Greenpeace s'inquiète du NUCLÉAIRE flottant

Le groupe d'énergie russe Rosatom a inauguré sa première unité, qui va alimenter un port sibérien !

C'est un navire pas comme les autres qui a levé l'ancre à Saint-Pétersbourg samedi 28 avril. L' «Akademik Lomonosov», une centrale nucléaire flottante, fait actuellement route vers Mourmansk. Dans ce port russe situé à proximité de la Finlande, ses deux réacteurs nucléaires de 35 mégawatts (MW) chacun seront chargés de combustible. Le bâtiment de 144 mètres de long sillonnera ensuite l'océan Arctique jusqu'à Pevek, petite ville de 5000 habitants et principal port russe de la mer de Sibérie orientale, où il sera raccordé au réseau. L'installation remplacera la centrale nucléaire de Bilibino et la centrale thermique de Chaunskaya, toutes deux en fin de vie.


Il s'agit d'une innovation mondiale qui a nécessité onze ans de travaux pour le russe Rosatom. Le premier exportateur de centrales nucléaires au monde a capitalisé sur la technologie qui équipe ses brise-glace à propulsion nucléaire. «Ces centrales flottantes sont conçues comme des systèmes autonomes, capables d'accéder à des territoires isolés pour alimenter des plateformes pétrolières, des zones militaires ou de petites villes» explique au Figaro la Société française d'énergie nucléaire (SFEN). Elles sont aussi beaucoup moins gourmandes en combustible que des centrales thermiques, ce qui pose moins de contraintes techniques.»

Le Canada s'intéresse à cette technologie pour électrifier ses provinces lointaines. La Chine aussi, qui y voit un substitut aux générateurs diesel pour alimenter ses plateformes pétrolières et gazières en mer. D'après l'agence China Energy Net Consulting, citée par le site Energeek, la production électrique reviendrait à 0,9 yuan le kilowattheure avec le nucléaire contre 2 yuans avec le diesel. L'association Greenpeace s'inquiète toutefois du risque d'accident pour ces installations de relativement petite taille, dépourvues d'enceinte en béton. «Cela revient à poser une centrale nucléaire sur une palette en bois et la laisser flotter sur des eaux particulièrement agitées» évoque l'ONG.


Pas de quoi faire douter Rosatom. Le constructeur planche déjà sur une nouvelle génération de centrales flottantes dont la barge sera plus courte et dont les réacteurs atteindront 50 MW. Ses concurrents chinois voient encore plus grand. China General Nuclear prépare un réacteur flottant de 200 MW et China National Nuclear Corporation, un autre de 450 MW. Quant à la France, elle a lancé en 2012 un projet de réacteurs immergés en partenariat avec Naval Group, EDF et le CEA. «La disponibilité d'une source froide illimitée permettrait d'optimiser le fonctionnement de la centrale, notamment en situation accidentelle», souligne la SFEN. Le programme, baptisé Flexblue, est néanmoins tombé aux oubliettes.

Plus largement, les centrales de petite taille SMR (Small Modular Reactors) font l'objet d'un intérêt croissant de la filière nucléaire mondiale. Facilement déployables, ils sont capables de démarrer rapidement pour répondre à des besoins ponctuels, par exemple pour compenser les creux de production des énergies renouvelables (éoliennes, fermes solaires). Mais ce marché reste marginal. D'après les projections de l'OCDE, les SMR représenteront moins de 20% du parc nucléaire d'ici 2050.

Lestavel

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Commentaire de JF@ le 11 mai 2018 à 6:19
Commentaire de JF@ le 11 mai 2018 à 6:16

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