OURS polaires au Marineland d'Antibes

La polémique enfle autour de Raspoutine et Flocke, un couple d’ours polaires qui vit au Marineland d'Antibes (Côte d’Azur) !

Plusieurs associations militent pour les sortir de ce parc marin, le plus grand d’Europe, situé bien loin de la banquise, habitat naturel de cette espèce menacée. "Pour nous, la captivité de ces animaux est une maltraitance en soi", explique vendredi 19 juillet sur franceinfo, Pierre Robert de Latour, président de l'USEA (Undersea Soft Encounter Alliance) Orques Sans Frontières, l’une des associations qui milite contre la captivité de ces ours polaires à Marineland.

Ces ours polaires ne sont pas heureux au Marineland d’Antibes ?

Ils ne peuvent pas l’être. Pour nous, la captivité de ces animaux est une maltraitance en soi. Quand bien même ces animaux sont soignés, nourris et ne subissent pas de violence physique, que ce soit les ours blancs, les orques ou les dauphins, ils n’ont rien à faire dans des espaces aussi petits alors que ce sont des animaux qui sont faits pour parcourir des territoires de centaines de kilomètres carrés. Ils sont dans un enclos de 2 200 mètres carrés, c’est juste ridicule. Ils vivent dans des conditions qui sont très loin de leurs conditions naturelles, déjà au niveau de l’espace du territoire, ils ne peuvent pas assurer leur fonction de prédateurs. On leur donne de la viande, mais ils ne peuvent pas chasser. Et surtout la température, en plein été, imaginez-vous un ours blanc. Je n’arrive pas à m’exprimer sur mon dégoût, sur ma révolte à la simple idée que ces animaux puissent être gardés dans des endroits comme ceux-ci. On parle de températures autour de 40 degrés, ils ont l’habitude de vivre dans des températures négatives, sur la banquise, de chasser des phoques.

La direction dit qu’ils ont accès à une grotte de glace, une salle climatisée, un bassin d’eau à 14 degrés. Ça ne suffit pas ?

Cela ne peut pas reproduire ce qu’ils vivent dans leur élément naturel. Il n’y a qu’à voir leur comportement. Ils ont des comportements stéréotypés. Je me suis rendu personnellement avec un ami, Tony Meyer, au Marineland d’Antibes, l’année dernière très exactement. Tony Meyer est un Suédois, qui a l’habitude de rencontrer des ours blancs dans leur élément naturel. Devant ces ours blancs [de Marineland], j’ai vu ce grand gaillard pleurer de tristesse et de rage. Pour vous dire un peu l’émotion qui émane quand on a la chance de rencontrer ces animaux dans leur élément naturel et puis de les voir là. Alors effectivement, le public ne les voit que là, il ne peut pas le réaliser. Mais il faut absolument qu’il sache que ces animaux sont maltraités et qu’ils n’ont rien à faire dans ces endroits.

Ils participent à un programme de reproduction. Il en va peut-être de la survie de l’espèce ?

Non, pour moi c’est une sombre fumisterie. Ça ne sert à rien de garder un pôle génétique d’ours blanc si de l’autre côté on laisse l’Homme détruire son habitat naturel. Combien d’ours blancs ont été relâchés dans la nature pour repeupler certains endroits ? Aucun.

Ce programme de reproduction je n’y crois absolument pas. Ça a marché pour certaines espèces à certains endroits, ça ne marchera pas pour les ours blancs. Ce sont des prédateurs, ce sont des animaux qui transmettent leur culture, leur savoir de génération en génération. Si une mère ne peut pas apprendre à son petit à chasser, cette culture est perdue. Et cela ne sert à rien de conserver d’un côté la souche génétique, si d’un autre côté on ne peut pas l’utiliser pour repeupler un territoire. C’est absolument antinomique, ça n’a aucun fondement scientifique.

Vous voulez qu’on remette ces ours dans leur milieu naturel qui se dégrade, ou qu’on les transfère ?

Dans un premier temps, qu’on les transfère pour les abriter de ces températures pour lesquelles ils ne sont absolument pas faits. Éventuellement, à titre provisoire dans un zoo suédois, en attendant un véritable programme de réhabilitation. Il y a suffisamment de comportementalistes de ces espèces-là, et des toutes ces espèces qui sont maintenues dans les zoos, pour pouvoir entreprendre des programmes de réhabilitations pour un retour dans leur élément naturel. Le simple fait que nous dégradions cet habitat naturel ne peut pas justifier qu’on les garde captifs. Nous avons le devoir aussi, et c’est un autre combat, de préserver ces environnements naturels.

franceinfo

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Commentaire de JF@ le 20 juillet 2019 à 6:32
Commentaire de JF@ le 20 juillet 2019 à 6:32

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