PANTANAL sanctuaire biodiversité en flammes

Le Pantanal, sanctuaire de biodiversité situé au sud de l’Amazonie brésilienne à la frontière avec la Bolivie, connait les pires incendies de ces dernières années !

Les flammes ravagent depuis plusieurs jours la végétation autour de la ville de Poconé, dans l’État de Mato Grosso. Pour faire face à cette situation dantesque, les pompiers travaillent jour et nuit, avec l’aide d’habitants de la région. Selon eux, plus de 50.000 hectares seraient déjà partis en fumée. Les données satellitaires de l’Institut de Recherches spatiales (INPE) donnent toute l’ampleur du désastre: pas moins de 1684 foyers ont été repérés au Pantanal en juillet, du jamais vu pour ce mois de l’année depuis que ces statistiques ont commencé à être recueillies, en 1998.

La plus grande zone humide de la planète, qui se situe à 62% en territoire brésilien et s’étend aussi au Paraguay et en Bolivie, est censée être inondée jusqu’à 80% au moment des crues. Mais les précipitations ont été beaucoup moins intenses cette année, exposant des pans entiers de végétation au risque des incendies. Dans certains cas, les incendies qui se propagent aujourd’hui de façon pratiquement incontrôlable ont été causés par des agriculteurs pratiquant le brûlis sur des zones fraîchement déboisées pour y faire paître du bétail. Le gouvernement avait pourtant interdit tout brûlis agricole pour quatre mois à partir de juillet.

Des dizaines de colonnes de fumée émergent tout au long de la Transpantaneira, route bordée d’arbustes qui traverse des ranchs et des lieux très visités par les touristes en raison de leur grande biodiversité. Les pompiers se frayent tant bien que mal un chemin à travers les arbustes pour tenter d’identifier des foyers qui consument la végétation. Ils avancent prudemment, en file indienne. Celui qui ferme la marche est armé d’un fusil de calibre 28 pour se défendre d’une éventuelle attaque de jaguar, fauve pouvant peser jusque 200 kg et dont l’espèce est menacée d’extinction.

Le Pantanal, sanctuaire inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco, abrite des centaines d’espèces, comme le caïman, le capivara, une loutre géante, ou l’anaconda jaune. ″Ça fait plusieurs mois qu’il ne pleut pas. Tout est très sec, il n’y a pas eu de crue, le Pantanal a besoin de pluie”, explique à l’AFP, le fermier Antônio Santana, désignant avec désolation un épais nuage de fumée. Il s’inquiète pour sa santé, celle de sa femme et de son petit-fils.

La fumée risque de provoquer encore davantage de maladies respiratoires dans une région où le nombre de cas de coronavirus a fortement augmenté depuis juin.

AFP

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Commentaire de JF@ le 5 août 2020 à 6:38
Commentaire de JF@ le 5 août 2020 à 6:38

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