyril colibris.   Sponsorisé par

Badges  |  Signaler un problème  |  Conditions d'utilisation