La communication non violente au quotidien...

Comment renforcer notre capacité à améliorer notre relation à autrui et à résoudre les différends dans un esprit de bienveillance ?

"Donner avec bienveillance est autant au bénéfice de celui qui donne que de celui qui reçoit"

Il s’agit d’un processus de communication et non d’une doctrine confessionnelle. Ce moyen de communiquer n’est pas dicté par la culpabilité, la peur, la honte ou le désir d’être payé en retour. La seule intention doit être de contribuer au bien-être de quelqu’un.

Il existe un langage et des interactions qui interfèrent avec notre capacité à donner avec bienveillance. On pourrait parler de "communication détonateur".

Heureusement il existe aussi le langage et les interactions qui renforcent notre aptitude à donner avec bienveillance et à inspirer aux autres le désir d’en faire autant. C’est la "communication non violente".

La communication détonateur

La critique

Une des formes de communication détonateur est la critique impliquant que l’autre a tort ou qu’il est mauvais. Par exemple : "Ton problème, c’est que tu es….". Ce type de critique comprend les insultes, le reproche, le dénigrement, les diagnostics et les jugements. Il sous-entend toujours un "tu devrais" : la cible de la critique ne "devrait pas" être telle qu’elle est.

Le déni de responsabilité

Un deuxième type de communication détonateur contient des termes qui nient que l’on a le choix ou qui impliquent que le sujet n’est pas responsable de ses pensées, sentiments et actions, tels que les mots "devoir" ou "falloir" dans des phrases comme : "Il y a des choses que tu dois faire, qu’elles te plaisent ou non.".

Nous refusons la responsabilité de nos actes quand nous en attribuons la cause :

  • Aux actions des autres (J’ai refusé de participer parce qu’il ne m’a pas demandé mon avis)
  • A de vagues forces impersonnelles (Je l’ai critiqué parce qu’il fallait que quelqu’un le fasse).
  • A nos antécédents psychologiques, notre état, un diagnostic ou à notre passé (je fume parce que je suis anxieux).
  • Aux diktats d’une autorité (J’ai menti au client parce que le patron m’a dit de le faire).
  • A la pression du groupe (J’ai bu parce que tout le monde buvait).
  • A une politique institutionnelle, des lois ou des règlements (Je mets des notes strictes à mes élèves parce que c’est la politique de l’établissement).
  • Au rôle attribué à un sexe, à un âge ou à une catégorie sociale (Je déteste aller au travail, mais j’y vais parce que je suis marié et père de famille).
  • A des pulsions incontrôlables (J’ai mangé ces chocolats parce que c’était plus fort que moi).

Les exigences

Elles constituent une troisième forme de communication détonateur. Ce mot "exigence" est employé pour désigner la demande ou requête qui, implicitement ou explicitement, fait planer sur celui auquel elle s’adresse la menace d’un blâme ou d’une punition au cas où il n’obtempérerait pas.

Les déclarations indiquant qui mérite une récompense ou une punition

Un langage associé au concept que certaines actions méritent récompense et certaines autres une punition. Exemple : "Il mérite d’être puni pour ce qu’il a fait".

La communication non violente

Elle focalise notre attention sur deux points :

1. Ce qui se passe en moi

  • Ce que j’observe (imagine, me rappelle) qui contribue (ou non) à mon bien-être
  • Ce que je ressens en relation avec ce que j’observe
  • L’énergie vitale (besoins, aspirations, souhaits, valeurs) qui génère mes sentiments

2. Ce que je demande pour me rendre la vie plus belle

Ce qui se passe en moi

Ce que j'observe

Une des composantes de la communication non violente consiste à faire une observation précise de ce qui augmente ou diminue notre bien-être. Cependant, il est important d’éviter de mêler des évaluations et des jugements à la description des faits. Une observation décrit une chose que nous voyons, entendons ou touchons. Une évaluation formule des déductions tirées de nos observations. Quand nous mélangeons l’observation d’un comportement et le jugement que nous portons sur lui, notre interlocuteur aura tendance à investir son énergie dans l’autodéfense et la contre-attaque plutôt que dans une compréhension bienveillante de ce que nous vivons. Ce qui ne signifie pas que la communication non violente exige que nous soyons parfaitement objectifs et que nous nous abstenions de juger les actes d’autrui, mais que nous séparions bien nos observations de nos évaluations.

Quand le comportement des autres nous déplait et que nous désirons les influencer pour qu’ils le modifient, ou que nous approuvons leur comportement et désirons-leur faire part de notre appréciation, je crois que nous avons intérêt à énoncer clairement ce à quoi nous réagissons sans y mêler aucune évaluation. La confusion des deux éléments entraine souvent des interprétations erronées et une attitude défensive.

Séparer les observations des évaluations nous aide également à penser et à parler de façon dynamique plutôt que statique. Nous nous créons beaucoup de problèmes en employant un langage statique pour faire face à un monde en perpétuel changement.

Pour conclure, je citerai Wendell JOHNSON dans « Vivre avec le changement » 1972 :

"Notre langage est un instrument imparfait, élaboré par nos ancêtres ignorants. C’est un langage animiste qui invite à parler de stabilité et de constantes, de similitudes, de normalité et de catégories, de transformations magiques, de remèdes instantanés, de problèmes simples et de solutions définitives. Mais le monde que nous essayons de symboliser avec ce langage est un univers de processus, de changement, de différences, de dimensions, de fonctions, de rapports, de croissance, d’interactions, de développement, d’apprentissage, de gestion, de complexité. Et cette non-correspondance entre notre monde en perpétuel changement et notre langage relativement statique fait partie de notre problème."

Vues : 257

Commenter

Vous devez être membre de Colibris pour ajouter des commentaires !

Rejoindre Colibris

Commentaire de Vincent de ROCHER le 23 avril 2012 à 20:14

Il y a plusieurs citations (exemples) de paroles exprimées...mais peut être l'absence de guillemets les rend invisibles. Je vais y remédier.

Commentaire de Pierre Girault le 22 avril 2012 à 18:26

Pratique intéressante. Je l'ai abordée plus ou moins lors de stages et autres séminaires, mais l'utiliser au quotidien n'est pas évident vu les réflexes que nous a donné l'éducation «traditionnelle». En y repensant, je crois bien l'avoir utilisée par écrit il y a peu et l'échange qui a suivi a effectivement été constructif!

D'ailleurs, j'aurai bien aimé lire dans l'article des exemples de conversations, dialogues de communication non-violente histoire de me rafraichir la mémoire.

© 2019   Créé par cyril colibris.   Sponsorisé par

Badges  |  Signaler un problème  |  Conditions d'utilisation