Il y a quatre ans j'ai décidé d'arrêter de consommer de l'alcool. Comme mon père. Comme son père, j'étais alcoolique. J'étais consommateur d'alcool, de tabac, de femmes, d'affectif. Consommateur à outrance.
Une manière de remplir de bruit, la colère intérieure qui était la mienne depuis la séparation puis le divorce de mes parents à mes 11 ans.
Une fuite, un égarement, un suicide sans actes, une vie sans vie.
J'ai croisé un thérapeute qui m'a aidé à travailler sur moi, ma généalogie et qui m'a offert l'opportunité de me poser des questions sur "qui je suis".
J'ai travaillé sur cette généalogie qui m'a fait comprendre que mon alcoolisme était une loyauté familiale. Elle est depuis sortie de ma vie à jamais, n'étant pas la mienne.
J'ai par la suite arrêté de fumer (deux paquets par jour depuis trente ans).
J'ai ensuite quitté ma femme, mes biens personnels pour vivre dans un 9 mètres carrés avec le strict minimum (un lit et un point d'eau).
Je continuai ma vie professionnelle mais ma compassion pour mes collègues de travail décuplait.
J'étais responsable administratif et financier d'un établissement touristique.
La tension intérieure (pression hiérarchique, objectifs, immédiateté) et les souffrances de mes collègues m'incitaient à vivre autre chose. Ma mission était cependant de vivre l'instant présent et d'offrir un havre d'amour et de paix à tous ces collaborateurs en souffrance. Je leur offrait des lectures (les accords toltèques, l'âme du monde, l'homme qui voulait être heureux, vivre en paix) et du thé lors de leur passage dans mon bureau.
J'ai lu beaucoup durant ces deux ans. J'ai appris la méditation pleine conscience que je pratiquai tous les matins. Les épreuves étaient acceptées et je regardai ma vie avec beaucoup de recul.
Mais il me fallait accepter le fait que ce métier n'était plus fait pour moi. En 2014 j'ai vu l'émission Rencontre en terre inconnue au Zanskar. Les larmes se sont mises à couler devant le monastère de Phuktal. C'était en avril 2014 et ma nouvelle compagne ne comprenait pas mon émoi. J'ai su qu'il fallait que je parte là bas pour retrouver cette paix intérieure et la sobriété heureuse si chère à Pierre. Je me suis inscrit à un trek de trois semaines avec "rencontre au bout du monde" passant à Phuktal et franchissant un col à 5000 mètre d'altitude. Tout le monde me prenait pour un fou eu égard à ma condition physique. Au mois de juin, je quittai mon emploi. Durant deux mois j'ai pratiqué la méditation, le régime alimentaire et la préparation physique nécessaires au départ pour le Zanskar. Au mois de septembre 2014 je partais pour l'Himalaya. J'ai vécu en immersion chez l'habitant. Sans eau courante, sans électricité, sans internet j'ai découvert les joies de la paix intérieure. J'ai partagé de beaux moments avec les bouddhistes de cette région et pu voir  le monastère qui m'avait provoqué tant d'émoi.
Aujourd'hui je travaille sur une VAE en vue d'obtenir une Licence professionnelle en ressources humaines et je ne compte pas m'arrêter là.
J'ai appris le dénuement, la sagesse et l'humilité.
Je vis l'instant présent et tente de convaincre mon entourage de la nécessité de partager les valeurs de Colibri.
J'aimerai devenir végétarien définitivement et faire pousser mes fruits et légumes.
Je réside en Ardèche Méridionale à deux pas de Pierre et souhaite participer à des projets collectifs.
Mais avant tout je souhaite partager et témoigner.

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Commentaire de BOUCHY MARIE AGNES le 24 avril 2015 à 15:38

merci beaucoup de ton témoignage. J'en suis touchée. Vient frapper à la porte de notre coloc écolo sur le 91 si un jour tu passes dans le coin, nous t'offrirons un repas. 06 69 35 28 02 A bientôt M.A

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