Manque de transparence chez WWF France

C'est ce que reproche la Cour des comptes à l'association WWF France dans un rapport sorti le 23 avril. Le Cour des comptes a constaté "d'importantes défaillances" concernant les appels aux dons de l'ONG française !

Chaque année, WWF France relance son vivier de 220 000 donateurs. Elle tire plus de 60 % de ses revenus de la générosité du public. En 2016, elle a reçu 12,9 millions d'euros de dons et de legs. Cet argent permet à l'ONG d'accomplir ses programmes de protection de la nature et des espèces, mais aussi de sensibiliser le public aux enjeux environnementaux.


Dans son rapport, la Cour des comptes a constaté "deux importantes défaillances" nuisant à la bonne information des donateurs. La première concerne les messages d'appel aux dons. Ils sont centrés sur la protection d'espèces emblématiques. Mais ces dons "ne sont pas considérés par le WWF France comme étant spécifiquement affectés à la protection de ces seules espèces", note la Cour des comptes. Cet argent récolté sert également à financer "l'ensemble de ses programmes de protection de l'environnement (1ère mission sociale) et de ses actions de sensibilisation (2ème mission sociale)". Or, le rapport relève que les actions de sensibilisation représentent "40% des emplois en missions sociales".

WWF France a aussi commis une autre faute à cause "d'une construction erronée du compte d’emploi des ressources", selon les Sages de la rue Cambon. Cette erreur entraîne une minoration des frais de collecte et un gonflement artificiel des dépenses de missions sociales. "Le WWF France a en effet considéré, au cours de la période contrôlée, qu’une part majoritaire (64 %) des dépenses de marketing engagées pour les appels à dons (essentiellement les publipostages et les campagnes de street marketing) était à rattacher à la mission sociale de sensibilisation", rapporte la Cour des comptes. L’ONG considère en effet que "le texte des publipostages comme l’argumentaire des «face à face» auraient pour objet de sensibiliser les personnes contactées, quand bien même leur sollicitation ne se traduirait pas par un don", note le rapport.


Cette justification de WWF France n’est pas du goût de la Cour des comptes. D'ailleurs, le WWF France a reconnu que "la méthode appliquée avait pour effet de surestimer la part des emplois affectés aux missions sociales", explique la Cour des comptes. Résultat : la Fondation s’est "engagée à modifier sur une base objective la clé de répartition des fonds mobilisés pour les appels à dons". En attendant une nouvelle étude pour identifier la nature des emplois, WWF France a décidé d’appliquer une nouvelle répartition des dépenses de marketing : 75 % seront classées en frais de collecte et 25 % en dépenses relevant de la mission de sensibilisation.

D'autre part, la Cour des comptes a d’autres recommandations à destination de l’ONG. Elle souhaite que WWF France mette en concurrence "les prestataires intervenant dans les appels à dons et dans le traitement des dons". Elle lui recommande aussi de justifier "tout flux financier ou écriture comptable entre la Fondation et sa filiale EURL Panda" et de "porter à la connaissance du public la nature et le montant de ces opérations". La Cour des comptes voudrait aussi que l’ONG mette en place "un dispositif de contrôle et de maîtrise des risques incluant les volets financiers, opérationnels et déontologiques (prévention des conflits d’intérêts)".

Reste à savoir si le lien de confiance entre WWF France et ses donateurs sera altéré par ce rapport.

Baritaud

Vues : 131

Les commentaires sont fermés pour ce billet

Commentaire de JF@ le 25 avril 2018 à 6:50
Commentaire de JF@ le 25 avril 2018 à 6:47

JF@

© 2020   Créé par cyril colibris.   Sponsorisé par

Badges  |  Signaler un problème  |  Conditions d'utilisation