La vie d'un sapin de Noël ne prend pas fin inéluctablement courant janvier !

Une tendance se dessine depuis peu : la location de l'arbre en pot que l'on rend une fois les Fêtes finies. Face au 1,2 million de sapins qui finissent en cendres chaque année en Suisse, les quelque milliers qui sont replantés ne représentent encore qu'un produit de niche. Précurseur de ce «trend» en Suisse, la startup romande Ecosapin propose pour la cinquième année des sapins en pot. Contrairement aux individus coupés, ces arbres sont vivants et peuvent être replantés. Cet été, la petite entreprise a commandé 3400 sapins en France, en Belgique et en Allemagne. Environ 3100 d'entre eux ont trouvé preneurs. La PME les livre à domicile et les récupère après les Fêtes. Les ventes augmentent chaque année. François Hofer, associé de l'entreprise, table aussi sur l'aspect émotionnel de Noël. C'est une période de joie dont un des éléments principaux est le sapin. Savoir qu'il continuera à vivre contribue à ce bonheur.

Les entreprises qui proposent des arbres en pot partent de l'idée que de nombreuses personnes regrettent de jeter le sapin après les fêtes de fin d'année. Louer un arbre en pot est plus écologique, explique Michael Christen de Traumbaum, société alémanique active dans le même créneau. Ce sont surtout les jeunes citadins qui sont attirés par cette opportunité respectueuse de l'environnement. Les aînés apprécient aussi un système de livraison et de récupération de l'arbre.

La Suisse romande est le principal marché pour Ecosapin. Environ 2500 sapins y sont livrés. Mais l'entreprise s'est lancée sur le marché alémanique en 2014, grâce à un partenariat avec La Poste. Quelque 600 sapins ont été commandés par des familles outre-Sarine cette année. Et Ecosapin n'est plus seul. Les ventes y ont rapidement augmenté. L'entreprise familiale Schutzfilisur a écoulé près de 4000 sapins vivants cette année. Elle avait débuté avec 300 exemplaires en 2013. Traumbaum a pour sa part presque doublé ses ventes depuis l'année passée, passant de 250 à 400 arbres, a indiqué son gérant M. Christen. Mais c'est aussi plus de travail pour qui accueille le roi des forêts. Le sapin doit être arrosé pour qu'il ne dessèche pas. Chez Traumbaum, les sprays à neige et les cheveux d'ange sont interdits : les premiers bouchent les pores des arbres et les seconds sont très difficiles à retirer, explique M. Christen.

De manière générale, les gens prennent soin de leur arbre. Seuls 10% de ceux qui reviennent ne peuvent pas survivre. Certaines familles leur rendent même visite dans les pépinières avant décembre, ou y gravent leur nom, relève M. Christen. A Ecosapin, le déchet est de 20%. Ceux qui sont desséchés ou en mauvais état, sont transformés en biogaz. Le client n'est pas toujours en cause; mais parfois la nature elle-même. Chaque sapin a une histoire différente; il se peut que l'un ou l'autre ait subi des phases de gel plus importantes par exemple, selon François Hofer. Les 80% restants sont replantés après Noël dans les pépinières d'Ecosapin à Cottens (VD) ou chez un partenaire à Fribourg. Trois à cinq ans plus tard, après une cure de jouvence, ils retrouvent les foyers suisses pour la période de Noël.

Ecosapin a été la première entreprise en Suisse à cultiver des sapins, de la graine à l'arbre vendu en pot. Les premières graines ont été plantées il y a cinq ans. Les sapins atteignent une hauteur d'un mètre après sept ans. Il faudra encore attendre quelques années pour trouver ces sapins dans nos salons. En Suisse alémanique, Schutzfilisur s'attend aussi à voir la tendance se poursuivre à la hausse ces prochaines années. Quelque 10'000 plants sont élevés dans une pépinière aux Grisons.

ats/nxp

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Commentaire de JF@ le 24 décembre 2015 à 17:44
Commentaire de JF@ le 24 décembre 2015 à 8:27

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