La communication non violente au quotidien...(suite)

Ce qui se passe en moi

Ce que je ressens

Les sentiments sont la deuxième composante de la CNV pour dire ce qui se passe en nous. Pour communiquer cela, il est bon que nous soyons conscients de ce que nous ressentons et pour le verbaliser, que nous développions un vocabulaire affectif. Cette communication est nécessaire à l’épanouissement de la confiance.

Nos sentiments fournissent des informations sur notre degré de bien-être. Certains témoignent de notre confort ou inconfort physique (j'ai froid, j'ai faim). Certains témoignent de notre degré de participation intellectuelle (je suis intéressé, je suis perplexe). Certains sentiments témoignent du degré de satisfaction ou d’insatisfaction de nos besoins (par exemple, quand ils sont satisfaits, nous pouvons nous sentir heureux, joyeux,etc. ; dans le cas contraire, nous pouvons nous sentir tristes, contrariés, etc.). Certains sentiments résultent de nos interprétations (par exemple, nous pouvons être en colère parce que nous avons jugé inconsidéré le comportement de quelqu'un ; ou honteux quand nous pensons que nous n'aurions pas dû faire telle ou telle chose).

Dans l'expression de nos sentiments, il est utile d'éviter les mots vagues et généraux qui ne décrivent pas clairement ce que nous éprouvons. Je pense à l'emploi d'expressions telles que "je me sens bien" ou "je me sens mal". Se sentir bien peut signifier être calme, joyeux, enthousiaste, etc. Se sentir mal peut signifier être inquiet, en colère, triste,etc. Nos sentiments servent de jauge indiquant si les évènements contribuent ou non à notre bien-être. S'ils sont en phase avec nos besoins et nos valeurs, nous sommes envahis de sensations agréables ; dans le cas contraire, des sensations pénibles qui nous incitent à faire le nécessaire pour prendre soin de nous.

L'énergie vitale

La prise de conscience et l'expression des besoins qui engendrent nos sentiments sont la troisième composante de la CNV permettant d'exprimer ce qui se vit en nous. Pour y parvenir, nous faisons suivre l'expression de nos sentiments de la description des besoins qui les engendrent.

Si nous ne sommes pas conscients du lien entre nos besoins et nos sentiments, nous limitons souvent la cause de ces derniers aux seules actions des autres. Ainsi, nous freinons notre développement qui dépend largement de la conscience de ce qui se passe en nous. Ne pas reconnaitre ce lien nous conduit à en vouloir à autrui et brouille la frontière entre nous et les autres. Leur reprocher nos sentiments provoque souvent leur culpabilité et diminue leur capacité à avoir des interactions bienveillantes à notre égard. Pour entretenir la conscience du lien de cause à effet entre ce qui se passe en nous et nos sentiments, la CNV recommande de faire suivre l'expression d'un sentiment de parce que je dans une formulation qui explicite que c'est ce qui se passe en nous qui engendre ce sentiment. Selon ce principe, nous pouvons dire "Je suis contrarié quand tu dis cela parce que j'aurais aimé que tu me comprennes autrement." Ou : "Quand tu es parti au milieu de la phrase, je me suis senti blessé parce que j'ai associé ton départ au souvenir que mon père n'avait jamais le temps de m'écouter."

Ces formulations attestent que nous acceptons la responsabilité de nos sentiments plutôt que de la reporter sur un tiers. remarquez la différence entre "Tu m'as déçu en ne venant pas ce soir" et "J'ai été déçu que tu ne viennes pas parce que je voulais parler de choses qui me préoccupent." dans le premier exemple, le sujet attribue la cause de ses sentiments uniquement à l'action de l'autre personne ; dans le second exemple, le sujet assume la responsabilité de ses sentiments.

Le principe de la motivation par la culpabilité consiste à apprendre aux gens qu'ils sont responsables des sentiments d'autrui. Ainsi, quand un père déclare : "Papa est malheureux que tu aies de mauvaises notes à l'école", il laisse entendre que sa peine dépend des actes de l'enfant. Du coup, celui-ci se sent coupable. A première vue, cette impression de responsabilité peut passer pour de l'affection : l'enfant est concerné par ce que vit son père et se sent coupable de sa souffrance. Cependant, s'il fait alors ce que son père désire son acte ne sera pas motivé par un élan du cœur, mais aura pour but d'échapper à la culpabilité.

La plupart d'entre nous n'ont pas été éduqués pour penser à leurs besoins. Mais, quand ces derniers ne sont pas satisfaits, on nous a plutôt appris à penser à ce qui ne va pas chez les autres. C'est ainsi que nous qualifions de paresseux un enfant qui n'accroche pas sa veste au portemanteau comme nous le désirons ou d'irresponsable un ouvrier dont le travail n'est pas conforme à nos attentes. Ces évaluations d'autrui sont des expressions indirectes de nos besoins insatisfaits. Elles risquent plus de provoquer la résistance et l’agressivité que de susciter le désir de satisfaire nos besoins.

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Commentaire de Perrine Coccinelle le 28 juin 2012 à 11:01
Merci de partager ces connaissances (que tu as du acquérir) elles nous servent a tous, et tu les partages gratuitement quand d'autres en font commerce, alors vraiment merci a toi sage Colibri!

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