Raoul Vaneigem "Pour l'abolition de la société marchande -pour une société vivante"

  l'ambiance d'indignation proposée par différents apports aujourd'hui -démocratie révolutionnaire et utopie espagnole- me pousse à vous livrer de larges extraits du premier chapître de ce livre tonique  de Raoul Vaneigem:

"Le 9 décembre 1792, les sans-culottes de la rue Mouffetard adressèrent à la Convention un libellé intitulé:

Vous foutez-vous de nous?

Vous ne vous en foutrez plus longtemps!

c'est un langage que les argentiers de la planète, aujourd'hui retranchés dans leurs bunkers et leurs ghettos barbelés, n'ont pas encore entendu et n'entendront pas si ceux qui devraient le tenir ne trouvent aucun moyen de l'étayer par des mesures appropriées.

Seule, à ce jour, la question du mépris reste posée et seul y répond un ressentiment général.Le mécontentement est partout et les solutions nulle part. Pourquoi, dés lors, les pères conciliaires de l'économie mondiale et leurs affidés politiques se priveraient-ils de prendre de haut des adversaires à qui nul ne pourra reprocher d'avoir fait la révolution à moitié, puisqu'ils ne songent même pas à l'entreprendre?

Par une inversion des coutumes les mieux établies, qui en dit long sur l'état léthargique des classes dominées, les premières invectives sont venues des principaux responsables de la misère dans le monde. Au spectacle d'un charivari contestataire, le directeur général de l'OMC, un de ces hommes obscurs appelés à gérer le chaos monétaire, se donna licence d'éructer:"Ces manifestants me donnent envie de vomir." Un analyste lui emboîta le pas pour affirmer que les militants hostiles à la mondialisation "avaient fait de leur mieux pour rendre les pauvres plus pauvres".

tel folliculaire, stipendié par the Economist,  estima que les organisations non gouvernementales "représentent un dangereux déplacement du pouvoir vers des groupes non élus qui ne rendent de compte à personne". Un autre emboucha la trompette anale du New york Times pour claironner que les contestataires de l'économie "sont méprisables et méritent une paire de claques". On entendit, dans la foulée, le ministre des Affaires étrangères du Brésil citer en exemple, dont chacun devrait s'inspirer, le travail des enfants qui, dans son pays, gagnent quelques réals en aidant leurs parents à transporter des sacs de charbon du dépôt jusqu'à l'aciérie voisine.

Le président de la multinationale Nestlé appela à assujettir les "groupes de pression activistes à des règles fixant leurs droits et leurs responsabilités. Le monde des affaires, dit-il à juste titre, a l'habitude de travailler avec les syndicats, les organisations de consommateurs et d'autres groupes qui sont responsables, crédibles, transparents, rendent des comptes et de ce fait ont droit au respect. Ce que nous mettons en cause, c'est la prolifération de groupes d'activistes qui n'acceptent aucun  de ces critères d'autodiscipline."

Le Financial Times crut de son devoir de menacer ces écoliers indisciplinés qui comprennent si mal les leçons du réalisme lucratif: "Il faut, précisa un expert, donner aux organisations non gouvernementales d'autres bacs à sable où elles pourront faire joujou"    (compris Colibris!.......)

......Ces gens disposent, en attendant, du droit de persévérer puisqu'ils ne trouvent personne pour leur dire: "Foutre! messieurs, vous avez la mémoire aussi courte que l'entendement! Ne vous souvient-il pas de ce général -président qui, à Paris en Juin 1968, avait glapi: "La récréation est finie! avant de finir dans le caniveau"   à suivre

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