Il mesure 90 cm de la tête au bout de la queue, les pavillons de ses oreilles sont « très larges », ses moustaches sont courtes, mais ses canines « très développées ». Le mythique ghjattu-volpe – « chat-renard » en corse – existe bel et bien !

Les agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), qui en ont identifié une quinzaine et marqué une douzaine, veulent désormais qu’il soit reconnu et protégé. Le petit animal roux pourrait être une nouvelle espèce de mammifères, de félin même, découverte en France, mais il faut attendre les résultats de la recherche génétique conduite par un laboratoire du CNRS lyonnais pour en être sûr. Pour l’heure, précise-t-on à la délégation Provence-Alpes-Cote d’Azur-Corse de l’ONCFS, « rien ne permet d’affirmer qu’il s’agit d’une nouvelle espèce ; cela pourrait être un croisement, peut-être avec un chat sauvage sarde, Felis silvestris », avance prudemment Eric Hansen, le directeur interrégional. Mais cela fait une dizaine d’années que l’observation du félin est en cours.

« Pour nous, l’histoire commence en 2008 par la capture inopinée d’un chat dans un poulailler d’Olcani, dans le Cap Corse », raconte Pierre Benedetti, qui lui a consacré plus de dix ans de sa vie. « Cet animal appartient à la mythologie de nos bergers. Ils racontaient que ces chats forestiers s’attaquaient aux mamelles de leurs brebis et chèvres. C’est à partir de ces récits, transmis de génération en génération, qu’on a commencé nos recherches », renchérit Carlu-Antone Cecchini. Un programme de recherche est lancé en 2008. Des « pièges à poil » ont permis en 2012 d’« établir son génome ». « On l’a distingué par son ADN du chat sauvage européen – Felis silvestris silvestris – et il se rapproche du chat forestier africain – Felis silvestris lybica –, mais son identité exacte reste à déterminer », indique Pierre Benedetti.

A mesure des avancées, des pièges photographiques puis des pièges physiques sont installés, avec des premières captures en 2016, « véritable cap de connaissances ». Les colliers GPS ont également montré les vastes déplacements de l’animal, jusqu’à 2 500 m d’altitude. Si des mystères demeurent, notamment quant à sa reproduction et son régime alimentaire, ce chat pourrait « être arrivé à l’époque de la deuxième colonisation humaine, qui remonte à 6 500 ans environ avant notre ère. Si cette hypothèse se confirme, son origine est moyen-orientale », avance Pierre Benedetti.

L’objectif de ce policier de l’environnement est que dans les deux à quatre ans à venir « ce chat soit reconnu et protégé ». « Au début, on nous prenait pour des fous, mais aujourd’hui quand on montre ce qu’on a comme données, les gens restent bouche bée, livre, satisfait, Carlu-Antone Cecchini. C’était un mythe, et aujourd’hui c’est une réalité. »

AFP

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Commentaire de JF@ le 15 juin 2019 à 6:25
Commentaire de JF@ le 15 juin 2019 à 6:24

JF@

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