Rhinocéros noirs morts par salinité

Le transfert de onze rhinocéros vers un parc national du sud-est du Kenya pour les préserver devait n’être qu’une formalité. L’affaire s’est avérée l’un des plus grands ratés de l’histoire de la protection de la faune sauvage du pays : tous les animaux morts de déshydratation !

Fin juin, le ministre kényan du Tourisme et de la Faune sauvage, Najib Balala, et le Fonds mondial pour la nature (WWF) avaient salué l’aboutissement de ce projet de six ans. Les rhinocéros noirs étaient emmenés depuis les parcs de Nairobi et Nakuru, dans le centre du pays, vers un nouveau sanctuaire : un immense enclos de 100 km2, dans le parc de Tsavo Est, au sud-est, qui abrite déjà de nombreux animaux sauvages, des girafes notamment. Ce projet du Service kényan de la faune avait bénéficié d’une aide d’un million de dollars de la part du WWF.

Ces derniers mois, comme en témoignent des documents consultés par l’AFP, des voix avaient mis en garde contre la trop forte salinité de l’eau au point d’eau prévu pour les rhinocéros. Une quinzaine de tests aquifères, menés entre février et mai, indiquaient une salinité dangereuse. Mais les rhinocéros ont pourtant été transférés fin juin. Et moins d’un mois plus tard, ils étaient tous morts. L’eau salée a vraisemblablement assoiffé les rhinocéros, qui en ont donc consommé toujours plus, creusant leur tombe lentement. Faute d’eau, les tissus se sont détachés et leur sang s’est épaissi.


Alors que le dernier mâle rhinocéros blanc du pays est mort au mois de mars, cet échec provoque une crise au Kenya. Le Parlement cherche à comprendre les responsabilités. Les vétérinaires affirment avoir ignoré le résultat de tests de salinité lorsque les premiers rhinocéros sont tombés malades, leur faisant perdre un temps précieux pour trouver l’origine du mal qui les frappait. Deux membres du conseil d’administration du Service kényan de la faune, dont l’ancien président, ont affirmé que le conseil avait refusé le transfert des animaux à plusieurs reprises, du fait du manque d’eau et de végétation à Tsavo Est, mais qu’il y avait eu des « interférences » du WWF. Le transfert avait donc été approuvé en octobre 2017, à la condition que le sanctuaire soit amélioré.

Le WWF nie toute ingérence et assure avoir reçu « des garanties régulières de la part du service de la faune que le site convenait et était sûr ». Le ministre kényan du Tourisme et de la Faune sauvage renvoie les protagonistes dos à dos, et assure ne pas s’être impliqué, en dehors de sa présence à la cérémonie de lancement du projet. En 1970, le pays comptait 20 000 rhinocéros noirs. Ce chiffre est descendu à 350 spécimens en 1983, mais est lentement remonté à 700 grâce aux efforts de conservation.

AFP

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Commentaire de JF@ le 31 août 2018 à 7:59
Commentaire de JF@ le 31 août 2018 à 7:52

JF@

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