SOYONS LE CHANGEMENT QUE NOUS PROPOSONS! Patrick Viveret

"Cette transition, cette métamorphose, nécessaire pour "sortir du mur", il serait trop simple de la réserver aux autres. Rien n'est plus facile que de se construire un ennemi supposé cause de tous nos maux. Rien n'est plus difficile pour une communauté que d'organiser le travail sur elle-même afin de progresser dans sa qualité d'humanité. c'est la raison pour laquelle les effondrements les plus graves font suite à des crises internes à des collectivités, et sont alors source de désespoir plus que d'un sentiment de défaite ou d'échec. Ce n'est pas la force du capitalisme qui a conduit à la chute du communisme, et ce n'est pas Ben Laden, mais le capitalisme financier, qui porte aujourd'hui les plus rudes coups à l' Occident. Toute action transformatrice, surtout si elle se veut radicale, doit donc tenter de traiter la difficulté de la question humaine à sa racine et ne pas se contenter de prôner le changement pour les autres.

Nous sommes entrés dans un conflit mondial entre les vieilles forces, animées par un désir de domination, que celle-ci soit politique, économique ou religieuse, et les forces nouvelles, animées par un désir d'humanité qui les conduit à construire un autre rapport politique au pouvoir, un autre rapport économique à la richesse, un autre rapport spirituel au sens. Ces forces nouvelles commencent à comprendre que le travail sur elles-mêmes fait partie d'une stratégie de non-violence active face aux logiques de guerre et de domination. Elles reprennent ainsi à leur compte le slogan de Gandhi: "soyons le changement que nous proposons!" Car Gandhi savait- et l'histoire lui a donné raison- que le plus difficile n'était pas de promouvoir l'indépendance de l'Inde face à l'Empire britannique; c'était de surmonter les guerres identitaires entre hindous et musulmans, qui ont été et sont encore au coeur du conflit entre l'Inde et le Pakistan. Une lutte de libération contre un dominant, surtout si c'est un occupant, est relativement simple à conduire. Mais une fois la victoire acquise, le dominé d'hier se transforme lui-même en dominant. On le comprend très bien en observant les difficultés que rencontrent les anciens pays colonisés pour réussir leur véritable libération, la libération de la logique de domination elle-même, qui refabrique des despotismes politiques, économiques ou religieux."

 dans La cause humaine, du bon usage de la fin d'un monde  aux éditions Les Liens qui Libèrent

Je vous proposerai certainement d'autres extraits de cet ouvrage, mais sachez que la suite commence ainsi:

"Une perspective pour l'Europe, un enjeu pour la France....."


En cette période de G20 et autre Rio +20 voilà sans doute "des gouttes de colibris" à méditer et à faire passer le plus près et le plus loin possible

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Commentaire de Perrine Coccinelle le 28 juin 2012 à 13:11
Merci! Des pensées qui gagnent a être connues, car le changement de paradigme n'aboutira a rien si c'est pour recommencer une autre domination!

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