Site internet sur la résilience des territoires et la vie après le pétrole !

je vous invite à aller visiter mon site internet, spécialement créé pour informer et échanger sur le thème de la résilience des collectivités et sur la problématique énergétique du pic pétrolier.


http://www.avenir-sans-petrole.org/

N'hésitez pas à venir faire un tour !

Vues : 108

Commenter

Vous devez être membre de Colibris pour ajouter des commentaires !

Rejoindre Colibris

Commentaire de Mortier Jacques le 19 mai 2011 à 9:40

Benoît, je reprends l'échange interrompu en te communicant mes récents commentaires, ailleurs, sur l'ouvrage suivant :

 

1979 Vivre sans pétrole de J.A. GREGOIRE

Un préalable de ma part (JM) : il y a 30 ans, j'avais dévoré cet ouvrage, qui est toujours d'actualité. Ce qui est extraordinaire et quasi unique je crois, c'est qu'un grand Monsieur de l'automobile, qui a consacré sa vie à l'automobile, JA Grégoire a effectué une "insurrection de conscience" et de sagesse pour conclure en termes de transport : "Les chemins de fer vont donc redevenir l'appareil circulatoire des pays, complété par une diffusion routière capillaire. Le rail reprendra au 21 ème siècle, son ancienne valeur vitale". C'est un homme qu'on ne peut taxer de parti pris qui reconnaît honnêtement que le règne de l'automobile est bientôt fini !

 

1979 Vivre sans pétrole de J.A. GREGOIRE

Note préliminaire : l’auteur du livre « Vivre sans pétrole », Jean Albert Grégoire (1899-1992), a eu un parcours atypique : joueur de rugby, champion de France du 100 mètres, docteur en droit et polytechnicien. Jeune ingénieur, il débute comme garagiste en 1925. En 1927, avec son ami Pierre Fenaille, il fonde à Asnières la Société des Automobiles Tracta. Leur invention commune, le joint homocinétique Tracta rendit concevable la traction avant des automobiles. Il permettait d’éviter les à-coups dans la transmission lors du braquage des roues. Des lycées professionnels portent d’ailleurs son nom en France.

Son livre de 1979, « Vivre sans pétrole », envisage tous les scénarios, les énergies de substitution au pétrole, l’amélioration de la technique de fabrication des automobiles, l’évolution des ressources pétrolières, la fusion et même le réchauffement climatique …

Yves Cochet : j’ai recomposé ce livre pour en montrer l’absolue actualité presque trente ans plus tard, presque trente ans trop tard. En effet ce livre posait à la fin des années 1980 la question fondamentale qu’on appelle aujourd’hui l’arrivée prochaine de la pétrole apocalypse. Dommage que nous soyons passés à côté de ce livre au moment des premiers chocs pétroliers, le futur va devenir beaucoup plus difficile à vivre puisque le rationnement n’a pas eu lieu dès cette époque.

Voici quelques extraits recomposés du livre de J.A. Grégoire : L’observateur ne peut manquer d’être angoissé par le contraste entre l’insouciance de l’homme et la gravité des épreuves qui le guette. Comme le gouvernement crie au feu d’une voix rassurante et qu’on n’aperçoit pas d’incendie, personne n’y croit. Jusqu’au jour où la baraque flambera. Comment l’automobiliste pourrait-il admettre la pénurie lorsqu’il voit l’essence couler à flot dans les pompes et lorsqu’il s’agglutine à chaque congé dans des encombrements imbéciles ? Cette situation me paraît beaucoup plus inquiétante encore que celle des Français en 1938. Ceux qui acceptaient de regarder les choses en face apercevaient au-delà des frontières la lueur des torches illuminant les manifestations wagnériennes, ils entendaient les bruits de bottes rythmant les hurlements hystériques du Führer. Tous les autres refusaient de voir et d’entendre. On se souvient de notre réveil en 1940 !

Apercevoir la fin des ressources pétrolières, admettre son caractère inéluctable et définitif, provoquera une crise irrémédiable que j’appellerai « crise ultime ». Nous n’en souffrons pas encore. Les premières ruptures sérieuses d’approvisionnement du pétrole la déclencheront. Alors on reverra, comme au temps de Suez ou de la guerre du Kippour, un brutal renversement de l’opinion, définitif cette fois. Il ne s’agira pas, comme on le croit et comme les économistes eux-mêmes l’affirment, de surmonter une crise difficile, mais de changer de civilisation. L’humanité devra passer de l’ère d’abondance factice à celle de la pénurie, de l’orgueil insensé à celle de l’humilité. Elle devra répartir des richesses qui, au lieu d’être infinies comme elle le pensait naïvement, lui apparaîtront à l’heure du bilan bien modeste en face de ses besoins. Les pays riches devront réduire leur train de vie, ce qui pour chaque individu représentera une contrainte douloureuse à laquelle il n’est aucunement préparé.

En avril 1977, le président Carter s’adresse par télévision à la nation. En général détendu dans son langage et ses vêtements, il surprend ce soir-là par son costume aussi sombre que ses propos : « Ce que je vous demande est l’équivalent d’une guerre. Il s’agit bel et bien de préparer un monde différent pour nos enfants et nos petits-enfants. » Puis il énumère les mesures d’économie. La revue Newsweek chiffre le gaspillage moyen d’énergie qu’il veut supprimer à plus de la moitié de la consommation totale. C’est une douche froide pour ce peuple si sûr de sa richesse et de ses immenses ressources. Sans largeur de vue, sans générosité, tous ceux qui sentent leur intérêt et même leur simple confort menacé se mettent à hurler. Le royaume automobile de Détroit, dont les experts comprennent pourtant la nécessité du projet, déclare la guerre au président Carter. Les syndicats de l’automobile suivent, le peuple suit, bien entendu. Carter ne perd pas quinze points de popularité, mais trente-cinq ; sa cote passe de 70 à 35 au début de 1978. Aucun gouvernement n’imposera les cruels sacrifices de la pénurie sans le consentement du peuple. Le peuple américain n’est pas mobilisable pour des sacrifices dont il ne voit pas la nécessité en un âge ou la technologie – et non l’austérité – lui paraît constituer la solution à tous les problèmes du monde moderne. On retrouve là les illusions fondamentales des penseurs du XIXe siècle. La science toute-puissante : erreur. Les réserves de matières premières inépuisables : erreur. Le progrès indéfini : erreur. La crise va se terminer : erreur. Car non seulement ce qu’on appelle crise va devenir l’état normal de l’humanité mais cet état imposera l’austérité.

Aujourd’hui nous consommons du pétrole comme nous respirons. Son manque nous paraît aussi inconcevable, aussi mortel que le manque d’air. Comme dans toute maladie sournoise, les symptômes apparaîtront tard. Jusqu’aux premières manifestations de la pénurie, la situation restera normale, l’humanité continuera à dilapider son irremplaçable richesse, les constructeurs continueront à augmenter leurs cadences et le parc mondial continuera à s’accroître. Mais l’économie est un colosse fragile créé par la civilisation du pétrole. Ce pétrole en est le sang, l’automobile son support le plus solide. Restreignez l’arrivée du « sang pétrole », une anémie pernicieuse envahira ce corps. Coupez le support automobile, l’équilibre du colosse sera d’autant plus menacé qu’en même temps les maladies endémiques, inflation, chômage, feront une poussée violente. Peut-on imaginer l’intelligence et le travail que devront déployer nos enfants, les souffrances qu’ils devront endurer pour faire tenir à peu près debout ce colosse chancelant ? Aujourd’hui, sans pétrole, l’infortuné ne saurait plus travailler dans ses usines, cultiver ses terres, circuler, s’éclairer, se chauffer, se loger, se vêtir. Sans lui, il ne saurait plus comment vivre…

Un affolement contagieux s’étendra sur la terre dès que le pétrole commencera vraiment à manquer. A partir de ce moment-là, selon que vous serez puissant ou misérable, vous aurez ou non du pétrole. Si le monde échappe à une guerre militaire, il sera plongé dans une guerre économique sans merci bien plus meurtrière puisqu’elle exterminera une partie du quart-monde par la faim. L’homme acceptera tous les sacrifices, se privera du superflu et même du nécessaire pour conserver son automobile. L’expérience de la dernière guerre où le ticket d’essence atteignait au marché noir des tarifs astronomiques l’a prouvé… Rationnement. Voici le mot lâché, ce mot qui indispose, ce mot qui fait frémir. Il ne faut pourtant pas hésiter à le prononcer et à l’écrire. Car le rationnement est inéluctable pour le pétrole d’abord, pour l’énergie ensuite. Les jeunes gens ignorent l’esclavage du rationnement qui traîne derrière lui le marché noir. Ceux qui ont vécu les guerres en connaissent les servitudes : restriction de circulation en automobiles, coupures d’électricité, restriction de chauffage dans les logements. Et combien d’autres restrictions… On ne peut pas en prévoir la fin.

Comment réagiront nos enfants ? Fureur de constater que leurs ancêtres ont gaspillé ce pétrole irremplaçable ? Ou désespoir de ne pouvoir assouvir ce besoin devenu héréditaire de rouler en automobile ?

(Flammarion)

Commentaire de Benoît Thévard le 24 août 2010 à 11:16
Bonjour,
je viens de remettre le lien, j'avoue ne pas comprendre non plus pourquoi il ne fonctionnait plus !
merci pour vos visites !
n'hésitez pas à vous inscrire a la newsletter ou au flux rss pour être informés des nouveaux articles.
Et puis exprimez vous sur les sujets évoqués ! votre avis m'interesse ...
Commentaire de Marianne MAMOU le 24 août 2010 à 6:40
Effectivement, j'ai dû retaper l'adresse dans la barre d'adresse pour avoir de nouveau accès au site... je ne sais pas pourquoi..
Commentaire de Souris le 23 août 2010 à 22:35
bonsoir, je vais voir votre site.
mon forum
www.belgentier.forumactif.com/
Commentaire de Mortier Jacques le 19 août 2010 à 7:24
Sur ce sujet, j'ai mis deux commentaires directement sur la page de Benoît.
Commentaire de Marianne MAMOU le 18 août 2010 à 15:50
Bravo et merci pour toutes ces infos. Je me suis abonnée au flux. Je trouve les explications passionnantes, accessibles, claires... bref, une très bonne source d'informations.

Activité la plus récente

Billet de Vanessa Vaschalde

Contacts- orientations : Recherche un lieu de Vie

J'ai 31 ans. J'ai vécu 10 ans accompagnée de deux chiennes âgées de 14 ans et 18 ans adoptées, dans…Plus
Il y a 2 heures
Henriette Gloriès a commenté le groupe LES FÊTES DE LA PAIX de Henriette Gloriès.
"le samedi 27 juin nous avons visité les jardins de la poterie d'Hillen (Termes de…"
Il y a 3 heures
Événement publié par Henriette Gloriès

RENCONTRE DU GROUPE DE CREATION D’ECOLE ALTERNATIVE à LAC DE L’ARRET- DARRÉ

25 juillet 2020 de 10 à 17
RENCONTRE DU GROUPE DE CREATION D’ECOLE ALTERNATIVE AU SEIN DE L’EDUCATION NATIONALE.Nous passerons…Plus
Il y a 6 heures
BRUNET Isabelle a publié un statut
"Des arbres fruitiers en cadeau (vidéo)…"
Il y a 8 heures

© 2020   Créé par cyril colibris.   Sponsorisé par

Badges  |  Signaler un problème  |  Conditions d'utilisation