Union sacrée pour la réserve de Scandola

À la fin du mois de mars, neuf associations insulaires ont fait cause commune pour écrire à François de Rugy, le ministre de la Transition écologique et solidaire !

Objet du courrier : Réclamer des « mesures d'urgence pour sauver la réserve de Scandola menacée par la surfréquentation touristique ». Laurence Constantin, présidente de Global Earth Keeper, fait partie des signataires : « Ce n'est pas un coup de com pour faire le buzz. Nous voulons mettre la pression pour que les choses changent. Pas juste en criant mais avec des propositions concrètes qui peuvent s'appliquer rapidement. » Parmi les revendications : la création d'une zone protégée de 300 mètres, interdite d'accès.

Classé au Patrimoine mondial de l'humanité, le paradis terrestre et marin de Scandola bouillonne lors de la saison estivale. Au point de mettre en danger la biodiversité. Comme en témoigne une étude du CNRS qui démontre que les nuisances causées par l'homme ont fait diminuer la population de balbuzards pêcheurs. Mais pour Jean-Marie Seité, maire de Galeria, il faut rester prudent : « Dire qu'il y a du monde qui vient à Scandola pendant les mois d'été est une réalité. Mais la question reste de savoir s'il y a trop de monde. Et pour y répondre, encore faut-il fixer une limite pour la capacité de charge. Car quand on m'annonce des chiffres de fréquentation entre 150 000 et 1 000 000, j'ai du mal à savoir qui croire. »


Navires de plaisance, bateaux de location, embarcations de promenade… Le trafic maritime pose problème. « On nous fait passer pour les coupables, pour des prédateurs qui ne respectent rien, mais nous sommes aussi des victimes dans cette histoire, lâche Jo, professionnel de la pêche. Ce qui se passe à Scandola impacte tout le golfe de Porto. »

Chez Global Earth Keeper, les idées ne manquent pas. « Il faut absolument augmenter le nombre de gardes pour multiplier les contrôles en mer, reprend Laurence Constantin. Le label Unesco impose de mettre plus de moyens sans perdre du temps dans la paperasse et les études administratives. Scandola doit redevenir une réserve digne de ce nom et pas seulement un appât publicitaire sur lequel tout le monde se jette. » Le message d'alerte envoyé par les associations semble être arrivé à destination. Le week-end dernier, à l'occasion de l'assemblée générale de France Nature Environnement, François de Rugy a évoqué le sujet de Scandola. Une première victoire.


Après une entrevue à Porto ce mercredi, élus, institutionnels et socioprofessionnels pourraient à nouveau se réunir prochainement. « Qu'on profite d'être tous autour de la table pour établir des règles, propose Jean-Marie Seité. Dans un bus de 20 places, vous ne pouvez pas mettre 21 personnes. Pour la réserve, cela doit être pareil. Si on arrive déjà à fixer une limite, ça sera merveilleux. »

SLT

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Commentaire de JF@ le 22 juin 2019 à 6:30
Commentaire de JF@ le 22 juin 2019 à 6:30

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